Paracha de la semaine

Vaéra : l’élection irréversible d’Israël

Israël, sujet de la délivrance     Shémot, VI, 7 : « Je vous prendrai pour Moi pour peuple, et Je serai pour vous Dieu ». Par ses expressions mutuelles de dévouement li, pour Moi et lakhem, pour vous, ce verset indique le mariage de Dieu avec Son peuple pour réaliser le projet messianique. D’emblée, par amour, Dieu nous prend pour peuple sans tenir compte de la justesse de nos actes, sans avoir mérité, quel que soit notre niveau de moralité, et seulement ensuite, Il deviendra notre Seigneur, nous serons ce peuple qui est Sien : « Et vous saurez que c’est Moi, Hashem votre Dieu, qui vous fais sortir des tribulations de l’Égypte ». Notre peuple est érigé en cette dimension d’excellence liée à la liberté du klal Israël, à la collectivité d’Israël, et, par la suite, nous reconnaîtrons Dieu.     C’est ainsi qu’un nouvel aspect fondamental de la stratégie providentielle est dévoilé dans l’aventure de l’âme du peuple d’Israël. La directive divine, cherchant à faire aboutir la Création vers son accomplissement, s’exprime essentiellement à travers le devenir collectif de ce peuple mis à part. À travers le devenir collectif du peuple des Enfants d’Israël, la Providence agit dans l’histoire. Elle accompagne Israël à travers l’histoire, partout où il se trouve (Talmud Méguila 29a).     Par ailleurs, notre verset a la même balance relationnelle de mutualité que celui de Shémot, XXV, 8, où la collectivité du peuple mis à part est le sujet de l’attention divine particulière, tout au long de l’histoire : « Ils Me construiront un sanctuaire et Je résiderai au milieu d’eux ». Le choix d’Israël comme peuple du Seigneur est une donnée cardinale du prophétisme biblique, Bemidbar, XI, 29, Moshé, notre maître, s’exclame : « Ah ! Plût au Ciel que tout le peuple du Seigneur ne se composât que de prophètes ». Ce choix et cette élection dépassent la volonté humaine. La libre décision et la bonne volonté d’un groupe d’hommes sont contraintes par une volonté supérieure imposée d’En Haut. Au niveau de l’individu, elle peut se refuser, comme Yishma’el et ‘Essav l’ont refusée. L’individu juif peut tout faire, tout au moins dans une certaine limite, pour ignorer ou effacer sa qualité de juif, l’expliquer comme bon lui semble : antisémitisme, religion étriquée au culte suranné, morale caduque, contingences accidentelles, pressions socio-culturelles, économiques, philosophiques, théologiques, assimilation galopante, persécutions, circonstances atténuantes, complaisance matérielle. Mais en tant que collectivité, le peuple juif restera toujours le peuple juif, même si sa quête d’identité véritable le contraint à une mutation d’identité pour accéder à l’être du peuple du Seigneur, Shmouel II, VI, 21 : « David répondit à Mikhal : “C’est devant le Seigneur, qui m’a élu, de préférence à ton père (Shaoul, le roi) et à tous les siens, en m’instituant prince du peuple du Seigneur, prince d’Israël, c’est devant le Seigneur que j’ai dansé et que je danserai encore” ». Sans cette contrainte imposée au peuple juif, le projet divin pourrait capoter puisque sa réalisation dépendrait dès lors du bon vouloir des hommes mais cette contrainte métahistorique se révèle dans son insertion à la destinée d’Israël, espérance du monde, puisée aux sources vivantes de la réalité prophétique (Rav Docteur Avraham Livni, Le retour d’Israël et l’espérance du monde). Le choix du Roi     Ma belle-mère Myriam Ben’hamou, que Dieu lui prête longue vie ! m’a fait comprendre ce qu’était le choix du Roi. Après la naissance de mes enfants en Érets Israël, elle s’est écriée : c’est le choix du Roi ! En effet, être géniteur du peuple d’Israël en Érets Israël est le choix voulu par le Roi, Maître de l’univers. Rabi Yéhouda Halévy dans son Kozari écrit que le fondement de la foi juive est la présence dans l’histoire du peuple des enfants d’Israël, dont la vertu spécifique, סגולת ישראל, ségoulat Israël, est la force de sainteté secrètement cachée dans sa nature profonde, par la volonté du Seigneur. Israël représente cette dimension de la Création qui ne peut échouer, parce qu’elle est, dès le début, mise à part, ce qui la distingue des autres peuples. Israël est la part acquise de Dieu, consacrée au Seigneur, Yirméyahou, II, 3 : « Israël est sainteté pour le Seigneur, les prémices de Sa récolte. Tous ceux qui en font leur nourriture seront condamnés, il leur arrivera malheur, dit le Seigneur ». Pourquoi Israël a été choisi ? Parce que c’est le choix de Dieu.     L’élection d’Israël est le choix dans son absolu de perfection, voulue par notre Seigneur dans Sa totale liberté, élection éternelle, immuable, indéfectible, irréversible, comme la Création du monde est irréversible, Talmud Qidoushin 36a : « Devarim, XIV, 1 : “Vous êtes les enfants du Seigneur, votre Dieu” : Rabi Yéhouda enseigne : lorsque vous vous comportez comme des enfants véritables, vous êtes appelés enfants du Seigneur, en revanche, lorsque vous vous comportez autrement, vous n’êtes pas appelés enfants du Seigneur. Mais Rabi Méir enseigne : que vous le vouliez ou non, que vous vous comportiez comme des enfants véritables ou non, vous êtes les enfants du Seigneur, car le prophète Hoshé’a, II, 1, dit : “Ils seront dénommés les Fils du Dieu vivant” ». Fils de Dieu vivant une fois, fils de Dieu vivant toujours, cela n’est pas interchangeable et ne peut être différé. Ce qui est absolument contraire au principe fondamental de la théologie chrétienne : Israël ayant fauté, il ne peut plus s’appeler Israël. Oui, la première partie de l’axiome est vraie : nous avons fauté et nous avons été punis par la destruction de notre premier et de notre deuxième Temple, nous avons failli et nous reconnaissons nos fautes mais la deuxième partie est fausse : nous restons toujours Israël, à jamais à proximité de Dieu et non une pâle approximation (Rav Shlomo Aviner, Les vertus d’Israël, Itourei Yéroushalayim 121, p.4). La vertu spécifique d’Israël     Le Maharal l’exprime ainsi, Nétsa’h Israël, XI : « Le Seigneur, Béni est-Il, a choisi Israël pour lui-même, indépendamment de ses bonnes actions. De sorte qu’il est impossible de déclarer que cette élection serait effective à condition qu’il accomplisse Sa volonté, et qu’elle serait caduque s’il lui désobéit. Car il est écrit (Yirméyahou, XXXI, 32 ; Yé’hezqiel, XXXVII, 27) d’abord : “Je serai

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KORAH : la faute de « la querelle de Kora’h et son assemblée »

La rivalité Sous l’égide de Qora’h, l’un des principaux représentants de la lignée de Lévi, et avec la participation de deux cent cinquante chefs de clans des différentes tribus d’Israël, la révolte gronde contre les prérogatives attribuées à Moshé et à Aharon, Bemidbar XVI, 3 : « Et ils s’assemblèrent contre Moshé et Aharon, et leur dirent : “C’en est assez pour vous ; car toute l’assemblée, tous sont saints, et Hashem est parmi eux. Pourquoi vous érigez-vous en chefs de la communauté de Hashem” ? ». Moshé leur répond : « Demain, le Seigneur fera savoir qui est digne de Lui, qui est le saint qu’Il admet auprès de Lui ; celui qu’Il aura élu, Il le laissera approcher de Lui. Faites ceci : munissez-vous d’encensoirs, toi Qora’h, et tout ton parti ; mettez-y du feu et remplissez-les de parfum, devant le Seigneur, demain ; or l’homme que distinguera le Seigneur, c’est celui-là qui est saint. Assez donc, enfants de Lévi…c’est donc peu pour vous que le Dieu d’Israël vous ait distingués de la communauté d’Israël, en vous admettant auprès de Lui pour faire le service du Tabernacle divin…et vous réclamez encore le sacerdoce ! ». Rabi Avraham Ibn ‘Ezra indique les raisons de cette révolte : les partisans de Qora’h étaient tous des insatisfaits. D’abord les Léviim qui n’avaient pour fonction que d’assister les Cohanim et à leur tête Qora’h, reconnu pour être « un grand de la Torah » (Midrash Tan’houma Qora’h 2, 1). Ensuite, des membres de la tribu de Réouven, l’aîné des tribus d’Israël, dont Datan et Aviram, ainsi que One, fils de Péleth, qui prétendaient à la royauté alors que le rôle dominant est attribué à Yéhouda et Ephraïm. Puis, autre argument de Qora’h : les aînés des tribus ont été remplacés par les Cohanim. Et enfin Qora’h, lui-même, compte tenu de sa valeur, dont la revendication personnelle était la grande-Cohanout mais elle échoit à son cousin Aharon. Seul Qora’h pouvait prétendre à une telle rivalité, de la part de quelqu’un d’autre, cette prérogative aurait semblé ridicule. D’où sa faute, entraînée sans doute par la convoitise, de fomenter une révolte qui ne visait pas le bien commun, mais destinée à la satisfaction d’intérêts particuliers, Pirqei Avot V, 17 : « Toute querelle de bonne foi est destinée à s’accomplir et toute querelle de mauvaise foi est destinée à ne pas s’accomplir ». Rashi, sur la généalogie de Qora’h au premier verset, explique pourquoi elle s’arrête à Lévi et ne cite pas leur ancêtre Ya’aqov. Car Ya’aqov avait demandé dans sa bénédiction des fils, à ne pas être nommé dans les querelles, Béréshit XLIX, 6 : « Ne t’associe point à leurs desseins, ô mon âme ! Mon honneur, ne sois point complice de leur alliance ! ». Le Talmud Sanhédrin 109b commente : « Leurs desseins, il s’agit du complot des explorateurs ; leur alliance, c’est Qora’h et son assemblée ». De fait, remarque le Rav Yéhouda Askénazi (KM, p. 300), la faute la plus grave, la plus difficile à réparer, est bien la querelle de mauvaise foi entre les Sages, eux-mêmes. Nous ajouterons la querelle de mauvaise foi des rabbins entre eux, aussi grands puissent-ils être, et la querelle de mauvaise foi des rabbins, aussi petits puissent-ils être, contre les grands : Fine allusion à ces grands-rabbins, à ces chefs de file, ces maîtres à penser, ces politiciens influents, tous enracinés en galout, exhortant leurs ouailles à rester au dehors d’Israël, sous prétexte de conserver leur Torah d’exil, et ceux qui critiquent à hue et à dia l’État d’Israël et ses immenses réussites qui ne peuvent être, selon eux, la volonté de Dieu. Le Maharal élargit dans son Dérekh ‘Hayim, commentaire sur la Mishna des Pirqei Avot, l’exhortation à s’éloigner de la querelle quelle qu’elle soit. Toute querelle est l’apparition de la dualité et de la séparation néfastes. La querelle est la faute par excellence, que ce soit la querelle de mauvaise foi ou celle de bonne foi, dans la mesure où elle n’est pas immédiatement évacuée et se maintient indéfiniment, se perpétue de génération en génération. La querelle met en relief la disparité et accentue l’antinomie des contraires, elle met en exergue l’incapacité d’accéder à l’authentique monothéisme de l’unité. Car c’est là le signe d’une incapacité à reconnaître l’unique volonté divine enchâssée dans la Torah comme le critère de l’autorité ultime, agissante dans les idéaux divins, depuis l’émanation des mondes à leur source, où tout est unité une. La querelle met l’accent sur la disparité des valeurs alors que la vertu de vérité est celle de l’unité des valeurs. Les railleries de Qora’h Dans sa propagande, Qora’h donnait, comme raison à son opposition, le bien commun, Bemidbar XVI, 19 : « Qora’h avait ameuté contre eux toute la communauté à l’entrée de la Tente d’assignation ». Rashi : « Grâce à des paroles démagogiques, toute cette nuit, il alla séduire les tribus, en leur disant : Croyez-vous que c’est uniquement pour moi mais c’est pour votre bien à tous, alors qu’eux s’octroient toutes les grandeurs, pour lui la royauté et pour son frère la Cohanout. – Jusqu’à ce que tous en soient convaincus ». Les attaques de Qora’h étaient doubles : Moshé et son entourage se sont accaparé tous les postes élevés, Moshé attribue ses paroles et ses injonctions à Dieu alors qu’il a tout inventé. Le Midrash Tan’houma (2) développe le discours de Qora’h : « Il dit à Moshé : Auparavant tu as dicté la parasha des tsitsiot, ces franges aux vêtements. Un habit entièrement de couleur azur est-il dispensé de porter des tsitsiot ? Moshé : Non. Qora’h reprit : un habit entièrement en tsitsit n’est pas en règle et quatre fils le mettent en règle ? Une maison pleine de livres est-elle dispensée de mezouza ? Moshé : elle doit en avoir. Qora’h reprit : la Torah et ses 278 parashot ne mettent pas en règle la maison et les deux paragraphes de la mezouza le font ? Jamais tu n’as reçu de tels prescriptions, tu les as inventés de toutes pièces ». Qora’h fait l’allusion suivante : le peuple est entièrement saint et il a besoin de nombreux chefs. Le Midrash Sho’har Tov, Téhilim I, 1, montre comment Qora’h s’insurge contre les exigences démesurées de la Torah : « Et

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Ki Tetsé : les directives du Seigneur sont vérité

  Des mitsvot historiosophiques Selon le décompte de Rabi Moshé ‘Haguiz, notre parasha contient 74 (עד) mitsvot depuis la femme captive jusqu’à n’oublie pas le mal que t’a fait ‘Amaleq, lors de la sortie d’Egypte. Or, ces deux mitsvot découlent directement d’une situation historique, et en ce cas : la guerre. Cela n’est guère fortuit, et il en va ainsi de toutes les mitsvot. La première, la femme captive de belle allure, prisonnière lors d’une guerre «  »facultative » » décidée par le roi, l’autorité exécutive de l’époque, Devarim, XXI, 10-13 : « Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi, Hashem, ton Dieu, le livrera dans ta main et tu feras captifs ses captifs. Et tu verras dans cette captivité une femme de bel aspect, qu’elle te plaise et que tu veuilles la prendre pour épouse, tu l’emmèneras d’abord dans ta maison, elle se rasera la tête et se coupera les ongles, se dépouillera de son vêtement de captive, elle pleurera son père et sa mère un mois entier. Alors seulement tu pourras t’approcher d’elle et avoir commerce avec elle, et elle deviendra ton épouse ». La dernière est de se rappeler que l’un des fils d’Essav, ‘Amaleq, a fait le mal en s’attaquant aux plus faibles parmi nous ; avec pour mitsvah récurrente de l’éradiquer total loss dans une guerre obligatoire, Devarim, XXV, 19 : « Souviens-toi de ce que t’a fait ‘Amaleq, lors de votre voyage au sortir d’Egypte ; comme il t’a surpris chemin faisant, et s’est jeté sur tous les traînards par derrière. Tu étais alors fatigué, à bout de forces, et lui ne craignait pas Dieu. Aussi, lorsque le Seigneur, ton Dieu, t’aura débarrassé de tous tes ennemis d’alentour, dans le pays qu’Il te donne en patrimoine pour le posséder, tu effaceras la mémoire dʼ’Amaleq de dessous le ciel ; ne l’oublie pas ». À l’instar de ces deux mitsvot, c’est tout un ensemble de prescriptions qui sont ordonnées pour toutes les générations en rapport direct avec des récits historiques passés ou à venir. Autrement dit, les péripéties historiques décrites dans la Torah sont des segments de vérité qui se joignent pour grouper toute la vérité, dans son absolu de perfection. Donc chaque mitsvah, en exacte et étroite relation avec les péripéties bibliques historiques, est une lumière de vérité totale qui éclaire nos actes dans l’histoire de notre vie, ici et maintenant, et à l’avenir. La Torah est la Loi révélée par le Seigneur, notre Dieu Un, et son principe primordial est le monothéisme hébreu radical. La Torah révèle la loi morale du Seigneur qui a créé le monde dans un geste de moralité absolue, avec aussi la nature de l’homme, pétrie de passions, de tendances contingentes et de pulsions instinctives. Force est de constater que toutes ces données historiques, psychiques, naturelles, universelles sont partie intégrante d’une vérité transcendante à laquelle l’homme, la nature et le monde doivent atteindre en se perfectionnant par les ordres divins. Tous doivent se réhabiliter en participant au geste de moralité divine, Téhilim, XIX, 10 : « La crainte du Seigneur est pure, elle subsiste à jamais. Les directives du Seigneur sont vérité, elles sont justes ensemble ; plus désirables que l’or, que beaucoup d’or fin, plus doux que le miel, que le suc des rayons ». Très spécifiques à la Torah d’Israël, la cohérence interne et la corrélation logique globale entre l’histoire et la loi ne sont pas évidentes à la réflexion humaine ou à la raison pure. Chaque mitsvah ne peut être comprise qu’avec l’ensemble de la Torah, dans son infini de vérité, qui englobe les récits historiques et les lois de la judicature. Cette vérité transcendante n’étant pas encore atteinte, il faut conclure que notre histoire actuelle, notre fidélité aux mitsvot, notre monde sans cesse à découvrir et les bouleversements de notre histoire qui poursuit vers sa finalité relèvent tous du projet divin. La Torah nous fournit la connaissance concrète du comportement naturel humain tel qu’il se décline dans l’histoire du monde avec le projet de loi de moralité qui se rapporte avec justesse à cette histoire passionnelle de l’homme. L’étude théorique de la Torah implique forcément sa mise en pratique dans la vie. La Torah propose comme idéal de comportement les grands principes des valeurs qui tiennent compte aussi des tendances de la nature humaine bousculée par la vie et les tentations accidentelles de l’existence. La femme captive Tout se passe comme si, dès l’entrée en Israël, une option est offerte au soldat pour juguler la force des pulsions instinctives en épousant la belle captive selon les conditions de conversion indiquées par la procédure de la Torah. Dès l’édification de l’être d’Israël, une certaine dimension d’âme, une certaine capacité d’être Israël se trouve à l’extérieur et, prisonnière de l’histoire et de la durée des temps, ne demande qu’à se lier à l’identité d’Israël, comme ce fut le cas de l’âme du Mashia’h en potentiel chez Routh, la Moabite. Les converti(e)s ne seraient donc que des étincelles de sainteté en captivité qui reviennent à leur source originelle et essentielle. Chaque converti(e), Guer Tsédeq, est un étranger qui séjourne provisoirement ailleurs que chez soi-même et qui revient de captivité. Se convertir, léhitgayer, veut dire littéralement devenir guer, accepter le statut de l’étranger, car demander d’être guer, c’est cela même devenir Israël. Tout Israël est étranger en captivité de ce bas-monde comme il l’a été en Egypte. Or, l’objet de la sortie d’Egypte, fin de tous les exils, n’est autre que la construction du Tabernacle, préfigurant le Temple à Yéroushalayim où l’homme est chez lui chez Dieu là où Dieu est chez Lui chez l’homme. En attendant, l’homme est étranger en ce monde et la Présence est en exil. L’attirance pour la femme captive doit être sublimée, ainsi elle se tond la tête et se débarrasse de ses vêtements de séduction cananéenne idolâtre pour se couvrir, dans un geste de pudeur qui sied bien aux filles d’Israël ; et pour elle, un vêtement de deuil. L’apparence extérieure de la beauté doit être gommée pour faire place à l’adhésion honnête à l’histoire et à la culture

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