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Temps de guerre

Rav Yossef Attoun

Le Rabbi de Munkacs a écrit que prier pour la paix prolonge l’exil, mais il faut prier pour la rédemption (Darkei Haim veChalom, p.213). Il se base sur les paroles du Hatam Sofer selon lesquelles prier pour la paix retarde la délivrance, comme le disent nos Sages : “la guerre est aussi le début de la délivrance” (Méguila 17 b). C’est pourquoi il faut prier pour la rédemption et ne pas craindre du tout la guerre” (Sefer Hazikaron du Hatam Sofer).

En effet, le début de délivrance comprend la construction du pays, le retour à Sion, la création de l’État, l’unité de la nation – mais aussi la guerre. Malheureusement, de nos jours, il n’existe pas de peuple libre dans le monde sans guerre. Et ce n’est pas sans raison que Maïmonide a intitulé son livre : Lois sur les rois et leurs guerres. Et il y décrit également le Messie comme un homme (chap. 11).

Nous n’aimons pas les guerres, nous aimons la paix, mais parfois la guerre est inévitable. Notre armée n’est pas une armée d’agression, mais comme son nom l’indique, elle est une armée de défense pour Israël. Même Isaïe, qui écrivait pourtant : « Et ils forgeront de leurs glaives des socs de charrue et de leurs lances des serpettes; une nation ne lèvera pas l’épée contre une autre nation » (Isaïe 2,4) – reconnaissait que s’ils n’ont pas le choix, ils devront se  battre (id. 63,5).

Il est vrai que dans la guerre, des soldats tombent, des frères tombent, des amis tombent, des pères tombent et des fils également. Mais même à ce sujet, il n’y a pas le choix. À un étudiant qui se tournait vers le Rav Tsvi Yehuda Kook en exprimant sa tristesse pour les morts de la guerre de Kippour, le Rav répondit : Où est le contrat signé par Dieu, où il est stipulé que la guerre ne fera aucune victime ?

Au contraire, celui qui a épousé une femme, ou construit une maison, ou encore planté une vigne, ne partira pas à la guerre de peur d’y laisser sa vie. Et pourtant, dans une guerre de mitsva, tout le monde est mobilisé.

Bien sûr, il est triste que des soldats soient tués à la guerre, triste que depuis le début du retour à Sion, environ 20 000 Juifs aient été tués dans le terrorisme et les guerres. Mais dans le même temps, environ 30 000 Juifs ont également été tués dans des accidents de la route, ce qui est plus difficile à comprendre. Et 10 000 personnes meurent chaque année à cause du tabagisme, ce qui est également difficile à comprendre. Mais ceux qui tombent pour le salut du peuple et de la nation, on en comprend à tout le moins la raison.

En exil, nous étions angoissés, la peur est la malédiction de l’exil : Et vous vous êtes enfuis au bruit d’une feuille qui vole, vous vous êtes enfuis alors qu’il n’y avait pas de poursuivant. Maintenant, nous sommes revenus, par la grâce de Dieu, à notre vertu d’héroïsme. Grâce à Dieu, nous ne sommes pas vulnérables, nous ne sommes pas des lavettes, nous ne sommes pas des pleurnichards. Nous sommes à nouveau des héros.

Bien sûr, il faut aussi être un héros dans la guerre pour la moralité, dans la guerre des vertus, dans la guerre pour l’observance des commandements, et dans la guerre pour l’amour des créatures.

Alors nous pourrons prier la bénédiction, Béni Tu es, … sauveur d’Israël (dans la amida), bénédiction qui inclut aussi la guerre (Traité Meguila).

Et cela s’accomplira en notre faveur :    « On n’entendra plus parler de violence en ton pays, de ravages ni de ruine en ton territoire, et tu appelleras Salut tes murailles et tes portes Louange » (Isaïe 60-18).

 

Rav Chlomo Aviner 
Traduction de Machiv Harouah

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