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QU’Y A-T-IL DE BON DANS LA GUERRE ?

Machiv Harouah

Dans la Guemara, il y a une phrase qu’il faut approfondir : « Même le père et son fils, même le Rav et son élève, lorsqu’ils étudient la Torah ensemble, ils deviennent ennemis l’un pour l’autre. » Cela signifie que pour apprendre la Torah, il faut être antagonistes.

De cela, nous apprenons une règle du monde qui est le nôtre : tout ce qui est bon naît de guerres. En effet, lorsqu’un individu se confronte à un ennemi, il est nécessairement amené à une élucidation intérieure concernant qui il est, ce qu’il veut et ce qu’il pense. En temps de guerre, la personne doit faire face à un camp qui s’oppose à elle, ce qui crée le besoin d’un examen intérieur pour éclaircir qui elle est vraiment, et comment trouver les forces de combattre, à partir de son moi intérieur. Cela est vrai pour l’étude de la Torah, c’est vrai pour une controverse entre deux parties, et c’est vrai dans toutes les guerres du monde.

L’histoire d’Israël

Lorsque nous avons à nous confronter à un ennemi, cela génère une réflexion sur la nature de notre identité. C’est pourquoi la guerre est l’occasion d’une élucidation identitaire pour la nation d’Israël. Lorsque nous affrontons nos ennemis, nous découvrons en nous-mêmes quel est notre finalité, pourquoi nous nous battons, pourquoi nous portons atteinte à l’ennemi, et plus encore. Ces questions sont des questions de convergence intérieure, elles révèlent notre force intrinsèque, qui se concrétise ensuite dans les décisions du gouvernement et les actions de l’armée.

C’est la raison pour laquelle, en temps de guerre, la foi d’Israël devient de plus en plus transparente : la guerre stimule la vie, parce que la réflexion intérieure est la source de son épanouissement – tant au cours de la guerre elle-même, que dans l’existence qui se développera après qu’elle se termine. Ce processus est similaire à celui de l’hiver, qui est une période de retraite de la nature, pour ensuite donner libre cours à tout ce qui aura été créé durant ce cycle hivernal, de se concrétiser à l’arrivée du printemps.

Après la guerre de Kippour, qui a également débuté à cette époque de l’année, le rav Yehoshua Zuckerman a déclaré que les fêtes de Tichri sont des moments de retrouvailles intérieures, de retour à nous-mêmes, et c’est à partir de là que se développe l’action militaire.

La guerre pour la vie

Si l’on conçoit que la guerre procure la vie, nous comprendrons pourquoi, dans la langue sainte, « klei zaïn » désigne d’une part les armes de guerre, mais d’autre part le mot « zaïn » concerne également la nutrition. De plus, le mot qui signifie « la guerre, milh’ama » vient du mot « leh’em, le pain », parce qu’elle donne la vie et parce qu’elle « soude » ensemble l’esprit et le corps…

Voilà donc notre rôle dans la guerre : nous retirer en nous-mêmes, afin de comprendre ce que nous sommes et le sens de notre vie. Dans la guerre, notre équation personnelle, et la nature profonde du peuple d’Israël, deviennent plus lumineuses, et cela nous donne la force d’agir sur l’extérieur.

L’esprit à la guerre

Un soldat qui sortait en permission du jeudi au dimanche, m’a raconté qu’immédiatement après le chabbat, il s’était dépêché de faire ses valises et s’apprêtait à quitter la maison. Quand ses parents ont vu cette précipitation, ils n’ont pas compris – après tout, ils ne cessent de penser à lui, il leur manque beaucoup, et maintenant qu’il est revenu à la maison – pourquoi est-il si pressé de repartir ?

A leur étonnement, il répondit : « Désolé, je ne peux pas rester ici une minute de plus. Quand nous sommes à l’armée, quand nous combattons, nous sommes tous de bonne humeur, nous éliminons les terroristes, prenons des objectifs stratégiques, et tout cela avec enthousiasme. Même si nous perdons des hommes, cela n’annule pas notre ardeur. Mais quand je rentre à la maison, je n’entends parler que de la situation déplorable, de ceux qui portent la responsabilité et qui devraient quitter le gouvernement, du nombre d’otages et de victimes, etc. Nous sommes en période de guerre, pas de destruction. Je ne suis pas disposé à entendre toutes ces palabres, alors je retourne sur le terrain.”

Nous sommes certains que l’esprit d’élévation et l’enthousiasme de nos soldats, vaillants et justes, qui effectuent leur devoir avec fidélité sans être influencés par les médias, qui ne sèment que discorde et découragement – c’est l’esprit même du peuple d’Israël tout entier, là où se situent réellement les profondeurs de l’âme d’Israël.

Rav David Giami, Chout Vegavar Israël
Traduction de Machiv Harouah

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