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PESSAH 2024 … UN COUVERT DRESSÉ, UNE CHAISE VIDE, UN BANC EN ATTENTE

Bella Bel-Ange

Chacun de ces symboles s’adresse à nos otages:

“Nous vous attendons, vous ne pouvez demeurer loin de nous plus longtemps”…



Conformément à la tradition, le soir du Seder de Pessah, chaque famille s’est attablée pour raconter la sortie d’Egypte. Mais cette année, le cœur était bien lourd et triste a la pensée que beaucoup de familles ne seraient pas au complet… 

 Il s’avère que le récit historique ne se rapporte pas uniquement au passé, mais également au présent.

Le soir du Seder, un des rôles des enfants est de poser la question suivante:” En quoi cette nuit est-elle différente des autres nuits?”

 Que répondre à cette question, alors que nous avons encore 133 otages entre les mains du Hamas.

133 otages en captivité!

Le grand Rabbin d’Israël, le Rav David Lau a rédigé une prière spéciale qui a été lue dans chaque foyer le soir du Seder, afin de réclamer la libération prochaine de nos otages.

Chaque famille, a également ressenti le besoin de symboliser concrètement l’absence des otages, en ajoutant à leur intention, un couvert à table, un siège vide, ou encore un banc à l’entrée de leur domicile, et cela accompagné d’une pancarte où il est inscrit: “nous vous attendons”.

Dans tout le pays, il n’y a pas un endroit qui n’a pas rappelé les otages, d’une manière ou d’une autre. 

 Le cœur empreint de tristesse, nous avons raconté la sortie d’Egypte.

Le cœur plein d’espoir, nous avons énuméré les miracles des 10 plaies d’Egypte.

Le cœur plein de reconnaissance, nous avons rappelé la déchirure de la mer morte.

Avec beaucoup de conviction et de foi, nous avons ouvert la porte au Prophète Elie et lui avons rempli sa coupe de vin, tout en accompagnant le rituel de chants imprégnés d’espérance, de souhaits et de prières, qui présagent des jours meilleurs.

Mais ces jours meilleurs seront-ils uniquement le fruit de la Providence, tel que cela est rappelé dans la Haggadah de Pessah? Les hommes du 21ème siècle n’ont-ils pas atteint un degré de maturité et de moralité suffisants pour s’insurger  contre le mal et dénoncer l’injustice lorsque femmes, enfants, personnes âgées sont violés, violentés et pris en captivité? Pourquoi ce silence actuel du monde? Pourquoi certains pays se portent-ils volontaires pour mener les pourparlers d’un marché ignoble, au lieu de le condamner? Sommes-nous encore au moyen-âge ou à une période d’esclavage  pour négocier un marché humain d’hommes, de femmes et d’enfants?

Pourquoi ce silence perçant et fracassant?

Est-ce un signe de complicité tel que l’affirme le dicton français: “qui ne dit mot, consent”?

Six mois se sont écoulés depuis ce massacre, cet enlèvement barbare… Et le monde, incapable de condamner les faits, encourage Israël à négocier et marchander avec de vils terroristes, comme si Israël était coupable, comme s’il avait favorisé et était à l’origine de ce pogrom du 7 Octobre.

Pourtant, ce n’est pas ce qui s’est passé il y a tout juste10 ans, en l’année 2014, lorsque 223 lycéennes nigériennes ont été enlevées.

Après 15 jours de silence, est venue l’indignation, un peu tardive certes, mais qui a entrainé la mobilisation et le combat de la planète pour une cause morale. 

C’est alors que nous avons pu assister à une grande manifestation à Abuja, capitale du Nigeria, le 30 avril pour la libération des lycéennes.

Il aura fallu plus de deux semaines pour que l’opinion internationale se réveille. Mais depuis le début du mois de mai, le sort des 223 lycéennes nigérianes enlevées le 14 avril par le groupe islamiste Boko Haram est devenu « la » cause à soutenir.

Le rapt avait d’abord laissé indifférents la plupart des médias, tous tournés vers le naufrage du ferry en Corée du Sud ou les recherches du vol MH370. Jusqu’à ce que la campagne de soutien devienne virale sur Internet, forçant la communauté internationale à réagir.

Grâce aux réseaux sociaux, ce qui n’était au départ que des manifestations réunissant plusieurs centaines de personnes à Lagos et Abuja, la capitale du Nigeria, s’est en quelques jours transformé en un phénomène planétaire. Dans un premier temps, la mobilisation n’a eu que très peu d’impact à l’international comme au sein du gouvernement nigérian. Jusqu’à ce que les manifestants et les familles des victimes s’emparent de Twitter pour se faire entendre, avec un seul signe de ralliement : Bring Back Our Girls (« rendez-nous nos filles »).

Le hashtag – à l’origine un slogan employé par l’ancienne vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Afrique, Obiageli Ezekwesili, lors d’un discours prononcé le 23 avril à Port Harcourt (Nigeria) – a rapidement conquis la Toile et a été tweeté près de 2 millions de fois depuis le 1er mai, avec une moyenne de 2 500 mentions à l’heure. Les internautes, et très vite les personnalités, se sont alors subitement senties concernées par le rapt orchestré par Boko Haram. Du rappeur Chris Brown à la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, en passant par l’actrice Angelina Jolie ou la starlette Kim Kardashian, désormais fidèle à son message.

Partout dans le monde, on est choqué, outré par l’enlèvement des lycéennes. Et la France n’est pas en reste : les politiques aussi s’en donnent à cœur joie sur les réseaux sociaux. Avec plus ou moins de tact.

Sur Twitter, quand la ministre des droits des femmes, Najat Vallaut-Belkacem, affirme que la France « ne les laissera pas tomber », la garde des sceaux, Christiane Taubira, brandit à son tour la petite pancarte contre les « obscurantistes ».

Même Michelle Obama, l’épouse du président des Etats-Unis, a rejoint la campagne de soutien, s’affichant elle aussi sur Twitter, pancarte à la main, provoquant une pluie de retweets. 

A la vue de cette mobilisation et de cette campagne, on est en droit de se demander pourquoi ce silence et cette indifférence aujourd’hui? Doit-on faire appel à une stratégie commerciale pour mettre à l’ordre du jour la vérité, la moralité, la justice et condamner l’inconcevable?

Comment le monde peut-il garder un silence complice face aux vagues d’antisémitisme à travers le monde, face aux manifestations dans les universités telles que celle de Columbia, face à la décision du Secrétaire général de l’ONU qui a refusé d’inscrire le Hamas dans la liste noire des coupables de violences sexuelles en temps de guerre?

Quoi qu’il en soit, Israël n’a de cesse de persévérer jusqu’à la victoire des soldats de Tsahal sur le Hamas, n’a de cesse de réclamer la libération des otages ainsi que le retour des familles déplacées vers leurs foyers, et cela en toute sécurité.

Ce Pessah, alors que présent et passé se sont entremêlés, la Haggadah nous réconforte en ces termes: “C’est cette même Providence qui a assisté nos pères et nous-mêmes, car ce n’est pas un seul (ennemi) uniquement qui a tenté de nous exterminer. A chaque génération, il y en a d’autres qui s’élèvent contre nous pour nous anéantir, mais le très-saint, loué soit-il, nous préserve de leurs mains.”

Ou en d’autres termes, tel que nous l’avons lu dans le livre d’Esther, pendant la fête de Pourim, lorsqu’Esther hésite à se mettre en danger en allant voir le roi Assuérus, Mardochée lui dit: “Ne te berce pas d’illusion que, seule d’entre les Juifs, tu échapperas au danger… car si tu persistes à garder le silence à l’heure où nous sommes, la délivrance et le salut surgiront pour les Juifs d’autre part, tandis que toi et la maison de ton père vous périrez”. 

A l’heure actuelle le danger qui a frappé aux portes d’Israël, menace le monde entier. Le combat entrepris ces dernières années pour préserver la planète n’est pas uniquement un combat écologique, mais avant tout, un combat éthique.

Il est temps de délaisser le mutisme, pour combattre l’injustice haut et fort. A l’heure actuelle, il est de notre devoir de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour lutter contre l’immoral et envoyer une exhortation à nos otages innocents:

Nous vous attendons,

Vous ne pouvez demeurer loin de nous plus longtemps“.


Bella Bel-Ange

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