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Olivier Cohen

Elève de Manitou depuis plus de 10 ans. Co-fondateur de ce site.

Qu’est-ce que l’identité juive aujourd’hui ?

Pourquoi Manitou? Pourquoi maintenant? Les enseignements de la Torah : religion ou morale?… C’est par cette jolie salve de questions qu’Olivier Cohen a choisi d’ouvrir, le  dimanche 17 mars, ce nouveau cycle de conférences désormais très attendues sur le thème central de l’année 2019. Un thème qui traverse toute la pensée de Léon Askénazi, ce “Français d’Algérie de religion juive qui priait en hébreu, fredonnait en arabe et parlait en français », comme il aimait lui même à le dire. Son parcours illustre à lui seul cette mutation d’identité dont il fit l’expérience au troisième temps de sa vie, à l’heure de son alya, celle de la transformation du peuple juif en nation hébraïque, celle du Juif en Israélien. « Je suis né Juif algérien – citoyen français par ailleurs – et pendant toute la première partie de ma vie, qui s’est déroulée en Algérie jusqu’à la seconde guerre mondiale, je me suis donc connu, sans prêter trop de signification à ces définitions – comme un Français d’Algérie, de religion juive.La deuxième partie de ma vie – après la guerre – s’est déroulée en France où j’ai découvert l’immense complexité sociologique du peuple juif et de son histoire, en rencontrant – moi qui suis d’origine séfarade – le judaïsme achkénaze.La troisième partie de ma vie se passe en Israël, en tant qu’Israélien. C’est donc, dans un style particulier, un exemple de la mutation d’identité qui transforme, de notre temps, le peuple juif en nation hébraïque ou plus exactement, qui transforme un Juif en Israëlien. À quelques jours de la célébration de Pourim, cette première séance sur l’identité juive à l’ombre de Manitou a littéralement fait salle comble : plus de 120 personnes étaient présentes, fidèles de l’association créée par Olivier Cohen en 2017,  anciens compagnons de Manitou comme Charles Bunan (dont vous pourrez prochainement lire ici même le témoignage)  et nouveaux venus, parisiens mais aussi provinciaux et israéliens francophones de passage. L’identité juive ? C’est de l’hébreu ! Que retenir de cette première séquence foisonnante ? D’abord que l’identité juive et la Torah sont indissociables. La Torah est la carte d’identité morale du Peuple d’Israël. “Notre identité est évaluée à travers trois types de relation : la relation de l’homme à D.,  la relation de l’Homme à lui même et  la relation de l’Homme à son prochain ” a souligné Olivier lors de son intervention animée avec brio et humour par  Antoine Mercier.  C’est cette troisième relation qu’il a tout particulièrement exploré ce dimanche, en s’appuyant sur trois exemples de taille : la création du monde, l’élection d’Israël, et la ligature d’Itzak. “Manitou nous accompagne  et nous fait entendre que derrière les versets se trouve toujours engagé le comportement moral, il fait descendre un pont entre ce monde-ci et le monde à venir,  il nous guide pour basculer de l’un vers l’autre grâce à ce pont que constitue le comportement moral. Si on se trouve bloqué sur ce pont,  il faut étudier. Les enseignements de Manitou ne sont pas de simples approfondissements de la connaissance : Nous ne sommes pas le Peuple du Livre mais le Peuple de la Parole qui a été mise par écrit. C’est par la parole que le Maitre transmet à l’élève et la transmission, nous dit notre tradition, est orale. Les enseignements de Manitou sont un travail au bout duquel la Torah finit par parler et l’Etre, par devenir. Pourquoi Manitou maintenant … Léon Askénazi appartenait à une génération qui, il le rappelait souvent, a connu un monde sans Israël et un monde avec Israël. Il était à la croisée des trois dimensions dont nous parle le Talmud  : le Peuple (Am Israel), la Terre(Eretz Israel)et  la Torah (Thorat Israel). L’identité d’Israël est fondée sur l’unité absolue de ces trois dimensions Etre juif n’est pas une question de croyance mais d’identité. Le salut dépend de la conduite morale. Cette morale, pour qu’elle se réalise, doit s’effectuer sur la terre d’Israël. Absent de la Bible, le mot yehudi (juif) apparait pour la première fois dans le livre d’Esther, donc tardivement, et c’est une désignation de l’exil.  La communauté qui se retrouve exilée en Perse et dont nous parle la fête de Pourim est celle des premiers Juifs, Mordehai Ayehudi est bien le premier juif. Juif depuis Pourim Nous vivons un moment particulier, la fin d’une histoire qui a commencé en Perse : l’Hébreu ayant perdu sa terre  s’est transformé en juif,  cette mutation d’identité s’est opérée dans une ambiance de déguisement, de maquis, de camouflage, condition de sa preservation, préserver et de son existence en terre d’exil. La Nation hébraïque a disparu, les Hébreux sont devenus un peuple dispersé resté fidèle à un projet d’identité avec une longue parenthèse d’identité de survie, l’identité juive précisément. Cette identité a toujours eu vocation à être provisoire, elle était rattachée au passé par la nostalgie de l’identité hébraïque qui a été détruite par Rome et rattachée à l’avenir par l’espérance de la reconstruction de cette Nation qu’on a appelée dans la pure tradition le messianisme et qui est devenu le sionisme. Transplantée en Israël, l’identité juive connait nécessairement une mutation : Le Juif a la possibilité de retouver la racine de son identité hébraÏque à travers la matrice de son engendrement qu’ est Israël. Alors que les mots d’identité et de Nation ne sont pas franchement en odeur de sainteté, Israël est en train de redéfinir la notion de frontières, de réinventer l’idée nationale, de la sortir de ses ornières nationalistes. Redevenir soi même sans se perdre dans l’égoisme national, c’est peut être bien ce qu’Israël est en train de réaliser. Petit florilège de questions, remarques, et impressions recueillies le 17 mars.. “Vous êtes arrivés juif et vous allez donc repartir en étant hébreu !” Antoine Mercier.  “L’arrêt au moment où la ligature d’Itsak est sur le point d’avoir lieu constitue me semble t-il  une figuration, une représentation quasiment au sens théâtral, une mise en scène d’un retournement, d’ une rupture avec toutes les pratiques paiennes de l’époque. C’est  l’arrêt de l’idolâtrie,

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