Vaykra

Tazria’ Metsora’

Gradation morale Depuis le début du Livre de Vayiqra sont développées, en une gradation continue, les lois qui régissent la distinction entre l’état de pureté, טהרה tahorah et celui d’impureté, טומאה toumah. De parasha en parasha, se dégage le principe d’une progression graduelle des lois de la purification spécifiques à Israël. Dans les autres religions et les autres spiritualités, la pureté et l’impureté sont rencontrées mais de façon générale et se confondent souvent avec la notion de propreté. Cependant toutes ne pénètrent pas dans les plus infimes détails la notion de pureté et impureté comme indiqués dans la Torah, les Prophètes et les Hagiographes, selon des lois développées avec une telle minutie et élaborées avec une telle précision dans le Talmud qui y consacre plusieurs traités. D’abord, dans les parashot Vayiqra et Tsav, la Torah introduit la mise à part, la séparation radicale des Cohanim de toute situation pouvant déboucher sur l’impureté. Ce qui est mis en relief est la mise à part des Cohanim pour qui toute séparation de l’impureté est la condition sine qua non du service au mishkan, au Tabernacle. Ensuite, elle fournit l’ensemble des règles concernant la cashrout, la nourriture de consommation permise, à la parasha Shémini. En plus, pour les Cohanim qui servent au mishkan, il y a séparation radicale de la consommation de vin. Avec, dans la même parasha, “l’intermède” des enfants de Aharon, Nadav et Avihou qui moururent pour avoir porté devant le Seigneur un feu profane non casher non voulu par le Seigneur. Ils n’avaient pas pris femmes pour épouses (Vayiqra Raba 20) et n’avaient donc pas enfanté (Bemidbar III, 4). La Torah nous e:nseigne, par la mort de ces excellentes personnes d’un niveau hors normes, le principe que les êtres de sainteté, dans leurs efforts, dans leur dévouement et dans leur enthousiasme, sont exposés plus que d’autres aux risques de l’impureté dans l’élévation vers Dieu, Vayiqra X, 3 : «Moshé dit à Aharon : C’est là ce qu’avait déclaré le Seigneur en disant : Beqrovaï éqadesh בקרובי אקדש Je veux être sanctifié par ceux qui M’approchent » Cette notion atteint son paroxysme quand elle touche tous les domaines de la vie, de telle sorte que la pureté de la Torah est une notion spécifique à l’âme d’Israël. Les Cohanim y sont encore plus vulnérables, car la pureté est tout ce qui est se rattache à la vie et l’impureté est tout ce qui se rattache à la mort. Entre les deux, il y a une infinité de situations. Puis, dans Tazria’ et Metsora’, sont décrites les situations d’impureté qui concernent le corps lui-même, attaqué par une “bonne maladie” telle la parturiente, la femme enceinte qui doit accoucher incessamment, et la Torah distingue entre l’impureté qui s’attache au corps due à la naissance d’un mâle de celle due à la naissance d’une fille. Maladies psychosomatiques La Torah indique ainsi des maladies du corps dont la source est psychique : les maladies psychosomatiques, dont la tsara’at צרעת, traduit fautivement par lèpre, qui est décrite comme une maladie surtout spirituelle et qui résulte d’une des fautes les plus graves, le lashon hara’ לשון הרע, la médisance. Une perversion intérieure à la personnalité exerce une influence physique jusqu’à atteindre la peau même du corps de l’individu mais aussi le corps de toute la collectivité tant est que cette dernière aurait besoin d’une transformation spirituelle profonde. Il existe chez l’individu, comme chez la collectivité, des relations étroites entre le corps et l’âme et des perturbations d’ordre moral ou spirituel peuvent entraîner des désordres physiopsychosociobiologiques. À l’échelle de la collectivité, c’est le même schéma : telle nation est contaminée par une exposition trop longue à un manque de moralité et développe une philosophie négative qui tue ses adeptes, à l’instar de l’existentialisme après la Deuxième Guerre mondiale, en France et ailleurs, et instaure une psychologie suicidaire. Cette même impureté se rencontre à plusieurs niveaux : à part celui qui concerne le corps, elle peut s’attacher aux vêtements et même aux maisons, mais il faut que la collectivité d’Israël soit vraiment d’un niveau très haut de moralité. Toute maladie corporelle n’indique-t-elle pas un manque spirituel, un hiatus conceptuel, un désordre moral, une ignorance du Connaître-Dieu ? Les désordres du comportement moral engendrent des maladies du corps. Inversement, le respect de la Loi de moralité fait entrevoir la joie du monde, la liberté, le fondement du bonheur. La nation d’Israël obéit à la volonté de son Créateur et de son Sauveur, alors elle est protégée par Sa volonté. Réciproquement, si l’on voit qu’Israël réussit sur sa Terre, qu’il triomphe systématiquement de ses ennemis, c’est que la Providence divine lui sourit. Enfin, dans les parashot suivantes, les lois concernant le contact avec la mort règlent l’impureté fondamentale qui en résulte, Vayiqra XXI, 1 : « Et le Seigneur parla à Moshé : Parle aux Cohanim, enfants d’Aharon, et dis-leur : Nul ne doit se souiller par le cadavre d’un de ses concitoyens ». Le Rav Kook (Lettres, 79) écrit : « Notre Torah de Sainteté nous a éloignés de toutes sortes de phénomènes obscurs en nous interdisant la sorcellerie et l’appel aux morts pour les interroger. Elle a interdit au Cohen de se rendre impur au contact des morts, préférant rattacher les mitsvot à la vie ». Le peuple saint, appelé à être, dans sa totalité et dans son fait national juif, une nation de Cohanim pour toutes les familles de la Terre, ne doit s’attacher qu’au seul Dieu Vivant. Rambam et la psychologie des profondeurs Selon Rambam, la plupart des maladies ont une origine psychosomatique, et notre grand maître résume le processus d’évolution de cette impureté, dans ses Lois sur l’impureté de la tsara’at XVI, 9 : « Ce mal qui atteint les vêtements et les maisons…ne fait pas partie de l’ordre naturel des choses, mais c’est un signe prodigieux, un miracle au sein du peuple d’Israël pour qu’il se préserve du lashon hara’, la médisance. Si un individu se rend coupable de cette faute, les poutres de sa maison sont atteintes. S’il persiste, ses ustensiles de cuir sont atteints ; puis ses vêtements ; et

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Chemini : La gloire du Seigneur

Au huitième jour Notre parasha débute par le récit de l’inauguration du Mishkan, משכן le Tabernacle, qui est la résidence du Seigneur en ce monde, construit par Moshé, notre maître, et le peuple hébreu, en préfiguration du Temple à Yéroushalayim. Un an après la sortie de l’exil vécu dans la civilisation de ce temps-là par la famille de nos patriarches, un an après le passage de la Mer de Jonc, le premier jour du mois de Nissan de la deuxième année des pérégrinations au désert, c’est par la génération de la sortie d’Egypte que cette inauguration a lieu, Vayiqra IX, 1 : « Et il arriva au jour, le huitième ויהי ביום השמיני ». Pourquoi « au huitième jour » ? Rashi explique : « Parce qu’il s’agit du lendemain des sept jours de retraite et de préparation pendant lesquels la famille d’Aharon, sous l’égide de Moshé, s’est sanctifiée par les conduites du repentir. Et ce huitième jour est Rosh ‘Hodesh, le premier jour de Nissan, la néoménie, où le mishkan est inauguré. C’est ainsi que ce jour a saisi les dix couronnes explicitées dans le Livre Séder ‘Olam ». Le Talmud Méguila 10b compare ce premier jour de Nissan, en valeur et en importance, au jour de la création du monde, à l’aide d’un raisonnement par analogie, guézéra shava גזרה שוה. En effet, notre verset commence par l’expression « Et il arriva » et le verset de Béréshit I, 5, finalise, par la même expression, le jour un de la Création : « ויהי ערב ויהי בוקר יום אחד Et il arriva : le soir, et il arriva : le matin, jour un ». Voici les paroles des Sages du Talmud : « Il est enseigné : Ce jour-là a été pour le Saint, Béni est-Il, un jour de joie comme celui où furent créés les cieux et la terre, car il est écrit ici : il arriva au huitième jour, et il est écrit là-bas : ce fut soir, ce fut matin, jour un ». Quelles sont ces dix couronnes d’excellence dont est paré, selon Rashi, ce spécifique huitième jour ? Le commentaire Siftei ‘Hakhamim sur Rashi, du Rav Shabbetaï Bass de Prague, il y a trois cent cinquante ans, en fournit la liste, sur la base du Talmud Shabat 87b : « Pourquoi la Torah a-t-elle précisée : “et il arriva au jour, le huitième” avec une insistance sur l’article défini, pour ainsi dire que ce jour est déjà connu et identifié ? Parce qu’en ce jour-même eurent lieu, à l’origine, en exclusivité, dix évènements : 1- le premier jour du récit de la Création, au commencement, jour-un, 2- le premier des mois du calendrier hébreu, Nissan, temps de la naissance d’Israël et de sa souveraineté révélée, à partir de la sortie d’Égypte, 3- la première fois que les princes d’Israël, chefs des douze tribus, apportent leurs sacrifices, 4- le premier jour de la consécration des Cohanim, 5- la première fois que les Cohanim agissent au service divin des sacrifices, 6- la première fois que le feu du Seigneur s’élance du ciel pour brûler, sur l’autel, l’holocauste et les graisses des sacrifices, 7- la première fois que les Cohanim se nourrissent de leur portion invariable des sacrifices rémunératoires apportés par les Enfants d’Israël, 8- la première fois qu’est énoncé l’interdit de construire le Temple ailleurs que l’endroit indiqué en Érets Israël par le Seigneur, 9- la première fois que l’évidence de la Shékhina, la présence de Dieu au monde, est fondée en absolu en Israël, 10- la première fois qu’un Cohen Gadol, Aharon, étend ses mains pour bénir Israël ». Ces dix évènements constitutifs de l’identité hébraïque du peuple de Dieu n’est certes pas fortuite. L’identité de la nation hébraïque se développe, en gradation continue, depuis la création du monde, ce même monde étant reconnu comme créé depuis le début par tout un peuple, jusqu’à ce qu’advienne la bénédiction par Moshé, notre maître, et Aharon, le Cohen, Vayiqra IX, 23 : « Et la gloire du Seigneur se manifesta au peuple entier ». Le peuple tout entier doit se rendre apte dans son action souveraine, tout comme les Cohanim dans leur service divin au mishkan, à prendre dorénavant les responsabilités de l’histoire nouvelle des relations entre Dieu et le monde, histoire qui s’ouvre ce jour-là, précisément, Vayiqra IX, 24 : « Un feu s’élança de devant le Seigneur, et consuma, sur l’autel, l’holocauste et les graisses. À cette vue, tout le peuple jeta des cris de joie, et ils tombèrent sur leur face ».   Pour toute création, la joie est présente Depuis le premier jour du récit de la création du commencement, le projet divin ne concerne plus la seule construction de l’individu, c’est-à-dire les géants de l’esprit que furent nos Patriarches, mais aussi du collectif de la nation, du peuple tout entier. Cela est indiqué par l’inauguration du tabernacle au premier jour du premier des mois où se compte désormais le temps d’Israël, à partir de la sortie d’Égypte, Rosh ‘Hodesh Nissan, la néoménie du mois de Nissan. Depuis ce jour, le peuple, tout entier, a choisi que l’organisation intérieure de ses institutions ainsi que son identité nationale coïncident avec la Loi morale. Rabi Baroukh Epstein, dans son Torah Témima, rapporte, comme déjà indiqué, que le Talmud Méguila 10b compare en valeur et en importance « et il arriva au jour, le huitième »’ de notre verset avec le jour un de la création du monde : « Et il fut soir, et il fut matin,- jour un ». En effet, c’est au temps de la génération de Moshé, notre maître, que la Shékhina se trouve proche de la terre comme au temps où furent créés les cieux et la terre. Rabi Baroukh Epstein élargit, à ce propos, notre compréhension : « Lors de l’inauguration du mishkan, le tabernacle au désert, le Saint, Béni est-Il, a dit : “À mes yeux, il me semble que c’est ce jour-même où J’ai créé Mon monde.” La raison est fournie par le Midrash Béréshit Raba 3 : “Car depuis la création du monde, le Saint, Béni est-Il, a pour désir d’unir Son Nom et Sa sainteté à ce monde par le truchement du mishkan.” C’est par ailleurs ce qu’indique

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Tsav – Shabat Hagadol : la parole remplace le sacrifice

«  La prière a remplacé les sacrifices    Dans son commentaire Dérekh ‘Hayim (I, 1) sur les Pirqei Avot, le Maharal explique qu’à chaque génération est appelé «  »père » » celui qui, capable de récapituler l’identité antérieure d’être homme, donnera les critères de choix futurs, par référence aux Patriarches, qui ont su faire ce travail, afin de poursuivre le perfectionnement de l’homme et la réussite de l’Histoire. Pour indiquer les directions de l’avenir, au carrefour des chemins possibles, afin de choisir la bonne direction à prendre parmi les différentes bifurcations qui se présentent devant le peuple d’Israël, מעשי אבות סימן לבנים ma’assei Avot simane laBanim, les actions des Pères sont une référence d’identité pour les enfants.    Yits’haq, notre père, est celui qui a reçu l’enseignement de moralité d’Avraham, notre père, archétype du Patriarche. En hébreu אברם, Av-ram, le père élevé, et ensuite, appelé par Dieu אברהם Av-raham, le Père de toutes les mutations d’être père. Yits’haq, notre père, a enrichi cet enseignement de moralité, par le travail de sa propre gestation, d’une harmonie qui se cherche en face de son Créateur, grâce à la עבודה ‘avodah : le travail qui consiste à sacrifier une partie de soi, c’est-à-dire non seulement sacrifier de son bétail ou du produit de son agriculture mais surtout le service divin de prier Dieu, prier pour que la pluie tombe, prier pour que notre terre nous sourit à nouveau, prier pour mériter de construire un Foyer National authentique en Israël. Prier pour accéder au mérite de se marier avec une personne noble, pour une progéniture qui suive le droit chemin, pour sauvegarder sa santé et celle de tous en servant sous les drapeaux frappés de l’Étoile de David, prier pour que tous les Juifs montent en Israël et retrouvent leur maison, leur tribu, leur lieu de résidence, leur patrimoine.    Prier pour la nourriture du corps, pour celle de l’esprit, prier avant et après avoir mangé, une fois le repas consommé, pour remercier Dieu de toutes Ses bénédictions, avec les mots de la prière qui procèdent de la prophétie biblique. Prier en absence du Temple afin de proclamer l’unité de Dieu comme si le Temple était déjà reconstruit. La prière a remplacé les sacrifices, à ceci près que les sacrifices dans le Temple définissent les degrés d’élévation de l’homme par l’action dictée par Dieu, tandis que les prières les restaurent par la parole des prières instaurées par les Prophètes et les Anciens Sages de la Grande Assemblée (Sha’arei Orah 32a), comme le Prophète Hoshé’a XIV, 3 dit : « Armez-vous de paroles et revenez au Seigneur ! Dites-Lui : Fais grâce entière à la faute, agrée la réparation ; nous voulons remplacer les taureaux (consacrés aux sacrifices) ונשלמה פרים שפתינו ounéshalma pharim séfateinou par cette promesse de nos lèvres ». Yits’haq est l’enfant que Dieu a promis à Avraham. Enfant dont la naissance est impossible et qui est arraché au néant, comme tout enfant, à sa naissance.    Le Talmud Berakhot 26b enseigne que le culte de la prière a été institué en regard du culte des sacrifices quotidiens. Il donne deux motifs pour l’institution de la prière : en place des sacrifices quotidiens et en rappel des prières récitées par les Patriarches. Rambam insiste sur le côté historique et institutionnel de la prière (Lois sur la Prière I, 5 ; légiféré par Ora’h ‘Hayim 98, 4) et retient surtout le premier motif, sans doute pour mettre en relief la valeur objective de la prière et reléguer au second plan son aspect ésotérique.       La structure du Livre de Vayiqra    L’architecture de Vayiqra se construit par dix parashot, dont la première, Vayiqra, décrit l’utilisation et l’inauguration du sanctuaire, monde où l’homme et Dieu sont présents. Ensuite, Tsav énonce l’énumération de la liturgie des sacrifices dans le Temple : le sacrifice du matin et le sacrifice du soir correspondent aux repas du Cohen Gadol, dans le Temple, repas parfaits de l’homme parfait, habillé de vêtements parfaits, dans la Maison parfaite ; Shemini, la pureté alimentaire ; Tazria’, la pureté morale, la pureté religieuse de la femme et les maladies morales des situations d’impureté ; Metsora’, la pureté et la sainteté, la pureté familiale ; A’harei Mot, la pureté morale entre l’homme et son prochain, l’universalisme de la Torah ; Qédoshim, les lois sociales et l’amour du prochain comme un autre soi-même ; Emor, la pureté des Cohanim. Pourquoi autant de lois dictées pour la pureté ? Parce que la pureté est tout ce qui est du côté de la vie (Rav Yéhouda Askénazy, Pardès 23, p. 174). Évidemment, cette liste est exhaustive et n’est qu’un condensé des développements de l’Unité du Nom de Celui qui est Dieu, qui apparaît, au fur et à mesure de l’édiction des lois du culte au sanctuaire, dans leurs plus infimes applications.   La prière, pour Dieu    Non seulement les actes ont une influence cosmique, mais surtout la prière, service du cœur, qui se manifeste sous la forme du langage, est susceptible d’agir, chacun selon son niveau et son intentionnalité, sur les plus hautes sphères de l’Émanation, עולם האצילות, ‘olam haatsilout (Néfesh ‘Hayim II, 8 et 9 de Rabi ‘Hayim de Volozhyn).    La prière, surtout si elle est dite à l’heure prescrite pour ce culte, constitue la nourriture essentielle des mondes et de l’âme humaine elle-même. La prière qui équivaut au sacrifice, constitue la nourriture divine (Zohar I, 24a). Ce culte de la prière s’effectuait à heure fixe et constituait l’essentiel de cette nourriture, comme Bémidbar XXVIII, 2, dit : « קרבני לחמי, qorbani la’hmi, Mon sacrifice, Mon pain » et au verset 4 : « Fais l’un des moutons le matin et fais le deuxième des moutons au crépuscule », ces sacrifices correspondent au repas du matin et du soir, qui sont les repas principaux. Et Vayiqra XXI, 8 dit : « Tiens-le (le Cohen qui offre ton sacrifice) pour saint car c’est lui qui offre le pain de ton Dieu ; qu’il soit saint pour toi, parce que Je suis Saint, Moi, le Seigneur, qui vous sanctifie ».    Vayiqra I, 17 : « Alors, le Cohen ouvrira l’oiseau du côté des ailes, sans

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Vayikra : l’actualité des sacrifices

«  Le Livre de Vayiqra    Le contenu du Livre de Vayiqra est d’une brûlante actualité. Le fait du retour entre nos mains du lieu où s’élevèrent nos deux premiers Temples n’arrête pas de focaliser l’attention du monde entier comme s’il n’avait pas d’autres chats à fouetter. La notion des sacrifices au Temple est particulièrement difficile à comprendre pour nous, et à plus forte raison pour le monde entier. Ce dernier, avec l’ONU comme cheval de bataille, essaye de nous convaincre sans cesse que la Montagne du Temple n’est peut-être pas le lieu saint d’Israël par excellence, que Yéroushalayim devrait être divisée et que notre territoire domanial est en sursis d’existence… pas moins !    Et les gouvernements israéliens successifs, pour ne pas faire de vague dans la politique internationale, ni de tsunami dans les consciences, ont décidé de mettre entre parenthèses notre présence sur la Montagne du Temple, cautionnant ainsi cette vulgaire opinion internationale. Mais les nations sont en commotion car, de fil en aiguille, elles découvrent qu’il y a peut-être un Dieu des Juifs qui conduit de main de maître le cours de l’Histoire, selon ce qu’en ont décrit Ses prophètes dans la Bible des Hébreux, et que cela «  »colle » » de façon tout à fait naturelle à la réalité, avec une évidence eidétique massive. Tonnerres et tremblements : les Israéliens d’aujourd’hui pourraient être les ossements desséchés ressuscités de ces mêmes Hébreux de la Bible qui étaient chez eux au royaume de Shlomo, le roi, du temps où ils sacrifiaient à leur Bon Dieu, au Temple de la Paix à Yéroushalayim ! Si les nations savaient que les sacrifices au Temple attiraient la bénédiction divine sur le monde tout entier, elles ne nous mettraient pas des bâtons dans les roues pour réussir notre projet. Elles apporteraient elles aussi leurs sacrifices à Yéroushalayim.    De plus, les nations du monde nous accusent de maintenir cette présence chez nous par la force ! Comme si les Francs venus d’un peu partout des pays barbares n’avaient pas envahi la Gaule et n’avaient pas passé au fil de l’épée tous leurs opposants pour s’installer finalement en Île de France. Comme si les Chinois, composés de cinquante-six-nationalités diverses, étaient chez eux en Chine, plusieurs fois divisée et recomposée, alors qu’ils ont conquis des territoires par une brutalité réputée et qu’ils imposent actuellement au Tibet une hégémonie autoritaire. Sans parler des Américains qui ne sont sûrement pas chez eux puisque venus récemment de partout d’Europe et d’ailleurs, dans un immense melting-pot. La population du monde entier est métissée et si on lui imposait le principe que tous les humains doivent retourner à sa contrée d’origine, cela coûterait très cher, trop cher !    Si on obligeait ces milliards d’individus de retourner chez eux, ils mettraient des dizaines d’années à revenir à leurs contrées d’origine ; des pays se videraient et d’autres regorgeraient de ressortissants ne parlant plus la même langue. Nouvelle Tour de Babel, grand bazar et anarchie, guerres ethniques et migrants belliqueux, crises d’identité. Nul ne peut s’enorgueillir de pouvoir ou de vouloir revenir à sa contrée d’origine comme nul ne peut se gausser de savoir de quelle famille anthropologique il appartenait il y a deux mille ans. Sauf les Juifs qui sont chez eux à Yéroushalayim, en Israël, et nulle part ailleurs. Nous sommes l’exception à la règle : de fait, seuls nous des Juifs sommes chez nous en Israël, quand bien même par la force dont le caractère est défensif.    Tout le reste de l’humanité n’est pas chez lui, c’est le résultat de conquêtes sanglantes, toujours en dépit de toute moralité, de vols collectifs, de rapines, de kidnappings, d’incursions militaires offensives, de déplacements contraints de population, de métissages démographiques imposés et tout le toutim, au vu et au su de tous, et personne ne pipe mot,. Tout cela au nom d’un dieu inconnu ou d’idéaux fabriqués de toutes pièces. Comme ce principe de retourner tous à sa terre d’origine est impossible à réaliser, il faut imposer aux Juifs cette idée impossible qu’ils ne sont pas chez eux chez eux, en Israël, à Yéroushalayim ! Et cela marche, chez nous, ici, en Israël, pour une frange de nos concitoyens et surtout pour nos frères hors d’Israël qui s’entêtent à végéter dans des contrées qui leur sont étrangères et suggèrent, par leur présence ailleurs que dans leur terre de prédilection, que les nations du monde ont peut-être raison…    Vient alors le Livre de Vayiqra pour montrer à toute l’humanité que l’impensable est possible : la tendance naturelle de l’homme de vouer un culte ne doit s’adresser qu’à Dieu seul, selon le principe absolu du monothéisme hébreu. Et cela ne peut se réaliser que par le truchement de l’institution des règles de la liturgie propre au culte impliqué par la Loi de Moshé, au Temple à Yéroushalayim, Shemot XXII, 19 : « Quiconque sacrifiera à une divinité sera frappé d’interdit ».   La structure du Livre de Vayiqra    L’architecture de Vayiqra se construit par dix parashot, dont la première, Vayiqra, décrit l’utilisation et l’inauguration du sanctuaire, monde où l’homme et Dieu sont présents. Ensuite, Tsav énonce l’énumération de la liturgie des sacrifices dans le Temple : le sacrifice du matin et le sacrifice du soir correspondent aux repas du Cohen Gadol, dans le Temple, repas parfaits de l’homme parfait, habillé de vêtements parfaits, dans la Maison parfaite ; Shemini, la pureté alimentaire ; Tazria’, la pureté morale, la pureté religieuse de la femme et les maladies morales des situations d’impureté ; Metsora’, la pureté et la sainteté, la pureté familiale ; A’harei Mot, la pureté morale entre l’homme et son prochain, l’universalisme de la Torah ; Qédoshim, les lois sociales et l’amour du prochain comme un autre soi-même ; Emor, la pureté des Cohanim. Pourquoi autant de lois dictées pour la pureté ? Parce que la pureté est tout ce qui est du côté de la vie (Rav Yéhouda Askénazy, Pardès 23, p. 174). Évidemment, cette liste est exhaustive et n’est qu’un condensé des développements de l’Unité du Nom de Celui qui est Dieu, qui apparaît, au fur et à mesure

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