Pourquoi j’ai fait « La liste de Schindler »

Manitou l'Hébreu

Les gens me demandent souvent pourquoi j’ai fait la liste de Schindler.
Pourquoi revenir à une douleur si sombre.

Et je réponds toujours la même chose :
parce que le silence est le plus grand allié de la haine.

L’Holocauste n’a pas commencé avec des chambres à gaz.
Cela a commencé par des mots.
Avec des regards.
Avec indifférence.

Cela a commencé lorsque le monde a décidé que les Juifs étaient « d’autres ».

Je ne raconte pas d’histoires sur les chiffres.
Je raconte des histoires sur les gens.
À propos d’un garçon apprenant la Torah à Cracovie.
À propos d’une mère cachant une bougie de Shabbat.
À propos d’un grand-père qui, même à l’intérieur du ghetto, chuchotait le Shema Yisrael alors que la peur parcourait les rues.

Six millions ne sont pas un nombre.
C’est six millions d’univers éteints.
Six millions de futures qui n’ont jamais été autorisées à naître.
Six millions d’histoires que la haine a essayé d’effacer.

Mais il y a quelque chose que la haine n’a jamais compris.

Le peuple juif n’est pas seulement de l’histoire.
Ils sont mémoire vivante.

Ils ont essayé de détruire des corps.
Ils ne pouvaient pas détruire l’âme.

Ils ont brûlé des livres.
Et la Torah est restée mémorisée dans le cœur.

Ils ont détruit des synagogues.
Et l’écho du Kaddish s’élevait encore vers le ciel.

Le nazisme a essayé de réduire le Juif en cendres.
Mais de ces cendres est né le renouveau.

Trois ans après l’enfer,
l’État d’Israël s’est relevé à nouveau.

Un peuple qui a traversé la vallée de la mort a construit une nation.

Ce n’est pas seulement de la politique.
C’est la résilience.

Des survivants qui sont arrivés sans rien…
et construit des universités.
Entreprises.
Les familles.
Enfants et petits-enfants qui aujourd’hui portent l’étoile de David avec fierté.

L’antisémitisme n’a pas pris fin en 1945.
Il change de forme.
Il change de langue.
Mais il existe toujours.

La différence est qu’aujourd’hui le peuple juif ne marche pas seul et en silence.

Aujourd’hui, ils se souviennent.
Aujourd’hui, ils enseignent.
Aujourd’hui, ils répondent par l’identité.
Parce qu’être juif après la Shoah n’est pas seulement une identité.

C’est un acte de résistance.
Chaque Bar Mitzvah célébrée est une victoire.
Chaque bébé juif né est une victoire.
Chaque bougie de Shabbat allumée est une victoire.
Chaque drapeau israélien levé est une réponse claire à la haine :

Ils ne nous ont pas effacés.
Ils ne nous ont pas cassés.
Ils ne nous ont pas vaincus.

En tant que cinéaste, j’ai appris quelque chose :
l’obscurité rend même la plus petite lumière plus brillante.

Et si le peuple juif a prouvé quelque chose, c’est ceci :

La survie n’était pas la fin de l’histoire.
C’était le début d’une renaissance.

Steven Spielberg

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