Aujourd’hui, le monde va un peu mieux.

Olivier Cohen

Samedi 28 février 2026, une vaste offensive militaire coordonnée par les États-Unis et Israël a été lancée contre la République Islamiste d’Iran. Au cœur de cette opération, des frappes aériennes et des missiles ont visé des sites stratégiques à travers le pays. 

Parmi les pertes les plus symboliques, l’ayatollah Ali Khamenei — Guide suprême de la République islamique depuis plus de trois décennies — a été tué, ainsi que plusieurs membres de sa famille et des hauts dirigeants  du régime. 

Des responsables israéliens ont été informés que son corps a été extrait des décombres de son palais. 

Cette opération et l’élimination spectaculaire d’une figure centrale du régime iranien représentent un moment historique pour l’histoire de l’humanité, et pour l’histoire du peuple des enfants d’Israël, cible permanente de ce régime.

Oui aujourd’hui le monde va un peu mieux.

Par un étrange concours de circonstances, ces événements se sont produits en Perse, le « Chabbat Zahor d’Amalek » (Chabbat où il est un devoir de se rappeler d’Amalek), à quelques heures de la fête de Pourim.

Dans la tradition hébraïque, Pourim est une fête de délivrance et de renversement de destin. Elle commémore les événements qui ont lieu en Perse de ce temps-là, au cours desquels le peuple juif est sauvé du décret d’extermination établi par Haman, grâce au courage d’Esther et de Mordehai.

Evidemment, cette année, la concomitance de cette offensive avec la fête de Pourim, et le fait même que ces événements se soient déroulés le Chabbat Zahor, donne lieu à de nombreuses interprétations :

Certains observateurs voient dans la chute du régime des mollahs en Iran un écho contemporain à ce thème central de Pourim : la fin brutale d’un pouvoir oppressif, sanguinaire et criminel, et favorisent l’idée qu’un ordre établi peut être renversé en un instant, tel que nous l’avons vu récemment en Syrie.

On peut aussi voir dans la disparition du guide suprême de ce régime qui régnait par l’oppression, la terreur et la brutalité, une nouvelle victoire sur  Haman, descendant d’Amalek..

La tradition hébraïque établit un parallèle entre Haman, et le personnage d’Amalek. 

Dans le Livre d’Esther, Haman est appelé « l’Agagite ». Or, selon la tradition rabbinique, ce terme renvoie à Agag, roi d’Amalek vaincu par le roi Saül (I Samuel 15). Amalek est l’ennemi ancestral d’Israël, mentionné dans l’Exode comme avoir été le premier peuple à attaquer les Hébreux après la sortie d’Égypte. La Torah commande d’en « effacer son souvenir », faisant d’Amalek le symbole intemporel de la haine gratuite et de l’hostilité envers Israël, ce qu’on appelle aujourd’hui plus communément l’antisémitisme.

Ainsi, en qualifiant Haman d’Agagite, le texte biblique rappelle qu’il est un descendant d’Amalek. Dans la lecture rabbinique, Haman incarne donc la continuité de cette force destructrice: une volonté d’anéantissement qui dépasse le simple conflit politique pour devenir une opposition existentielle au peuple d’Israël.

La fête de Pourim marque alors non seulement la défaite d’un dignitaire perse, mais la victoire symbolique contre Amalek lui-même. Chaque année, le Chabbat précédant Pourim (Chabbat Zahor), on lit le passage biblique ordonnant de se souvenir de l’attaque d’Amalek, afin de relier explicitement l’histoire d’Haman à cette mémoire ancestrale.

A travers cette lecture, la mort de Khamenei à la veille de la fête de Pourim, revêt alors un caractère biblique, c’est Haman qui est tombé, c’est également la figure d’Amalek qui s’efface, et avec lui un peu de celle de l’antisémitisme.

Mais lorsqu’on avance sur cette analyse, on a envie inévitablement d’en connaître la suite, et notamment qui sont les autres personnages de cette histoire contemporaine de Pourim ?

On a identifié Haman, avec toutes les réserves qu’il faut y apporter, notamment pour celles et ceux qui sont loin de cette foi liée aux récits de la tradition hébraïque, et qui restent sceptiques par rapport à ces comparaisons qui leur paraissent parfois un peu exagérées.

On a identifié Haman, d’accord. Mais alors qui est la figure d’Esther de nos jours ? Qui incarne désormais la figure de cette femme courageuse prête à se « sacrifier » pour permettre à son peuple de recouvrer la liberté ?

Et là on a envie de se tourner vers  les enseignements de Manitou : 

Le récit de la méguila d’Esther commence par « Vayéhi » (Ce fut) et Manitou nous met en garde: c’est mauvais signe ! Un récit qui démarre par « Vayehi » annonce un malheur. Quelle détresse annonce donc ce récit ? Apparemment, c’est un récit à l’issue heureuse puisque le peuple juif est sauvé, et Haman avec sa famille disparaissent. Pourquoi ce récit commence-t-il alors par « Vayéhi » nous annonçant ainsi que nous devons nous préparer à une mauvaise nouvelle ?

Certains commentateurs indiquent qu’en réalité l’histoire qui nous est contée n’est pas anodine car elle porte en germe l’anéantissement du peuple juif, mais précisément le mot « Vayéhi » annonce l’épreuve, et prépare déjà le renversement qui a eu lieu à Pourim. Puis le malheur contenu dans le « Vayéhi » se transforme en joie. La détresse en délivrance.

Manitou, s’appuyant sur le midrash Esther Rabba, met en lumière un enseignement différent qui nous permet, peut-être, de pouvoir apporter des réponses à ce qui se joue précisément aujourd’hui. Ce qui se cache derrière ce « Vayéhi » au début du récit c’est le fait qu’Esther soit contrainte d’entrer au palais pour épouser un roi païen. Ce « Vayehi » annonce donc une rupture douloureuse : une jeune femme juive va être arrachée à son monde pour entrer dans une royauté étrangère. 

Et en extrapolant, on comprend que désormais la descendance d’Esther ne s’inscrira plus dans la lignée des descendants d’Israël mais sera inclue à l’intérieur des nations. 

D’où le « Vayéhi »

Une question se pose alors aujourd’hui : que sont devenus les descendants d’Esther ? Quelles sont les figures de la société aujourd’hui qui pourraient résonner avec le personnage d’Esther ?

Et une réponse semble se dégager, s’imposer, se dévoiler, comme une évidence : ce sont toutes ces femmes iraniennes qui défient le pouvoir en place, avec un courage admirable pour défendre la liberté.

On se souvient de Mahsa Amini, cette jeune Iranienne de 22 ans tuée trois jours après avoir été arrêtée par la police des mœurs iranienne, pour port de vêtements inappropriés. 

On se souvient de ce mouvement des femmes iraniennes retirant leur voile, parfois appelé « la révolution du hijab » ou « la lutte pour la liberté de la femme » en Iran, qui s’est intensifié à partir de 2017, mais a pris une ampleur internationale après 2022, avec la mort de Mahsa Amini.

On connait le mouvement « Femme, Vie, Liberté » (Azadi) qui s’est imposé comme le symbole de la résistance courageuse des femmes iraniennes contre des décennies d’oppression et de lois discriminatoires. Chaque foulard brûlé, chaque voile retiré en public, chaque manifestation dans les rues d’Iran est un acte de défiance qui revendique la dignité, la liberté et l’égalité pour toutes et tous.

Porté par des femmes de tous âges, mais soutenu par des jeunes et des hommes solidaires, le mouvement dénonce la violence d’un régime qui tente de museler ses citoyens et rappelle au monde que la lutte pour la liberté des femmes est la condition même de la liberté de toute la société.

Le slogan « Femme, Vie, Liberté » n’est pas seulement un cri de protestation : c’est un appel universel à soutenir celles et ceux qui osent défier l’injustice et réclamer un Iran libre et égalitaire.

Elles sont nombreuses toutes ces voix féminines qui ont combattu courageusement contre la répression et l’obscurantisme ce régime sanguinaire, et qui ont posé des actes concrets de résistance à l’oppression.

Ces femmes iraniennes ne seraient-elles pas finalement la figure contemporaine de notre reine Esther ? La figure de la reine Esther, dont les descendants ne sont plus comptabilisés au sein des enfants d’Israël mais au sein des nations.

Et alors ce « Vayéhi » synonyme de malheur et de détresse se transforme en une formidable espérance incarnée par cette jeunesse iranienne, par ces femmes courageuses qui luttent pour la liberté de leur peuple, à l’image d’Esther qui s’est opposée courageusement aux desseins d’Haman l’Agagite.

La détresse se transforme en espoir et en délivrance, Esther, restera le symbole du sacrifice pour la liberté du peuple d’Israël et de l’humanité.

Oui, ce 1er Mars 2026, le monde va un peu mieux.

Olivier Cohen

Depuis les enseignements de Manitou

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