Face A
Face B
TEXTE Face A
/Début de Parashah Hayé Sarah, nous allons essayer d’étudier deux thèmes :
=> le 1er thème est relié à la mort de Sarah : achat de la caverne de Ma’hpelah par Avraham. Le texte commence au chapitre 23 à partir du verset 3.
Dans les 2 versets précédents, la Torah revient sur l’événement de la mort de Sarah qui est relié au « sacrifice d’Isaac », qui est une des épreuves d’Avraham, reliée à la difficulté d’arriver à croire qu’il a un mérite suffisant pour que la promesse que Dieu lui fait pour cette terre appartiendra à sa descendance se réalisera. Avraham avait contracté une alliance avec Abimelekh qui est d’après le récit le roi de la Philistée– actuellement le territoire de Gaza – qui s’appelait Erets Filistim et qui était une colonie d’une peuplade qui avait envahi le pays de Kenaan. Les Pélishtim ces Cananéens en particuliers n’étaient pas des sémites, il y a plusieurs traditions à ce sujet. Ils avaient installé, sur toute la côte de la partie sud d’Israël et de la partie nord de l’Egypte, des comptoirs. Cette partie du pays s’appelait Erets Pelishtim. Plus tard on retrouvera la ville de Gaza comme on dit aujourd’hui qu s’appellait Azah, au temps des rois d’Israël.
Précédemment, la Torah nous raconte que Avraham a contracté une alliance avec Avimelekh roi de Erets Pélishtim. Ce dernier parle de ce pays Erets Pélishtim comme étant son pays et on s’aperçoit que Avraham contracte tout de même une alliance avec lui. On comprend la contradiction qu’il peut y avoir entre le fait de recevoir une promesse particulière concernant Erets Israël et le fait de contracter alliance avec Avimelekh qui prétend qu’il s’agit de son propre pays, comme s’il y avait consentement de sa part.
Immédiatement après il y a la mise à l’épreuve d’Avraham en ce qui concerne Isaac. Les deux promesses étant liées, cet enfant qui lui est promis doit être le principe de fécondité d’une descendance à qui est donnée en promesse l’appartenance du pays de Kenaan, qui deviendra le pays d’israël, et qui était primitivement le pays des Hébreux. Tout cela nous l’avons étudié au niveau de l’histoire d’Abraham. Et puisqu’il semble y avoir un doute sur la relation à ce pays, alors Dieu réclame l’enfant qu’il avait donné.
C’est une approche des causes immédiates et profondes de la mise à l’épreuve d’Avraham en relation avec Its’haq qui est peu connue mais que nous avons étudié lors de la Parashah Vayera.
Nous voyons qu’ici il y a une rebondissemment du sujet : nous avons-là un texte à propos de la mort de Sarah et de la nécessité de l’enterrer dans le pays où elle est morte, il s’agissait de ‘Hévron. Nous avons un texte où nous voyons au contraire que Avraham va commencer à affirmer ses droits sur le pays, et assez paradoxalement par l’achat de la sépulture de Sarah.
On nous donc a appris que Sarah est morte. D’après le Midrash c’était au moment du « sacrifice d’Isaac ». Il s’agissait d’une épreuve d’Abraham au sujet de Its’haq. Et voilà que Avraham a un problème à résoudre qui nous semblerait banal et facile à résoudre, mais qui parait important selon le récit de la Torah : trouver une emplacement, un caveau, pour enterrer Sarah.
Nous allons étudier ce thème immédiatement. S’il nous reste du temps nous étudierons le 2ème thème qui est celui de la nouvelle difficulté la nouvelle épreuve d’Avraham concernant le mariage d’Isaac : comment trouver une femme pour Isaac ?
***
1er thème : trouver un tombeau pour Sarah :
Assez paradoxalement c’est par là que commencera la préoccupation d’Avraham – et par la suite de sa descendance jusqu’à nous puisque le problème n’est pas encore résolu – d’affirmer les droits d’Israël sur ce pays donné aux Patriarches. Cela commence par l’achat de ce morceau de terre connu depuis sous le nom de caverne de Ma’hpelah et à ‘Hévron où sont enterrés les Patriarches. Abraham, Isaac et Jacob. Pas seulement cette caverne mais également le champ qui entourrait la caverne et dont on va nous parler.
Nous allons lire le texte très rapidement et j’aborderais un ou deux points de difficulté du texte à travers lesquels nous essayerons de comprendre mieux ce problème :
Pourquoi une telle difficulté d’Avraham pour trouver un terrain pour enterrer Sarah ?
Verset 3 chapitre 23 :
וַיָּקָם, אַבְרָהָם, מֵעַל, פְּנֵי מֵתוֹ; וַיְדַבֵּר אֶל-בְּנֵי-חֵת, לֵאמֹר
Vayakom Avraham me’al peney meto vayedaber el-bney-‘Het lemor
וַיָּקָם, אַבְרָהָם, מֵעַל, פְּנֵי מֵתוֹ
Vayakom Avraham me’al peney meto
Et Avraham se leva de devant son mort
Il était d’abord assis auprès de Sarah pour la pleurer et puis, au verset 3, il se lève pour se préoccuper de l’enterrer.
וַיְדַבֵּר אֶל-בְּנֵי-חֵת, לֵאמֹר
vayedaber el-bney-‘Het lemor
et il s’adresse aux enfants de ‘Het pour dire
aux Hittites et on apprend ainsi que la peuplade qui occupait le teritoire de ‘Hévron à l’époque était des descendant de ’Het – les ‘Hittites.
Verset 4 :
גֵּר-וְתוֹשָׁב אָנֹכִי, עִמָּכֶם
Ger-vetoshav anokhi imakhem
Je suis étranger-résidant parmi vous
Il y a là une expression extrêment importante étudiée par les commentateurs. Je pense en particulier à un texte en vers de Judah Halévi que l’on récite comme Seli’hot à Yamim Noraïm et qui reprend cette expression de Guer véTorashav imkhi anokhi imakhem:
Avraham s’adresse aux Benei ‘Het participant des Cananéens qui possèdent alors les droits des occupants sur la région pour leur demander la possibilité d’enterrer Sarah en commençant par s’identitifer.
Et il dit alors :
גֵּר-וְתוֹשָׁב אָנֹכִי, עִמָּכֶם
Ger-vetoshav anokhi imakhem
Je suis étranger-résidant parmi vous
tenou li a’houzat-kever imakhem ve’ekberah meti milefanay.
גֵּר-וְתוֹשָׁב אָנֹכִי
Ger-vetoshav anokhi
Nous allons étudier ces mots-là qui sont la clef du problème : la difficulté pour Abraham d’obtenir une tombe pour Sarah et je prendrais ici l’enseignement d’Ibn Ezra qui consiste en une remarque donnant la clef du problème.
Quelle est la différence entre Guer et Toshav ? Je vais simplement expliquer ces termes uniquement en relation avec notre sujet. Chacun des ces termes demanderait un développement extrêmement grand.
Guer signifie étranger : le statut de l’étranger c’est quelqu’un qui habite un pays mais qui ne fait pas partie de la nation de ce pays. C’est le terme que l’on emploie par la suite dans l’hébreu rabbinique et jusque dans l’hébreu moderne pour désigner un converti à Israël, un Guer. Mais c’est un sens dérivé. Guer se rattache à la racine Lagour qui signifie séjourner quelque part provisoirement. En tant qu’il est évident que l’on est en voyage, que l’on est en pérégrination. Guer c’est quelqu’un qui n’est pas chez lui et qui séjourne quelque part provisoirement, à priori, pas avec l’intention de rester définitivement.
Toshav: c’est au contraire le résident temporaire, celui qui est chez lui Lashevet – être installé quelque part. (Parshat Vayeshev : Vayeshev Ya’akov be’erets megourey aviv be’erets Kna’an.)
Il y a donc une contradiction entre les 2 statuts : à la fois Guer et Toshav.
D’une certaine manière, l’identité d’Avraham est d’être Toshav il est chez lui dans le pays où il se trouve et là où le récit est situé. Mais d’une autre côté, il s’adresse aux Bénei ‘Het qui sont censés être les occupants du pays à l’époque, pour dire Guer.
גֵּר-וְתוֹשָׁב אָנֹכִי עִמָּכֶם
Ger-vetoshav anokhi imakhem
Je suis étranger-résidant avec vous
Avec vous, par rapport à vous, en ce qui concerne votre point de vue, sur mon statut, je suis Guer veToshav à la fois Guer et à la fois Toshav. Il n’y a pas écrit « à vos yeux je suis Guer et Toshav » mais « avec vous, par rapport à vous, je suis Guer véToshav à la fois Guer à la fois Toshav »
Le raisonnement de Ibn Ezra est le suivant : en tant que Guer je n’ai pas droit à un caveau chez vous. Puisque je suis Guer étranger. Cela se rattache à la coutume de l’époque mais derrière cette coutume il y a quelque chose de beaucoup plus intéressant : c’est que chaque famille avait son caveau pour enterrer ses morts. Il y avait d’autre part une fosse commune, un cimetière public, pour y enterrer les étrangers. Va alors se poser un problème d’identité, très paradoxalement par rapport à l’événement de la mort de Sarah. C’est là que se dévoile une difficulté dans l’identité d’Avraham en relation avec l’enterrement de Sarah. Voilà comment l’explique Ibn Ezra : en tant que je suis Guer je n’ai pas le droit à un caveau, et par conséquent il faudrait que j’enterre Sarah dans le Sadeh le champ qui entourre la caverne de Makhpelah, mais en tant que je suis Toshav j’ai droit à un caveau mais je n’en n’ai pas, puisque je viens d’arriver. Alors de deux choses l’une :
Soit vous me considérez comme Toshav et vous me donnerez le caveau auquel j’ai droit. Soit vous me considérez comme Guer et donc je n’aurait pas de caveau mais je dois m’adresser à celui qui possède la caveau qui concerne les Guérim. Il s’adresse donc à Efron ben Tsoar le gardien du cimetière.
D’une certaine manière Avraham est dans une impasse d’identité.
Cela se dévoile par rapport aux Benei ‘Het. Dans l’enseignement de Ibn Ezra, Avraham est obligé de tenir compte du statut que lui concède les Bnei ‘Het qui sont les occupants du pays. Mais tout de suite nous sommes avertis qu’il y a là un statut impossible : que signifie le fait d’être simultanément guer et toshav ?
Je reviendrais à l’histoire et au contexte historique, mais si on y réfléchit bien – et vos comprenez pourquoi cette expression sera reprise par les commentateurs théologiens dans une dimension beaucoup plus grande et plus large et plus profonde – est-ce que ce n’est pas là finalement le statut du peuple hébreu, en tant qu’il descend d’Avraham, dans toute son histoire ?
Si on y réfléchit bien : est-ce que cette identité – être à la fois chez soi et étranger – n’a pas été de toutes les manières possibles l’identité et le statut d’Avraham dès le commencement de son histoire ?
Je prendrais deux polarités de cette identité, jusqu’au moment où il y aura une reconnaissance de l’identité d’Israël, bien évidemment, ce qui est espéré dans les prophéties messianiques, que enfin l’humanité – les Bnei ‘Heth – entendez en hébreu ce qu’est l’humanité dans ce problème : « les Bnei ‘Het » par homophonie (Teit-Tav) « les enfants de la faute » comme si l’histoire de l’humanité toute entière provenait d’une faute et qu’Israël se trouvait chez les Bnei ‘Het pour y faire un certain Tiqoun, une réparation, une restauration de l’histoire. Et constamment, nous voyons que cette identité d’Israël, à la racine depuis les temps des Patriarches va être contestée jusqu’au moment où elle sera reconnue.
Prenons par exemple, l’identification du peuple d’Israël dans l’exil au temps des dispersions : là il est extrêmement ambigü mais indéniable que les Juifs se sont crus chez eux là où ils n’étaient pas chez eux. Corollairement, quand ils arrivent chez eux l’humanité entière dit qu’ils ne sont pas chez eux, chez eux. Ce sont les deux faces du même problème.
Dans les deux cas, cette ambivalence, cette ambiguité, cette mise en question, de l’identité est indiquée dans l’expression : גֵּר-וְתוֹשָׁב אָנֹכִי עִמָּכֶם guer vétoshav anokhi imakhem.
Judah Halevi va pousser à la limite cette identification dans l’identité de l’homme sur terre. C’est-à-dire à la foi une expérience d’être chez soi, et une expérience de ne pas être chez soi. Comme si l’homme authentique ne peut pas éviter d’avoir simultanément cette double identification par rapport à ce monde où il vit, à la terre où il vit.
Et c’est un des exemples qui illustre une fois de plus ce principe que l’identité juive, l’identité d’Israël, dans l’histoire de l’humanité c’est l’histoire et l’identité de l’homme profondément, poussée au paroxysme. C’est le peuple d’Israël qui a le privilège cette ségoulah – privilège qui a son endroit et son envers – ce privilège de vivre l’identité humaine poussée à la limite.
Judah Halévi tente de nous faire comprendre que cette situation du Juif dans l’histoire c’est au fond la situation de l’homme dans le monde, mais l’homme ne le sait pas, c’est le Juif qui le sait. Comme si, d’une certaine manière son histoire particulière l’oblige à prendre conscience de cela.
Au fond c’est Avraham qui dit par rapport à la terre d’Israël « Guer vetoshav anokhi imakhem » « je suis ici à la fois comme étranger et comme séjournant », avec ce que cela comporte derrière dans le statut socio-politique, l’humanité entière pensant à nous dans ce pays, nous considère chez nous mais aussi comme étranger: cela est peut-être le corollaire de notre attitude pendant 2000 ans chez les autres où nous nous sommes crus chez nous alors que nous savions que nous n’étions pas chez nous…
Judah Halevi veut nous faire comprendre cela que Avraham dans sa relation à sa terre, vit de façon paroxystique ce qui est le statut de tout homme dans sa relation à sa terre : à la fois en exil et chez lui. Judah Halévi : « Comme une étranger séjournant je suis sur la surface de la terre et pourtant je sais que c’est en elle que j’ai ma destinée, mon héritage »
Avec cette nuance dans ce poème de J.Halévi : si je ne mérite pas, mon héritage ne sera qu’une tombe dans la terre, si je mérite j’aurais ma véritable na’halah, le monde-à-venir.
L’homme a le sentiment d’être de ce monde mais pourtant il a le sentiment d’être d’ailleurs. Cette expérience-là finalement que l’humanité ne pourrait qu’exprimer à la rigueur au niveau d’une conception philosophique ou d’une valeur poétique, bref, d’une expression litérraire ou culturelle, est pour le juif son histoire existentielle.
C’est un exemple que nous retrouvons très souvent. Beaucoup de thèmes d’identité anthropologiquement de l’identité humaine sont les thèmes concrets de l’histoire des Juifs.
Comme si les Juifs, en tant que peuple d’Israël, de l’histoire d‘Israël étaient voués à vivre au niveau de leur histoire particulière ce qui est le statut de l’histoire universellle.
Exactement comme nous entendons dire : il y a là une exemplarité de l’histoire et une sorte de témoignage que l’histoire de l’homme c’est l’histoire d’Israël. Si l’on veut comprendre la destinée de l’homme en général, il faut comprendre l’histoire de la destinée d’Israël. C’est un des exemples.
Rav A. Epstein :
Plus loin que cela, nois trouvons dans la ‘Hassidout, un enseignement, basé sur un Midrash, qui utilise cette expression :
גֵּר-וְתוֹשָׁב אָנֹכִי, עִמָּכֶם
Ger-vetoshav anokhi imakhem
je suis étranger séjournant avec – auprès de vous,
en corollaire à un autre verset où Dieu s’adresse à Israël et lui dit :
Gerim vetoshavim atem imadi
vous êtes avec moi des étrangers séjournant.
Lévitique 25:23
וְהָאָרֶץ, לֹא תִמָּכֵר לִצְמִתֻת–כִּי-לִי, הָאָרֶץ: כִּי-גֵרִים וְתוֹשָׁבִים אַתֶּם, עִמָּדִי
En général, lorsqu’on lit ce verset c’est pour mettre l’accent sur le fait que c’est Dieu qui confirme que nous sommes chez nous chez nous : Gerim VéToshavim Atem Imadi.
La ‘Hassidout nuance ce Midrash en disant ceci : Dieu s’adresse à Israël pour dire : vous êtes étrangers-séjournant avec Moi dans le monde tout comme Moi, je partage votre sort. « Si vous vous considérez comme chez vous dans le monde, Moi j’y suis étranger, et si vous vous considérez comme étrangers dans le monde, Moi j’y suis chez Moi ».
C’est à un autre niveau de lecture de la même expression, mais vous devinez la profondeur de l’expérience présente là.
Il faudrait revenir sur des commentaires des Midrashim sur Shir haShirim pour arriver à comprendre ce Midrash : il y a toute une partie de l’histoire où semble-t’il il y a une sorte de nécessité, un préalable à cette histoire, que lorsque l’homme est là, Dieu se cache et lorsque Dieu se dévoile, l’homme disparait… jusqu’à ce que la présence des deux soient possible.
Ce thème est surtout étudié à travers le Cantique des cantiques.
Vous avez le contenu même schématiquement en tête : lorsque lui est là et parle d’elle, elle n’est pas là ; et lorsqu’elle est là et parle de lui, il n’est pas là…
C’est une sorte de chant d’amour de fiançailles avortées : un divorce avant le mariage…
La tradition a appliqué cette situation à la situation de l’exil. Le roi Salomon prophétise à travers le Shir haShirim, le cantique des cantiques, ce que sera le lien entre Dieu et Israël dans la situation de l’exil. Jusqu’au moment où la rencontre est possible.
Je vous le dit très rapidement, avec l’aide du commentaire du Gaon de Vilna :
A travers ce thème de la traduction même du titre Shir hashirim, chant des chants, on comprend qu’il y a deux chants différents :
ð le chant de Dieu à Israël, la révélation de Dieu à Israël
ð le chant d’Israël à Dieu, c’est la prière.
Et puis il y a ce chant Shir hashirim lorsque ces deux chants sont ensemble.
Gaon de Vilna sur le 1er mot important du 2nd verset :
יִשָּׁקֵנִי מִנְּשִׁיקוֹת פִּיהוּ
Ishaqeni Minshiqot Pihou
פִּיהוּ Pihou c’est une forme poétique pour dire Piv sa bouche à lui. Littéralement : qu’il m’embrasse des baisers de sa bouche. Piv. Et l’expression poétique serait פִּיהוּ Pihou. Mais le Gaon de Vilna indique que c’est plus important que la poésie : il y a à la fois פִּיו Piv et פִיהָ Piha, sa bouche à lui et sa bouche à elle : cela veut dire qu’il y a les deux chants à la fois פִּיהוּ. Et le chant qui apparait des deux chants qui se rencontrent s’appelle le Shir Hashirim.
Et le Gaon de Vilan s’était basé fondamentalement sur un enseignement de Rabbi Akiva dans la Guémara : tous les livres de la Bible sont Qodesh mais le Shir hashirim est Qodesh Qodashim. On voit le parallèle entre Shir Hashirim et Qodesh Qodashim. Tous les chants de la bible sont saints, mais le Shir HaShirim c’est la sainteté des saintetés.
Effectivement, dans tous les livres de la Bible, c’est soit Dieu qui s’adresse à Israël – la révélation – soit Israël qui s’adresse à Dieu – la prière.
Le Peri Tsadik en particulier a enseigné le parallèle qu’il y a entre les 5 livres de Mosheh et les 5 livres des Psaumes :
Les 5 livres de la loi de Moïse sont la révélation de la lumière de haut-en-bas
Les 5 livres des Psaumes sont la révélation de la lumière de bas-en-haut.
Donc le chant de la sainteté est soit dans un sens soit dans un autre. Mais le chant de Shir hashirim est le cas particulier où il y a les deux. Raison pour laquelle il est Qodesh Qodashim, á un niveau plus important.]
On peut voir dans ces trois niveaux de lectures de cette expression guer vétoshav qu’il se passe ici quelque chose de beaucoup plus important que tout simplement une tractation pour acheter un morceau de terre. Vous savez d’ailleurs que c’est notre problème actuellement de racheter la terre d’Israël. Ce qui a commencé avant la création de l’état jusqu’á ce qu’on appelle la ligne verte. Et maintenant cela continue dans le temps contemporain morceau par morceau, nous sommes en train d’acheter un pays qui est le nôtre. C’est le droit d’acquisition de la terre qui commence avec Avraham.
Ce qui est frappant de notre temps, c’est que cela a recommencé précisément à ‘Hévron là où cela c’était passé la première fois. Selon l’ordre d’achat du terrain par nos pères, nous savons donc quel est l’ordre du développement. Et ce qu’il y a d’extraordinaire c’est que c’est exactement celui-là qui se passe. On sait que les différents gouvernements et leur état-majors qui se sont succédés pour savoir où commencer et où continuer, n’ont pas étudié cela dans la bible. Mais peut être leurs ancêtres l’ont fait, donc ils le savaient quand même…
En tout cas, pour revenir à notre problème, voilà la position d’Abraham:
גֵּר-וְתוֹשָׁב אָנֹכִי, עִמָּכֶם; תְּנוּ לִי אֲחֻזַּת-קֶבֶר עִמָּכֶם, וְאֶקְבְּרָה מֵתִי מִלְּפָנָי
Ger-vetoshav anokhi imakhem
Je suis étranger-résidant parmi vous
tenou li a’houzat-kever imakhem
donnez-moi un héritage de sépulture / un caveau avec vous
ve’ekberah meti milefanay.
Et j’enterrais mon mort de devant moi
Simplement, j’ajoute une petite phrase à cette introduction qui vient à travers ce verset : Il est frappant de voir que la première préoccupation de l’achat du terrain, c’est l’achat d’une tombe et pas forcément l’achat d’une villa. C’est un peu ainsi dans la Halakhah d’ailleurs
וַיַּעֲנוּ בְנֵי-חֵת אֶת-אַבְרָהָם, לֵאמֹר לוֹ
1שְׁמָעֵנוּ אֲדֹנִי, נְשִׂיא אֱלֹהִים אַתָּה בְּתוֹכֵנוּ
Vaya’anou veney-’Het et-Avraham lemor lo.
Et les fils de ‘Het répondirent à Avraham en lui disant
Shma’enou adoni
Ecoutes-nous seigneur
nessi Elohim atah betokhenou
tu es une prince de Dieu parmi nous
Tout de suite, il faut mettre en évidence qu’il ne s’agit pas ici d’une formule de politesse formelle, c’est l’indication que l’on sait qui est Avraham. Il vient de Our-Qadim et on l’accueille en tant que Nessi Elohim prince de Dieu.
Dans les récits précédants, lorsqu’Avraham est obligé de voyager dans la civilisation de l’Egypte, dans la civilisation des Philistins, il est reçu avec les honneurs dus à un roi. Donc, on sait qui est Avraham. Plus que cela, dans les autres récits, on sait qui sont les Hébreux. On a entendu parler de ces Hébreux qui habitaient ce pays-là au temps de Ever, une des lignées de Shem.
Le texte dit Avraham ha Ivri et le rattache à la nation des Hébreux, la nation de Ever un des ancêtre descendants de Shem, un des ancêtres d’Abraham.
Tous ces Hébreux perdus dans les exils et les diasporas de ces temps-là et en particulier dans celle de Mésopotamie de la civilisation d’Our-Qadim. Une familles des Hébreux était revenue dans leur pays d’origine, c’était la famille de Tera’h père d’Avraham sur l’instigation d’Abraham, et c’est Avraham qui arrive dans le pays et lorqu’il y arrive on sait qui il est et on l’accueille avec les honneurs dûs à son rang.
Plus tard, lorsque Jacob descendra en Egypte, Paro lui demandera s’il descend de la famille de cet Abraham dont on parle encore en Egypte parce qu’il y avait fait un petit voyage…
Le Midrash explique que Jacob ressemblait à Avraham et les Egyptiens croyaient que c’était lui-même qui revenait.
Je reprends :
שְׁמָעֵנוּ אֲדֹנִי, נְשִׂיא אֱלֹהִים אַתָּה בְּתוֹכֵנוּ–בְּמִבְחַר קְבָרֵינוּ, קְבֹר אֶת-מֵתֶךָ; אִישׁ מִמֶּנּוּ, אֶת-קִבְרוֹ לֹא-יִכְלֶה מִמְּךָ מִקְּבֹר מֵתֶךָ
Shma’enou adoni
Ecoutes-nous seigneur
Nessi Elohim atah betokhenou
tu es une prince de Dieu parmi nous
bemivekhar kevareynou
dans la meilleure de nos tombes
kevor et-metekha
enterre ton mort
ish mimenou et-kivero lo-yichleh mimekha
personne d’entre nous ne refusera sa tombe devant toi
mikevor metkha.
d’enterrer ton mort.
Les honneurs continuent face au problème à résoudre pour Avraham, l’hospitalité lui est proposée.
Avraham n’est pas d’accord. Cette tractation prend une dimension énorme, tout le peuple est là :
וַיָּקָם אַבְרָהָם וַיִּשְׁתַּחוּ לְעַם-הָאָרֶץ, לִבְנֵי-חֵת
Vayakom Avraham vayishta’hou le’am-ha’arets livney-‘Het.
Avraham se leva et se protesterna devant le peuple de la terre les enfants de ‘Het.
Voyez l’expression « Am Haarets » qui est d’abord employée pour dire le peuple qui habite cette terre, quelqu’il soit.
Dans une lecture plus métaphysique, Haarets c’est aussi la terre toute entière, la planète.
On voit Avraham s’adressant aux habitants de la terre, les enfants de ‘Heit.
וַיְדַבֵּר אִתָּם, לֵאמֹר: אִם-יֵשׁ אֶת-נַפְשְׁכֶם, לִקְבֹּר אֶת-מֵתִי מִלְּפָנַי–שְׁמָעוּנִי, וּפִגְעוּ-לִי בְּעֶפְרוֹן בֶּן-צֹחַר
Vayedaber itam lemor
Et il parla avec eux en disant :
im-yesh et-nafshekhem
Si vraiment vous voulez / si vraiment c’est dans votre conscience
likbor et-meti milfanay
que j’enterre mom mort devant moi
shma’uni oufig’ou-li be’Efron ben-Tsohar
écoutez-moi et intercédez pour moi chez Efron fils de Tsohar
Il apparait là un personnage Efron fils de Tso’har que l’on ne connaissait pas du tout et qui apparait là comme étant le propriétaire d’un caveau particulier que Avraham veut à priori. On vient de lui proposer d’enterrer Sarah n’importe où, on se demandera pourquoi Avraham veut ce caveau précisément et pas un autre. Il répond : si vraiment vous acceptez que je devienne un habitant du pays, parce que j’aurai un cimetière là aussi, alors demandez à Efron fils de Tsohar de me céder son caveau. Pourquoi celui-ci et pas un autre ?
וְיִתֶּן-לִי, אֶת-מְעָרַת הַמַּכְפֵּלָה אֲשֶׁר-לוֹ
Veyiten-li et-me’arat haMakhpelah
Et qu’il me donne la caverne double
Donc elle était connue : la caverne « double », là où l’on enterre les couples.
אֲשֶׁר-לוֹ, אֲשֶׁר, בִּקְצֵה שָׂדֵהוּ: בְּכֶסֶף מָלֵא יִתְּנֶנָּה לִּי, בְּתוֹכְכֶם–לַאֲחֻזַּת-קָבֶר
asher-lo
qui est à lui
asher biktseh sadehou
qui se trouve à l’extrêmité de son champ
bekhesef male yitnenah li
en argent plein il me la donnera (il veut payer rubis sur l’ongle)
betokhekhem la’ahouzat kaver.
Parmi vous en héritage de sépulture
וְעֶפְרוֹן יֹשֵׁב, בְּתוֹךְ בְּנֵי-חֵת; וַיַּעַן עֶפְרוֹן הַחִתִּי אֶת-אַבְרָהָם בְּאָזְנֵי בְנֵי-חֵת, לְכֹל בָּאֵי שַׁעַר-עִירוֹ לֵאמֹר
Ve’Efron yoshev betokh beney-‘Het
Et Efron se tenait parmi les enfants de ‘Het
vaya’an Efron ha’Hiti et-Avraham
et Efron le Hittite répondit à Avraham
be’ozney veney-‘Het
aux oreilles des enfants de ‘Het
lechol ba’ey sha’ar-iro lemor.
devant tous les passant de la porte de la ville (c’est à dire le tribunal) en disant :
לֹא-אֲדֹנִי שְׁמָעֵנִי–הַשָּׂדֶה נָתַתִּי לָךְ, וְהַמְּעָרָה אֲשֶׁר-בּוֹ לְךָ נְתַתִּיהָ; לְעֵינֵי בְנֵי-עַמִּי נְתַתִּיהָ לָּךְ, קְבֹר מֵתֶךָ
Lo-adoni shma’eni
Non seigneur écoutes-moi
hasadeh natati lakh
le champ je t’ai donné
vehame’arah asher-bo lecha netatiha
et la caverne qu’il y a dans le champ je t’ai donné
le’eyney veney ami
aux yeux des enfants de mon peuple
netatiha lach kvor metecha.
J’ai donné pour toi enterre ton mort.
Avraham n’est pas d’accord.
וַיִּשְׁתַּחוּ, אַבְרָהָם, לִפְנֵי, עַם הָאָרֶץ
Vayishtachu Avraham lifney am-ha’arets
Et Avraham se prosterna devant le peuple de la terre
וַיְדַבֵּר אֶל-עֶפְרוֹן בְּאָזְנֵי עַם-הָאָרֶץ, לֵאמֹר, אַךְ אִם-אַתָּה לוּ, שְׁמָעֵנִי:
נָתַתִּי כֶּסֶף הַשָּׂדֶה, קַח מִמֶּנִּי, וְאֶקְבְּרָה אֶת-מֵתִי, שָׁמָּה
Vayedaber el-Efron be’ozney am-ha’arets lemor
Et il parla à Efron aux oreilles du peuple de la terre pour dire :
akh im-atah lou shma’eni
si toi tu veux bien m’écouter
natati kesef hasadeh kach mimeni.
Je t’ai (déjà) donné (si je te promets c’est que tu l’as déjà – il suffit aux Tsadikim de parler) l’argent du champs prend-le de moi
Tout ce qu’il lui demande c’est de prendre l’argent.
ve’ekberah et-meti shamah
et je pourrais enterrer mon mort là-bas.
וַיַּעַן עֶפְרוֹן אֶת-אַבְרָהָם, לֵאמֹר לוֹ
אֲדֹנִי שְׁמָעֵנִי, אֶרֶץ אַרְבַּע מֵאֹת שֶׁקֶל-כֶּסֶף בֵּינִי וּבֵינְךָ מַה-הִוא; וְאֶת-מֵתְךָ, קְבֹר
Vaya’an Efron et-Avraham lemor lo.
Et Efron répondit à Avraham en lui disant
Adoni shma’eni
Seigneur écoutes-moi
erets arba me’ot shekel-kesef
une terre de 400 shekels d’argent
beyni ouveyneykha mah-hi.
Entre moi et et entre toi qu’est-ce que c’est ?
ve’et-metecha kevor
enterre ton mort !
On ne comprend absolument rien dans ce dialogue sinon que les commentateurs occidentaux y verraient tout de suite une scène de marchandage entre deux marchands de tapis orientaux.
וַיִּשְׁמַע אַבְרָהָם, אֶל-עֶפְרוֹן,
וַיִּשְׁקֹל אַבְרָהָם לְעֶפְרֹן, אֶת-הַכֶּסֶף
אֲשֶׁר דִּבֶּר בְּאָזְנֵי בְנֵי-חֵת–אַרְבַּע מֵאוֹת שֶׁקֶל כֶּסֶף, עֹבֵר לַסֹּחֵר
Vayishma Avraham el-Efron
Avraham compris ce que Efron voulait
vayishkol Avraham le-Efron et-hakesef
et Avraham pesa l’argent
asher diber be’ozney veney-‘Het
dont il avait parlé aux oreilles des enfants de ‘Het
arba me’ot shekel kesef over laso’her.
400 sicles d’argent acceptable par les marchands / monnayable / de monnaie courante
וַיָּקָם שְׂדֵה עֶפְרוֹן, אֲשֶׁר בַּמַּכְפֵּלָה
Vayakom sedeh Efron asher baMachpelah
Alors devint le champ d’Efron qui se trouvait dans la caverne.
Une nuance ici : avant la caverne est dans le champs, on s’aperçoit maintenant que le champ est dans la caverne ?
אֲשֶׁר, לִפְנֵי מַמְרֵא:
asher lifney Mamre
qui se trouve devant Mamré
הַשָּׂדֶה, וְהַמְּעָרָה אֲשֶׁר-בּוֹ, וְכָל-הָעֵץ אֲשֶׁר בַּשָּׂדֶה, אֲשֶׁר בְּכָל-גְּבֻלוֹ סָבִיב
hasadeh vehame’arah asher-bo
le champ et la caverne qui est dedans
vekhol-ha’ets asher basadeh
et tout arbre qu’il y avait dans ce champs
asher bekhol-gevoulo saviv.
dans toute sa frontière autour
et la frontière autour de la caverne de Makhpelah, c’est la frontière d’Erets Israël. C’est donc l’acquisition de Erets Israël qui se produit là.
לְאַבְרָהָם לְמִקְנָה, לְעֵינֵי בְנֵי-חֵת, בְּכֹל, בָּאֵי שַׁעַר-עִירוֹ.
Le-Avraham lemiknah le’eyney veney-Chet
A Avraham en acquisition (miknah) aux yeux des enfants de ‘Het
bekhol ba’ey sha’ar iro.
Devant tous ceux qui venaient devant la porte de la ville (le tribunal)
Après cela seulement, après cette procédure :
וְאַחֲרֵי-כֵן קָבַר אַבְרָהָם אֶת-שָׂרָה אִשְׁתּוֹ, אֶל-מְעָרַת שְׂדֵה הַמַּכְפֵּלָה עַל-פְּנֵי מַמְרֵא–הִוא חֶבְרוֹן: בְּאֶרֶץ, כְּנָעַן
Ve’acharey-chen kavar Avraham et-Sarah ishto
Avraham a enterré Sarah sa femme
el-me’arat sedeh haMakhpelah.
A la caverne du champ double (c’est maintenant le champs qui est double)
al-peney Mamre
devant Mamré
hi ‘Hevron
c’est à dire ‘Hevron
be’erets Kena’an
dans le pays de Kenaan
וַיָּקָם הַשָּׂדֶה וְהַמְּעָרָה אֲשֶׁר-בּוֹ, לְאַבְרָהָם–לַאֲחֻזַּת-קָבֶר: מֵאֵת, בְּנֵי-חֵת
Vayakom hasadeh.
Et le champs devint
vehame’arah asher-bo
Et la caverne en lui
le-Avraham
pour Avraham
la’ahouzat-kaver
un héritage de sépulture
me’et beney-‘Het
de la part des enfants de ‘Het
je vous donnerais une réponse à deux niveaux, en reprenant d’abord l’enseignement de Ibn Ezra et ensuite on tentera de comprendre quelle est l’allure formelle de cette tractation : qu’est-ce qui se passe dans le récit.
Mais d’abord l’événement lui-même.
Le commentaire se basant sur des Midrashim peu connus, nous dit ceci :
Dans cette caverne était enterrés Adam et ‘Havah le 1er homme et la 1ère femme. C’est pourquoi on l’appelle la caverne double, c’est la caverne du couple. Et d’ailleurs c’est pourquoi cette ville va s’appeller ‘Hévron. Mais elle va s’appeller aussi Qriat Arba. Parce qu’y seront enterrés 4 couples :
Adam-‘Havah
Avraham-Sarah
Yits’haq –Rivqah
Yaaqov-Leah
Autre opinion : habitaient dans ce pays 4 géants dont on nous donne les noms, issus d’une race dont on trouve trace dans toutes les traditions, les Nefilim de la Genèse et dont on trouve trace dans toutes les mythologies qui ont un fond historique. Cf. l’histoire concernant les vestiges de l’ile de Pâques. Nous avons là une preuve évidente qu’il a existé une race de géant sur terre évoquée dans nos Midrashim.
La seule explication que j’ai retenu dans ces études qui ait une allure un peu scientifique, corollaire au gigantisme des espèces animales qui ont disparu, est une théorie provenant de Princeton qui dit ceci : il y a des phases lunaires durant lesquelles la lune et la terre sont plus ou moins rapprochées ou éloignées. Et quand la lune se rapproche plus de la terre la force d’attraction de la lune devient plus grande et les êtres vivant ont tendance au gigantisme. Cela correspondrait également à des périodes glaciaires. Il y a des rythmes de ce genre qui ont disparu de la mémoire des hommes. On peut comprendre qu’une force lunaire qui joue sur les marées, peut une fois amplifiée avoir un tel résultat. Je n’ai aucune assurance sur le fondement d’une telle théorie mais il semble selon les savants que nous sommes entrés dans une phase lunaire de ce type.
Le Midrash sur lequel se base Ibn Ezra prend une dimension tout à fait autre. Cette discussion ne se déroule pas n’importe où. C’est à l’endroit qui est le berceau de l’humanité. C’est à l’endroit où Adam et ‘Havah sont enterrés. C’est là qu’Avraham et Sarah vont prendre le relai.
Avraham sait d’emblée où il faut que Sarah soit enterrée, parce qu’il vient prendre le relai d’un gardiennage qui se faisait jusque-là par Efron ben Tsohar.
Efron ben Tsohar avait ce mérite-là d’être le gardien du cimetière de l’humanité où il y a avait deux genres de sépultures dans son caveau à lui. Tous les autres caveaux à ‘Hévron étaient les caveaux de chaques grandes familles.
Le caveau de Efron ben Tso’har – que l’on identifiera ultérieurement d’après un enseignement du disciple du Gaon de Vilna le Rav ’Haïm de Volozine – a quant à lui un caveau particulier. Il y a avait dans la Méarah la lignée de Adam jusqu’à lui qui passait par sa famille. Et autour de la Méarah, le champ – que j’ai appelé tout à l’heure le cimetière de la fosse public des étrangers .
Or Avraham dans son identité va prendre le relai. Il va prendre le relai des engendrements qui méneront jusqu’aux temps messianiques et en même temps il est le principe des convertis à l’identité d’Israël, c’est à dire les étrangers. On revient là au mot Guer qui signifie converti.
Nous avons là la clef : pourquoi Avraham veut ce caveau là et pas un autre ? Parce que c’est le caveau de Efron ben Tsohar, parce que c’est celui-là qui concerne son histoire propre, sa fonction dans l’histoire, sa mission dans l’histoire. Avraham va prendre le relai du 1er homme. Donc il lui faut enterrer Sarah précisément là où ‘Havah est enterrée.
Y seront enterrés 4 couples :
Adam-‘Havah
Avraham-Sarah
Yits’haq –Rivqah
Yaaqov-Leah
On voit le caractère groteste de la prétention des descendants d’Ishmaël sur le caveau de Makhpelah, caveau des Patriarches d’Israël. Il y a bien sûr Avraham et Sarah et c’est important qu’ils y croient et le reconnaissent.
Après Abraham et Sarah, Its’haq et Rivqah, et évidemment cela ne concerne plus Ishmaël et les Arabes. Mais ils le considèrent tout de même comme un lieu saint. Même le tombeau de Ra’hel qui n’est pas dans la caverne de Makhpelah est considéré par les musulmans comme un tombeau d’une de leur saintes. Avec le postulat qu’Israël disqualifié a laissé le relai à l’islam, ils considèrent que l’islam est l’héritier authentique des Hébreux. Les Chrétiens disent la même chose de leur côté. Et puis nous sommes au milieu, comme vous le savez.
Avec Its’haq et Rivqah il est évident qu’il ne peut plus s’agir de l’héritage d’Ishmaël, d’autant plus que s’y trouvent également Yaaqov et Leah, les ancêtres du peuple juif directement.
Un thème important à mentionner au passage : pourquoi Jacob et Leah et non pas Jacob et Rachel ?
Q :
R : Il y a une dimension d’éternité dans le dévoilement de la Torah. Dans tous les cas, ‘Hévron c’est Qriat Arba. Tant que les 4 couples n’y sont pas, alors c’est Qriat Arba avec les 4 géants. Dès que les couples y sont, alors ce n’est plus les 4 géants. Quelque soit le contenu, formellement, ‘Hévron formellement va s’appeller Qriat Arba. ‘Hévron signifie d’abord la cité double – dans la racine de ‘Hévron. Si c’est déjà double, cela va de soi qu’il y en a 4. Donc ‘Hévron doit s’appeller Qriat Arba.
C’est le principe suivant : La nomination des réalités absolues ne dépend pas à priori des contenus historiques. Pessa’h c’est Pâques avec les Matsot et le Maror avant même la sortie d’Egypte. A partir de la sortie d’Egypte, Pessa’h commémore la sortie d’Egypte, mais apriori Pessa’h c’est Pessa’h, le 14 Nissan. ‘Hanoukah c’est ‘Hanoukah depuis le 1er homme mais on ne savait pas ce que ‘Hanoukah devait commémorer : à partir des Makabim on l’a su et ‘Hanoukah c’est cela.
De même pour Yom Haatsmaout et de même le jour de l’arrivée du messie qui est connu mais qu’on ne commèmore pas puisqu’il n’est pas encore venu… Le jour où il arrivera on vous donnera les références vous verrez. Je ne sais pas si ce sera moi qui dira : c’est écrit là que c’était ce jour-là.
TEXTE Face B
/ mais on ne savait pas ce que devait commémorer ce ‘Hanoukah-là. Au temps des Makabim on a su. Alors à partir des Makabi ‘Hanoukah c’est cela.
De même pour Yom Haatsmaout et de même pour le jour de l’arrivée du Messie.
C’est déjà l’arrivée du messie bien qu’il ne soit pas déjà arrivé. Puisqu’il n’est pas encore arrivé on ne commémore pas ce jour-là mais on le connait et ce jour-là vous verrez on vous donnera la référence exacte dans nos sources, mais on ne peut pas le commémorer encore.
***
Dans certaines communautés de kabalistes il est déjà fêté d’ailleurs, comme d’ailleurs le jour de Yom Haatsmaout et le jour de Jérusalem.
A Jérusalem, tous les anciens de la ville vous raconteront que tous les 28 Iyyar, il y avait la hiloulah du prophète Samuel – Shmouel Hanavi – et c’est le jour de l’arrivée du Rav Kook dans le pays et ce jour-là il a écrit un livre qui s’appelle Hayom hagadol zanorah hazeh – Kaf Tet beIyyar. Jour de sa fête à lui à Jérusalem. Les historiens retiendront qu’il est arrivé à Jaffa, mais nous nous retiendrons que c’était le Kaf Teit béIyyar…
***
Efron ben Tsohar:
Enseignement du Rav ‘Hayim de Volozine sur Efron ben Tsohar:
Avraham dit de lui dans le dialogue entre Dieu et lui à propos de Sodome et Gomhorre, où Avraham intercède à propos de Sodome et Gomhorre.
Genèse 18 :27
וַיַּעַן אַבְרָהָם, וַיֹּאמַר: הִנֵּה-נָא הוֹאַלְתִּי לְדַבֵּר אֶל-אֲדֹנָי, וְאָנֹכִי עָפָר וָאֵפֶר
Vaya’an Avraham vayomar hineh-na ho’alti ledaber el-Adonay ve’anokhi afar va’efer.
Et Avraham répondit et dit : j’ai déjà trop dit vers Adonaï et moi je suis cendre et poussière
C’est une expression très bizarre dans la bouche d’Abraham. On est tellement familier à cette expression d’Abraham dans le sens d’humilité d’Abraham qui parle de lui et se déclare « cendre et poussière ».
Mais il y a le rapport afar min haadamah d’où l’homme a été crée. Afar n’est pas la poussière du balai. Afar min haadamah est cette substance de la terre qui est vivante, suffisamment pour porter ou donner l’être vivant qui vient de la terre. Le corps vient de la terre parce que c’est le fruit de la terre qui nourrit le corps. L’expérience qui nous montre que notre corps, tout comme celui de tous les êtres vivants, sort de la terre c’est le fait que pour le nourrir nous nous nourrissons de fruit de la terre. Afar min haadamah avec la traduction, la notion de fruit – Péri – de la terre disparait et il ne reste que la notion de poussière. En latin cela se dit le humus, la terre vivante – et homme vient de homo – ce sont des racines très voisines en latin. Comme en hébreu Adam vient de Afar min haAdamah.
Le verset en hébreu Béréshit 3:19:
בְּזֵעַת אַפֶּיךָ, תֹּאכַל לֶחֶם, עַד שׁוּבְךָ אֶל-הָאֲדָמָה, כִּי מִמֶּנָּה לֻקָּחְתָּ: כִּי-עָפָר אַתָּה, וְאֶל-עָפָר תָּשׁוּב
Beze’at apekha tokhal lekhem
ad shouvekha el-ha’adamah ki mimenah louqa’hta
ki-afar atah ve’el-afar tashouv
C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain,
jusqu’à ce que tu retournes à la terre d’où tu as été tiré:
car poussière tu es et vers poussière tu retourneras
Ce n’est pas ce qu’on croit communément : après la vie, le point de départ était Afar, et on se retrouve au point de Efer. Mot que l’on traduit par « cendre ». Afar avec Ayin et Efer avec Alef.
L’explication que donne le Rav ‘Hayim de Volozine se base sur un enseignement très important qui porte sur un Midrash de Rabbi Méir à propos du 1er homme.
Le 1er homme avait été d’abord créé avec un corps de lumière אוֹר Or (alef vav resh ).
Dans le Sefer Torah de Rabbi Méir c’était écrit comme cela que Adam harishon avait des tuniques de lumière et non des tuniques de peau. Après la faute, la lumière est devenue opaque et c’est devenue עוֹר Or la peau (Or = ayin vav resh).
Alef – Âyin
Efer – Âfer
Or – Ôr
La ligne de la chute va de Alef à Âyin.
L’homme avait un corps de lumière (qui n’est pas exactement comme dans le corps de lumière des occultistes, avec l’expression de corps astral… je ne développe pas ceux qui savent ce que c’est savent ce que c’est…) et ce corps s’est opacifié après la faute. Il est devenue habillé de tunique de peau Ôr. La différence entre ce Alef et ce Âyin c’est cette opacité qui fait que chaque individu est isolé en lui-même. Avant, il y avait transparence des personnes. Et maintenant il y a isolement des personnes et c’est ce problème que l’homme a à résoudre dans le Tikoun méssianique.
Cela va de 1 à 70, cette déperdition, cette chute de l’unité à la multiplicité et 70 en est le nombre représentatif dans le langage de la Torah.
Depuis le 1er homme il ya donc une chute de Alef à Ayin, et Abraham va venir prendre le relai de cette chute pour la réintégrer du Ayin au Alef :
De Or à Ôr on passe de Alef à Âyin mais avec Abraham on va passer de Âfar à Efer c’est à dire du Âyin au Alef. Abraham commence la rédemption de la faute qui avait commencée avec le 1er homme. Et le relai c’est à ce niveau qu’il s’appelle Efron Ben Tso’har.
Efron c’est le mot Afar avec la désinence Vav-Noun qui désigne toujours le superlatif.
Efron c’est non pas le poussièreux mais évidemment le gardien du cimetière, le fossoyeur. Il ne peut pas s’appeller autrement. Et Tso’har en hébreu est un des mots qui signifie la lumière.
Efron Ben Tso’har « Poussière fils de lumière » c’est le niveau où la chute était arrivée.
Abraham vient en prendre le relai de poussière à lumière.
Quand la lumière a traversé la poussière, il reste de la cendre. Cela c’est un autre problème.
Mais voilà le programme de l’homme d’après Abraham : Âfar vaEfer
Alors qu’à partir du 1er homme, c’était de Or à Ôr.
On s’aperçoit que sans l’hébreu on ne comprendrait pas la Torah.
Un mot hébreu explique ce qui s’est passé là : Iver aveugle. Cela voudrait dire que c’est un homme dont toute la peau est de la peau : Ôr. On sait aujourd’hui que les organes des sens surtout les terminaisons nerveuses sont des modifications du feuillet d’avant l’embryon qui vont donner la peau.
Image de la Kaballah : tout se passe comme si l’homme est devenu entouré de peau mais il y a des fenêtres. Celui dont les fenêtres sont fermées s’appelle un Iver : tout en entier Ôr peau.
Efron Ben Tso’har se situe précisément là où est arrivé l’histoire du 1er homme et l’histoire du 1er homme est le principe de la lignée centrale des engendrements qui doit mener au Mashia’h et aussi toutes les autres nations qui sortent du 1er homme ; et à partir desquelles peuvent venir les Guérim – les étrangers qui vont venir séjourner et participer de la lignée messianique.
Alors je reviens ainsi au mot Guer.
Il y a ici un paradoxe en hébreu : le verbe qui signifie le fait de devenir membre d’Israël c’est léhitgaer = se convertir à Israël. Or, lehitgaer signifie devenir Guer c’est à dire étranger, il y a donc une contradiction dans les termes. C’est le contraire de ce qu’on veut dire. Léhitgaer c’est au contraire naturaliser quelqu’un. Or, en hébreu cela se dit lui donner le statut d‘étranger ? Incomprehénsible !
Je dis bien naturaliser, on a l’habitude de dire convertir parce qu’on parle une langue d’un pays dont la constitution ne reconnait l’identité juive qu’au niveau d’une confession religieuse.
Alors devenir juif cela veut dire se convertir à la religion juive. Et les Juifs eux-même sont tombés dans le panneau. Mais Léhitgaer en hébreu cela veut dire naturaliser quelqu’un. Dans le sens français du terme : on change de nation. Et comme cette nation a une religion qui est la sienne, c’est la religion juive. Mais Léhitgaer signifie devenir juif. Or, devenir juif signifie se naturaliser à la nation juive. Se convertir à la religion juive sans devenir national-juif, ça c’est un chrétien. La religion d’Israël sans le peuple d’Israël. Et cela devient ce que cela devient…
Par exemple, il y a des citoyens romains de religion d’Israël : les Chrétiens.
Il y a aujourd’hui des citoyens français de religion juive : des Chrétiens.
La naturalisation s’effectue par le biais de la naturalisation religieuse mis c’est une naturalisation
Rav ‘Hayim de Volozine :
La situation métaphysique d’Israël c’est d’être Guer là où les autres sont Toshav.
Lorsque que quelqu’un de ces nations-là veut devenir d’Israël, il faut qu’il accepte la statut de Guer dans le monde. Etre Juif c’est être Guer. Devenir Juif c’est devenir Guer.
Si les peuples sont chez eux dans le monde, nous, nous y sommes étrangers. Les membres des nations qui veulent devenir Israël doivent accepter le staut d’Israël dans le monde qui consiste à y être étranger. Quoique nous fassions on nous considère comme des métèques.
Celui qui veut se convertir au judaïsme doit avoir la ‘Houtspah de prendre sur lui ce statut de métèque. Alors cela s’appelle Léhitgaer.
Effectivement, au tribunal rabbinique dans le cas de conversion au judaïsme :
On tente de lui faire comprendre la folie de demander un tel statut .
Ce qu’on lui demande ce n’est pas ce en quoi il croit. On vérifie qu’il ne croit plus dans une idolâtrie, mais on ne peut pas lui demander en qui il croit puisqu’il n’est pas encore juif. Il ne sait pas de quoi on parle lorsqu’on parle du Dieu d’Israël.
On ne lui pose pas d’interrogatoire théologique.
On vérifie simplement que ces attaches avec une autre religion sont coupées et qu’il ne vient pas avec une identité d’idolâtre. On préfère à la limite un athée à un ex-croyant dont la mémoire doit être désintoxiquée…
On lui demande s’il accepte l’histoire des Juifs et si il sait quelle est cette histoire des Juifs qu’il accepte. On lui donne le temps qu’il faut pour prendre conscience de l’enjeu.
Le changement d’identité ne doit pas être pris à la légère. Ce n’est pas changer de cathéchisme mais c’est changer d’identité. On devient une autre manière d’être homme. Et on ne peut pas violer ses racines humaines impunément. Par conséquent, si vraiment c’était par erreur qu’il était né chez les Goyim, si j’ose dire à la limite, alors on l’accepte en fête. Mais tant qu’on est pas sûr on lui demande s’il est vraiment sûr de choisir une histoire de fous!
2ème question :
Elle porte sur le dialogue entre Abraham et les Bnei ‘Het.
On a étudié pourquoi il voulait en particulier ce caveau-là.
Les habitants occupants du pays auraient accepté de faire cadeau d’un cadeau à Abraham. Pour qu’il ne puisse jamais dire c’est à moi. Et pour qu’ils puissent toujours dire, si tu es là, chez nous, c’est parce qu’on t’en a fait cadeau… Abraham refuse. Il sait que les Goyim considèrent que cela ne nous appartient que si on l’a payé. Mais cela nous appartient pour une autre raison : parce que Dieu nous l’a donné. Mais aux yeux des Goyim il faut payer, alors Abraham a payé. Il n’y a pas un seul peuple au monde qui a racheté son pays morceau de terre après morceau de terre.
Ce qu’Abraham veut c’est ce qu’en hébreu on appelle un ‘hozé qinian. Le chiffre de 400 Shekel est bien sûr symbolique. Cela renvoit à tout à fait autre chose.
L’intention de Abraham c’est qu’il y ait une hozé quinian : un contrat d’acquisition stipulant le changement de propiétaire.
Le véritable droit de possession du pays c’est évidemment la promesse de Dieu aux patriarches.
Le ‘hozé quinian même pour une peroutah symbolique a plus de force qu’un ‘hozé matanah contrat de cadeau pour lequel l’ancien propriétaire reste l’ancien propriétaire. Tandis que le contrat d’acquisition est clair.
C’est sans doute pour cela que la Torah a jugé qu’il fallait nous laisser ce texte important. En faisant l’histoire du retour des Juifs sur la terre d’Israël on s’apercevra que les anglais se sont inspirés de ce texte pour la déclaration Balfour selon ce qu’en a raconté le Rav A.I. Rav Kook.
Il était à l’époque en voyage en Angleterre lorsqu’on a commencé a discuté de la déclaration Balfour. Tous les grand rabbins orthodoxes d’Angleterre de l’époque étaient contre la déclaration Balfour… Le Rav Kook à Londres a fait que la déclaration a été acceptée. Nous savons de sources sûres que les Anglais ont entendu la réclamation des Juifs sur ce pays là et pas un autre, l’Ouganda…
Les Français auraient fait la sourde oreille car catholiques. Et pour les catholiques, il y a une nouvelle alliance qui remplace Israël. Tandis que pour les Protestants il y a nouvelle alliance qui est l’Eglise des nations mais qui ne remplace pas Israël.
Les Britanniques peuvent être des vrais gangsters en affaires mais ils sont légalistes et ils savent voir dans ce texte une certaine apparence de légalité. La catholiques auraient nié l’évidence mais les protestants ne pouvaient pas ne pas entendre. Rav Kook : il y a eu un miracle à l’intérieur d’un miracle. Le 1er miracle : des chrétiens se sont substitués aux musulmans et ce fut plus facile de reprendre cette terre de la main des chrétiens plutôt que de la main des musulmans, à cause de la rivalité Isaac-Ishmaël telle qu’elle est dans la Bible, et non parce qu’ils auraient des droits historiques. En droit international, tout le monde sait qu’ils n’ont aucun droit. Il n’y a que la Grande Bretagne et le Pakistan qui ont reconnu l’annexion de la Cisjordanie par la Jordanie. Et déjà la Jordanie est le résultat du partage de Erets Israël reconnu par la déclaration Balfour. Donc en droit international, tous les étrangers ici sont étrangers. Sauf les habitants du pays et on ne sait pas qui ils sont. Tant qu’Israël n’est pas sur sa terre, personne n’y a droit mais Ishmaël a le droit de gardiennage parce qu’il est circoncis. Donc reprendre la terre aux incirconcis c’était la ligne verte, les frontières de 67, cela a éte dur mais le monde a admis parce qu’on reprennait cela des brittaniques.
A partir de 67 tout a changé dans le monde par rapport à Israël parce qu’il s’agissait d’une terre qui était occupée par des musulmans, et on a fait semblant qu’ils avaient des droits légaux.
C’est devenu un nouveau sionisme. Et tous les anciens sionistes sont devenus contre.
D’où l’importance de ‘Hévron là où tout a commencé et là où tout a recommencé : seul endroit d’Erets Israël où il y a une ville juive à côté d’une ville arabe et où Ishmaël et Isaac se rencontre bien qu’encore fâchés.
Mais la fin de la parashah raconte la réconciliation, lorsqu’Ishmaël reconnait que c’est Israël qui est chez lui. On n’en est pas encore là mais cela peut arriver subitement.
Très frappant de voir que pour le moment c’est le seul endroit où il y a une ville juive à côté d’une ville arabe parce que c’est là qu’est le principe de la contestation pour savoir à qui appartient cette terre. A Isaac, ou à Ishmaël lorsqu’Isaac n’est pas là. C’est un fait que cela a appartenu à Ishmaël lorsqu’Isaac n’était pas là et cela donne une force d’autant plus grande à Ishmaël pour refuser le retour d’Isaac.
Anecdocte : l’ancien maire de Natanyah chargé par le KKL d’avant la Médinah de 1948 de racheter les terrains de la côte depuis ‘Héderah jusqu’à Ashkelon des mains des Cheikhs auquels cela appartenait. Il s’était lié d’amitié avec ces princes arabes et leur demanda pourquoi il fallait payer si cher puiqu’ils savaient que c’étaient à nous ?
Réponse des Cheikhs : on sait que c’est à vous mais c’est le prix à payer pour le gardiennage…
Le retour est plus dur s’il y a souverainté des musulmans que s’il y a souveraineté des chrétiens. Or, le miracle dans le miracle, c’est que les chrétiens qui se sont substitués aux musulmans soient des protestants et non pas des catholiques. Sinon cela aurait été la France. Le président se serait à coup sûr considéré comme l’héritier des rois de France en tant que gardien des lieux saints…. jamais les Français n’aurait accepté la déclaration Balfour : il a fallu que ce soit des protestants : des chrétiens pour lesquels ces textes ont quand même valeur de légalité quelconque.
Voilà comment le contrat d’achat d’Abraham a permis le retour des Juifs en Erets Israël.
Les 400 Shekalim :
Ce sont les 400 shekalim qu’Abraham avait rapporté d’Egypte dans le voyage précédent, lorsque le Pharaon l’avait dédommagé pour avoir pris Sarah. Ces 400 shekalim sont le prix à payer pour le droit d’acquisition.
Ces 400 shekalim sont le prix des souffrances de l’exil pour Abraham : on lui a pris Sarah. C’est avec cela qu’il paye le droit en Erets Israël.



