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Balak – 1994

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Texte

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Début de Parashah de Balak

Rappel du contexte historique : il s’agit de la tentative faite par Moav – c’est un des peuples rivaux d’Israël surtout dans cette période de sortie d’Egypte. Moav comme Amon sont deux peuples issus de Lot, parent d’Abraham. Il y a eu une rivalité qui a duré extrêmement longtemps – rivalité qui n’est d’ailleurs pas complétement résorbée, mais je ne prendrais pas trop de temps pour diagnostiquer le profil d’identité propre à Ammon et Moav de notre temps. Simplement, je vous rappelle que l’on est familier à la rivalité de 2 lignées de la famille d’Abraham qui se sont instaurées comme concurrentes d’Israël, de 2 manières différentes : Ishmaël d’un côté et Essav de l’autre.

Mais il y en a d’autres. En particuliers les descendants de cette branche de la famille d’Abraham après la séparation de Lot qui a fondé les deux peuples de Moav et Ammon et qui se sont installés grosso modo dans la région de l’autre côté du Jourdain. C’est la Jordanie actuelle. La capitale de la Jordanie actuelle s’appelle Rabat Amon qui signifie en hébreu « la capitale de Amon ». Les Arabes en ont fait « Aman ».

Au moment de la sortie d’Egypte, il y a eu une confrontation entre Israël qui sort d’Egypte et toutes ces lignées de la famille d’Abraham qui étaient installées – la principale étant Essav la lignée de Edom – frére jumeau de Yaaqov à l’origine – il y a un refus de toutes ces peuplades (qui ont été des civilisations entières, des traditions entières) de laisser passer Israël à travers les portions de territoires du pays de Canaan qui étaient occupé par ces peuples, pour traverser le Jourdain et rentrer dans le pays propre à Israël pour ce temps-là.

En particulier, la Torah nous raconte une tentative dont le caractère est très paradoxale pour la mentalité moderne. Une tentative de lutte contre Israël à travers une stratégie qui parait de l’ordre de la conscience magique pour la culture contemporaine :

Le roi de Moav qui était à l’époque Balak provenait d’une dynastie d’un autre peuple qui avait usurpé la royauté de Moav – c’est pourquoi le verset nous dit que Balak était roi de Moav « en ce temps-là »

22:4

וּבָלָק בֶּן-צִפּוֹר מֶלֶךְ לְמוֹאָב, בָּעֵת הַהִוא

 uValak ben-Tsipor melekh le-Moav ba’et hahi.

Or, Balak, fils de Cippor, régnait sur Moab, à cette époque

Le commentaire explique qu’en ce temps-là il était roi de Moav parce qu’il n’était pas le roi légitime de Moav.

Il fait appel à un personnage important dans le récit de la Torah qui est Bilaam.

Il est connu comme étant le prophète des nations.

Il faut donc comprendre ce que signifie cette expression « prophète des nations ».

Je commencerais par cette remarque-là.

On est habitué à l’idée que la prophétie concerne Israël surtout dans le récit biblique. Alors parler d’un prophète qui n’est pas d’Israël dans le récit de la prophétie biblique peut paraître paradoxal.

J’essaierai d’éclairer ce point, mais quoiqu’il en soit ce roi de Moav Balak fait appel à Bilaam dans une tentative pouvant paraitre paradoxal à notre mentalité culturelle : pour maudire Israël.

On prend acte de l’impossibilité de vaincre Israël par la force, alors on tente par une autre stratégie. 

Prophète des nations:

Névié Oumot Haolam

Il y a une autre expression qui est « prophète de mensonges » qui parait encore beaucp plus frappant avec une sorte de contradictions dans le termes : Nevié Sheker.

Il faut savoir que la Névouah est une capacité humaine à l’échelle universelle qui a été perdue avec le temps mais qui est restée en Israël un certain temps supplémentaire pour ensuite être perdue partout. On a oublié que la prophétie a existé parce qu’on a oublié qu’elle s’était arrêtée. Les modernes ne comprennent plus ce que signifie la prophétie. Il y a une sorte de concensus de vocabulaire que cela voudrait dire que c’est la parole de Dieu communiquée à certains hommes que sont les prophétes. Cela ne veut pas dire que l’on comprend ce que veut dire que Dieu parle et comment Il parle… et de quoi il s’agit. Pour les modernes, prophétie c’est synonyme d’autre chose. Les penseurs, mêmes juifs d’ailleurs, sont trés gênés d’admettre la prophétie dans ce sens réel de révélation de la parole de Dieu du dehors de la conscience humaine. Et ils ramènent cela à quelque chose de tout autre mais qui y ressemble et qui s’appellerait l’inspiration.

On arrive pas à avoir le courage d’admettre qu’on ne sait pas ce que cela veut dire et on fait semblant que cela veut dire autre chose. On pense alors à la prophétie comme quelque chose de l’ordre de l’inspiration. Il y aurait l’inspiration artistique ou poétique et il y aurait l’inspiration prophétique. Et en réalité, il ne s’agirait pas d’autre chose. En particulier aussi le fait que les prophètes aient un style prophétique très grand en tant que style prophétique handicape et fait prendre la prophétie pour de la poésie pieuse, alors que cela n’a rien à voir.

Nous vivons dans la modernité par rapport au temps de la Bible, qui dure depuis longtemps. En particulier une date importante à retenir pour ce problème : la destruction du 1er temple.

A partir de la la destruction du 1er temple, la révélation prophétique s’est arrêtée. Cela fait 2600 ans. Lorsque les modernes réfléchissent à ce problème de la prophétie nommée Névouah en hébreu (cf. le verset redondant dans le texte: « Et Dieu parla à Moïse, Isaïe, Ezéchiel  en disant… »), ils font semblant qu’il s’agit d’une expérience que les modernes eux connaissent comme une expérience d’inspiration : on dit de quelqu’un qui sait parler ou écrire qu’il a de l’inspiration. Mais il est bien évident qu’il s’agit d’autre chose si on prend au sérieux ce que dit le texte. 

Il y a un obstacle à prendre au sérieux ce que dit le texte parce qu’on est démuni de tout moyen d’en avoir l’expérience.

Dans le texte de la Bible ces phrases-là « Vaydaber Hashem el Mosheh lémor… », mais surtout il y a une phrase que le Midrash met en évidence, c’est la prophétie à Ezéchiel :

וַיְהִי דְבַר-יְהוָה, אֵלַי לֵאמֹר

« Vayhi Debar Hashem Elaï Lémor :

et la parole de Dieu fut à moi en disant… »

De deux choses l’une : soit c’est un mensonge, soit c’est sérieux. Il est important de comprendre que les modernes ne comprennent pas ce que c’est que la prophétie. Pour ceux qui comprennent, et c’est rare, c’est incommunicable. Il y a une sorte d’adhésion de consensus par la foi que ceux qui savent disent que c’est Dieu qui a parlé à Moïse à Ezéchiel à Isaïe, mais les modernes ne comprennent pas…

Je crois que l’evénement à avoir en mémoire est celui-là : la prophétie s’est arrêtée et comme on a oublié qu’elle s’est arrêtée on a oublié qu’elle a existé.

D’ailleurs le texte de la Bible lui-même nous prévient que la prophétie va s’arrêter. C’est un verset dans Malakhi qui est le dernier des prophètes et qui annonce que le prophète Elie à la fin des temps, renouvellera l’expérience de la prophétie.

Prophètes de mensonge – prophétes des nations.

Cette 1ère expression étant plus difficile à comprendre pour un moderne que la seconde. S’il s’agit d’un phénomène qui s’attache à la nature humaine de manière normale, il n’y a aucune raison qu’il n’y ait pas eu des prophètes chez les nations au temps où il y a eu la prophétie. Mais l’expression plus difficile à comprendre est cette expression « Nevié Sheker prophètes de mensonge ».

3 indications que donne Judah Halévi dans le Kouzari.

Il nous explique d’abord la hiérarchie des niveaux d’être dans l’existence.

Il y a 5 niveaux d’être :

ð  Domem – l’être inerte  – « le silencieux » – qui devrait pouvoir parler mais qui ne parle pas – l’être inerte, le minéral. Les poétes diront qu’ils entendent la voix des roc hers. Ça c’est de la poésie. Mais cela ne veut pas dire que cela n’était pas possible au temps de la prophétie. Si vous lisez attentivement les textes qui concernent le roi Salomon vous verrez que le roi Salomon savait toutes les voix de la nature, même les voix du « Domem » du silencieux.

ð  Tsoméa’h – le végétal – moins perceptible mais déjà un murmure à ce niveau-là qui n’est pas vent dans les roseaux mais el murmure végétal : l’expression en hébreu « sia’h » et le buisson se dit sou’ah. Sia’h c’est le murmure de la conversation. C’est la même racine. 

ð  ‘Hai – le vivant au niveau biologique – ‘Hayim- les animaux… C’est le cri. Il y a déjà le bruit qui apparait.

ð  ‘Hai Hamédaber – le vivant parlant qui est l’homme

ð  Navi – le vivant parlant en vérité

De chacun des niveaux de l’être procède un niveau supérieur jusqu’à l’homme, et de l’homme procède le Navi. En réalité, l’objectif de la création à tous les niveaux d’être, c’est « le vivant parlant en vérité », qui s’appelle en hébreu le Navi. La racine du mot hébreu Navi signifie parler vraiment.

Une expression d’un des versets d’Isaie (57:19) montre qu’il s’agit de la même racine : le Navi c’est celui qui sait parler vraiment – בּוֹרֵא, נוב (נִיב) שְׂפָתָיִם; שָׁלוֹם שָׁלוֹם לָרָחוֹק וְלַקָּרוֹב, אָמַר יְהוָה–וּרְפָאתִיו

Boré nib séfatayimshalom, shalom larah’ok wélak-karob, amar Adonaï ourfatiw – 

celui qui crée le murmure des lêvres – paix paix pour le lointain et pour le proche dit Hashem et Je le guérirais. 

Un mot se rattache à cette racine c’est la Tévouah – la récolte : la moisson qui procéde de la terre. La Névouah : la parole qui procéde du vivant.

C’est un exemple important qui enseigne que la catégorisation en hébreu est différente des autres langues, dont le français.

Au 1er niveau, il y a une capacité de la nature humaine autenthique depuis l’origine : l’homme dans sa nature est capable de la prophétie. L’homme qui n’est pas prophète est celui qui a perdu cette capacité, qui ne l’a pas parce qu’il n’en est pas capable. Donc il l’a perdu. De la même manière que l’animal est un être vivant qui ne parle pas. Mais la preuve qu’il devrait pouvoir parler n’est pas tellement le fait qu’il ait une bouche mais qu’il puisse crier. Donc il pouvait parler. Les oiseaux savent, plus que crier, chanter.

Rav Kouk à propos de l’ânesse de Bilaam : tous se demandent ce que c’est qu’une ânesse qui parle ? le véritable problème n’est pas l’animal qui parle mais les animaux qui ne parlent pas !

On voit que la familiarité masque la véritable position des problèmes.

Effectivement le texte est très clair : le miracle c’est que Dieu a ouvert la bouche de l’ânesse de Bilaam et elle a parlé. C’est un animal qui a parlé.

Il y a toute une histoire des degrés des états de l’arrêt de la prophétie :

La génération de la sortie d’Egypte au moment de la révélation du Sinaï où Israël a reçu la Torah, la prophétie s’est arrêté chez les nations. L’arrêt de la prophétie qui n’a pas été un arrêt bruque mais un phénomène de rémanence qui continue un peu en s’atténuant jusqu’à disparaître et devenir autre chose. Il y a un temps de transition. Ce qui chez les nations a succédé au temps de la sortie d’Egypte ce sont les oracles qui font références à des mythes. Toutes les mythologies datent de ce temps-là. Lorsque la capacité de prophétie des nations elles-mêmes s’est transformée en quelque chose d’inférieur. Il y a eu des traditions qui ont gardé une connaissance plus vivace de leur mythes anciens, surtout dans l’orient, l’extrême-orient et chez les Africains. Alors qu’en Occident c’est rapidement devenu hermétique. C’est pourquoi à la fin de l’arrêt de la prophétie, il y a eu en Occident la pensée philosophique alors qu’en Orient il y a la mystique. Ce sont deux dégagements de ce même événement de différentes natures.

Ce que je vous dis là est très schématique et finalement la date importante pour ce problème c’est la destruction du Temple.

J’ajoute deux indications du Kouzari :

Le phénomène de la prophétie est définitivement arrêté pour deux raisons :

ð  la dispersion d’Israël qui a brisé l’unité de la nation d’Israël

ð  la prophétie d’Israël ne concerne et n’est possible qu’en Erets Israël.

Le fait qu’Israël soit détruit comme nation et vive en dehors de sa terre a mis fin à la prophétie. Si vous relisez l’histoire de la culture universelle, de toutes les traditions, il y a pleins de repères qui sont indéniables comme faits d’histoires : l’exemple de la pensée philosophique qui apparait en Grèce au temps où la prophétie s’arrête en Israël. Et avant la pensée philosophique, il y a la le temps des sages, les mythologues de la Grèce. Lorsque les Grecs eux-mêmes n’ont plus compris leur mythes alors est née la pensée de méthode philosophique. On peut étudier cela chez Socrate qui en est la charnière. Platon est surtout du temps mythologique qui finit à partir d’Aristote : les Grecs ne comprennent plus leurs mythes et commencent à réfléchir philosophiquement, c’est-à-dire secondarisés sur des contenus de pensées qui était la pensée antérieure devenue hermétique. Ce n’est que les modernes très récemment qui ont reconnu que dans les mythes des nations il y a avait une sagesse, sagesse impure mais sagesse tout de même.

Exemple : après le temps des grandes dramaturges grecs qui ont fourni les thémes du théatre occidental, que ce soit la tragédie ou le drame, ce sont des thémes qui frappent la conscience de la culture universelle, au point que les amateurs de théatre ne se lassent jamais d’assister à la même pièce plusieurs dizaines de fois dans leur vie. De même pour les mélomanes pour les symphonies…etc.

Ce sont des thémes qui frappent l’âme humaine. Or, ce sont des thémes de la mythologies. Prenez tous les thémes classiques et vous verrez que cela descend de la mythologie grecque.

Cette remarque nous montre à quel point il y a une sagesse perdue qui frappe l’inconscient ou le conscient de l’âme moderne.   

Ce sont surtout les éthnologues structuralistes qui ont redécouvert quantité de sociétés se répétant leurs mythes anciens, en les comprenant sans les comprendre, et certains philosophes modernes comme Lévi-Strauss  ont mis en évidence ce fait que derrière le mythe se cache une sagesse et qu’il a fallu attendre le temps contemporain après des siècles et des siècles depuis l’arrêt de cette révélation prophétique pour arriver à se rendre compte que derrière les mythes se cache une sagesse.

Paul Ricoeur disait : le mythe donne à penser.

C’est l’oeuvre de Freud qui est à la source de cette redécouverte de la sagesse qui se cache derrière le mythe. Il  a remis cela en évidence par la méthode de l’analyse en partant des rêves.

Cf. Le théme de l’Oedipe. Théme incompréhensible mais qui frappait l’imagination. Et on s’aperçoit qu’il y avait une sagesse se cachant derrière. C’est un théme de l’âme grecque qui ne marche pas pour l’âme juive. Une famille où cela joue c’est le signe que c’est une famille assimilée.

C’est un fils qui tue son père. Alors que le théme correspondant dans la Torah est inverse : un père qui ne tue pas son fils. L’expérience de la rivalité dans le sens inverse.

Enseignement du Talmud : un homme n’est jamais jaloux de son fils. Alors que pour la sagesse grecque c’est l’inverse : c’est le fils qui est jaloux de son père. 

(Ce rapprochement a été fait par le Docteur Choupak.)

Il y a eu chez les nations des prophètes. Puis la prophétie s’est arrêtée d’abord chez les nations. Ce qui a succédé fut les mythes et ensuite la pensée philosophique a réagi contre les mythes.

Expression « prophétes de mensonge » :

Il peut y avoir une capacité de prophétie qui va être utilisée pour le mensonge. Parce qu’il n’est pas évident que quelqu’un qui soit capable de la capacité de prophétie soit aussi moral. Cela vient du problème moral. Il y a d’autre part le fait que tout homme soit prophète ou pas, le fait que tout homme soit moral ou pas. Alors il y a une constante dans la prophétie hébraïque : pour le prophète de la Bible, la morale et la prophétie vont ensemble et s’identifient. Chez les nations c’est séparé. C’est une grande différence et qui est sans exception. La prophétie de ces prophètes ne concerne jamais la morale.  Les prophètes des nations prophétisent sur la destinée, le karma dans la tradition indienne. Les prophètes d’Israël prophétisent sur la conscience morale. C’est une différence de nature.

C’est d’autant plus visible dans le conflit que nous avons avec le christianisme. Les grands théologiens chrétiens sans exception, séparent la morale de la religion. On n’est pas sauvé par la vertu morale. C’est sauvé par la foi, par la grâce… etc., mais on n’est pas sauvé par la vertu morale.

Le grand conflit entre les protestants et les catholiques se raccroche là.

Cf. la querelle entre Pascal et Port-Royal 

Retour au sujet :

Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait un prophète des nations. Il y a le cas particulier de Bilaam. Chaque nation avait son prophète, capable de parler du sens prophétique de l’histoire de leur peuple. Mais Bilaam est le prophète des nations en général.

C’est un phénoméne important à mettre en évidence : à chaque fin d’exil d’Israël apparait une instance politique de prétention universelle. A la sortie d’Egypte, la dynastie des Pharaons était l’instance politique de prétention universelle. C’est la définition de l’empire dans sa prétention à l’universel.

A la fin du 2èmeexil c’était l’empire perse de Cyrus qui était l’empire de prétention universel. Il a fallu dans les 2 cas de Pharaon et de Cyrus attendre le feu vert de l’autorité pollitique de prétention universelle de ce temps pour que la sortie d’Egypte soit possible. C’est impossible sans le feu vert de Pharaon ou de Cyrus. De notre temps, un phéhonméne analogue c’est produit : le sionisme a été reconnu comme légitime par la SdN la Société Des Nations. Or, ce fut la 1ère fois après 2000 ans,  qu’une instance internationale de prétention de souveraineté politique universelle apparait.

Comme si en termes bibliques, la SdN n’avait existé que pour enregistrer la déclaration Balfour.

Il ne restera dans l’histoire que les échecs de la SdN et une seule réussite : la déclaration Balfour.

Au moment exceptionnel de la fin d’exil pour Israël apparait une instance politique universelle de l’ordre de la prophétie. C’était Bilaam au temps de la sortie d’Egypte. Quel est son objectif ? Empêcher la sortie d’Egypte ! Et c’est malgré lui qu’il va bénir au lieu de maudire.

2ème thème d’étude :

Devarim 23:4

Quelle est cette statégie de lutte à travers la malédiction ?

Or, la seule analogie que j’ai trouvé  c’est le secrétaire général de l’ONU, qui est le porte parole de la souveraineté politique de prétention universelle. A chaque fois on se heurte à ce problème.

Malédiction : souhaiter le mal à quelqu’un. Il y a une réticence de la conscience moderne par rapport au caractère apparemment magique de cette conduite. Est-ce vraiment efficace, cela va-t’il vraiment entraîner du mal ?

Je vais dépasser cette 1ère définition de souhaiter le mal à quelqu’un pour arriver à une étymologie plus précise : dire le mal de quelqu’un.

Dans la culture contemporaine, « dire le mal de » est une stratégie très efficace  depuis qu’on a découvert les stratégies de la propagande.

Cf. la propagande nazie contre les Juifs de diaspora. Nombres de Goyims de bonne foi ont été trompé par la propagande de l’église dans l’antisémitisme chrétien et aussi par la propagande nazie qui a réussi à démoniser le Juif. Dire le mal de – souhaiter le mal de – faire venir le mal de – et le mal est arrivé…

Cela joue également contre Israël aprés avoir joué contre les Juifs. Israël victime est constamment montré comme l’agresseur. Israël est devenu le Juif des Nations.

Bénir : « dire le bien de» – « souhaiter le bien de ».

Maudire : « dire le mal de ».

La propagande avait finalement réussi à transformer le bien en mal. D’ailleurs cette attitude de la mauvaise foi qui est dans la propagande c’est une névrose qui se nourrit de n’importe quel indication ou indice, et chaque argument pouvant être mis en avant est intégré et utilisé par la propagande. 

Vous comprenez pourquoi les rabbins ont toujours enseigné que le plus grand mal, le plus grand Yetser Hara, c’est la calomnie ? 

Je met en évidence la différence entre la médisance et la calomnie.

Il y a plusieurs termes hébreux.

Calomnier c’est dire de manière fausse de quelqu’un un mal qu’il n’a pas fait.  

Médire c’est de dire de quelque’un le mal qu’il a fait. C’est « dire le mal de ».

Un enseignement de Jacob Gordin qui avait cité un Midrahs sur ce sujet : dans le mot de Malshinout qui signifie la médisance il y a le mot de Lashon et le mot de Mavet. « La langue qui tue ». Alors le Talmud dit que la langue tue 3 personnes : celui qui parle, celui dont on parle, et celui à qui il parle.

Et effectivement, c’est tout ce phénomène, cette opération. Et il suffit de voir l’histoire juive et d’étudier l’histoire contemporaine pour voir à quel point c’est efficace. Cette stratégie de Balak demandant à Bilaam de maudire Israël est à rependre au sérieux. Cela aurait pu réussir et en fin de compte cela a réussi d’une certaine manière.

Devarim 23:4

Nous avons-là une disposition de la Torah qui interdit aux descendants de Moav et aux descendants de Amon – vous voyez on les retrouve 

la Halakha de la conversion des hommes et non des femmes.

C’est une Halakha qui avait force de loi tant qu’on savait diagnostiquer qui était de Moav et qui est de Amon vraiment. Mais depuis le temps de Sachénariv et  Nabuchodonosor toutes les nations se sont mélangés. Il faut donc être trés prudent lorqu’on diagnostique qui est quoi. Il y a très peu de lignées humaines qui savent encore d’où elle vienne. Mais cela existe.

En France, il y a énormément de cosmopolites  de citoyenneté française, mais il y a quand même des citoyens français. Et en Allemagne des Allemands, …etc. C’est rare mais cela existe

Pour savoir comment les diagnostiquer c’est au Jugement dernier : Dieu seul qui reconnaîtra les siens. Lorsque quelqu’un se déclare Amoni cela ne suffit plus pour le déclarer inconvertible.

***

Devarim chapitre 23 verset 4

23:4

לֹא-יָבֹא עַמּוֹנִי וּמוֹאָבִי, בִּקְהַל יְהוָה:  גַּם דּוֹר עֲשִׂירִי, לֹא-יָבֹא לָהֶם בִּקְהַל יְהוָה עַד-עוֹלָם

Lo-yavo Amoni uMoavi bikehal Adonay

Un Ammonite ni un Moabite ne seront admis dans l’assemblée du Seigneur;

gam dor asiri

Jusqu’à la 10ème génération

(lo-yavo lahem bikehal Adonay ad-olam.

ils seront exclus de l’assemblée du Seigneur, à perpétuité)

23:5

עַל-דְּבַר אֲשֶׁר לֹא-קִדְּמוּ אֶתְכֶם, בַּלֶּחֶם וּבַמַּיִם, בַּדֶּרֶךְ, בְּצֵאתְכֶם מִמִּצְרָיִם; וַאֲשֶׁר שָׂכַר עָלֶיךָ אֶת-בִּלְעָם בֶּן-בְּעוֹר, מִפְּתוֹר אֲרַם נַהֲרַיִם–לְקַלְלֶךָּ

Al-devar asher lo-kidmu etchem balechem uvamayim baderech betsetchem miMitsrayim

À cause du fait qu’ils ne sont pas allés à votre rencontre (avec du pain det de l’eau) sur le chemin  quand vous êtes sortis d’Egypte

va’asher sachar aleycha et-Bil’am ben-Be’or

à cause de ce qu’il a engagé contre toi Bilaam fils de Beor

miPtor Aram Naharayim lekaleleka

de Petor Aram naharyim pour te maudire

23 :6

וְלֹא-אָבָה יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, לִשְׁמֹעַ אֶל-בִּלְעָם, וַיַּהֲפֹךְ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לְּךָ אֶת-הַקְּלָלָה, לִבְרָכָה:  כִּי אֲהֵבְךָ, יְהוָה אֱלֹהֶיךָ

Velo-avah Adonay Eloheycha lishmoa el-Bil’am

vayahafoch Adonay Eloheycha lecha et-hakelalah livrachah

ki ahevcha Adonay Eloheycha.

Et Hashem ton Dieu n’a pas accepté d’écouter Bilaam

Et Hashem ton Dieu a inversé pour toi la malédiction en bénédiction

Car Hashem ton Dieu t’aime

Il y a ici un enseignement important concernant tout ce problème dont je vous ai parlé de la médisance, de la calomnie, de la propagande… : Il n’y a que l’amour qui est capable d’inverser le mal en bien. Si quelqu’un entend dire du mal de quelqu’un qu’il aime, il va tout de suite réintégrer de quoi il s’agit vraiment.

On met en évidence à travers ce thème que joue pour Israël une force qui explique un peu le « mystère »  de sa permanence à travers l’histoire. Il y a en Israël la force d’inversion des contraires qui joue à tous les niveaux d’existence. A travers le temps à travers l’espace et à travers l’identité de la personne humaine. C’est un cas particulier dans l’histoire des sociétés. On peut étudier toute l’histoire d’Israël pour comprendre ce phénomène-là de la permanence d’Israël à travers les civilisations – Netsa’h Israël – à travers cette catégorie. 

C’est parce que il y a en Israël cette capacité d’inverser les contraires. Ce qui était du passé devient du futur. C’est l’exemple que l’on rencontre le plus souvent : la capacité de la Teshouvah c’est le fait que ce qui était du passé devienne du futur. En grammaire grecque, le passé c’est du passé révolu. Le futur c’est du futur non accompli et il y a le présent. Dans la grammaire hébraïque il n’y a pas de présent. Il y a un passé qui peut devenir du futur et du futur qui devient du passé.

On ne peut pas dire en hébreu « je suis » comme on le dit dans une langue comme le français avec le verbe être au présent.

Par exemple, en français le verbe être sert d’auxiliaire et il n’y a pas de correspondant en hébreu.

« Je suis assis ». Mais on ne peut pas dire vraiment je suis assis parce que je suis un homme !

C’est une catégorisation de la réalité qui n’a rien à voir.

En hébreu il n’y a pas de présent : seul Dieu peut dire Je suis.

D’ailleurs lorsque Moïse lui demande sous quelle nom Il va parler de Lui, Dieu lui répond « Je serais ce que je serais » c’est un futur que les traducteurs rendent par un présent, 2Je suis qui Je suis », ce qui ne veux rien dire. 

Un autre exemple en hébreu pour que vous compreniez que les catégories d’une langues gréco-latines comme le français n’ont rien à voir avec l’hébreu. Exemple : En français on dit « j’ai ». En hébreu on dit « Yesh Li » « il y a pour moi ». C’est une conception morale radicalement différente. 

J’ai = j epossède, cela m’appartient… tout de suite une mentalité d’impérialiste. En hébreu on dit, il y a pour moi ce qui est tout à fait autre chose.

On utilise en hébreu le participe présent : « je suis en train de… »

Le Mem du participe présent c’est la transformation du passé en futur et pendant ce temps-là le futur se transforme en passé. « Etre en train de… ». On ne retrouve cette forme qu’en anglais dans la forme progressive. J’en ai beaucoup cherché la raison, et voilà ce que j’ai trouvé : L’anglais en tant que langue littéraire s’est constitué à partir des traductions de la Bible. Raison pour laquelle d’une façon générale est par conséquent la langue la plus approriée pour traduire la Bible. Lorsque l’on traduit un texte hébreu de la Bible en anglais, cela garde son sens. Dès qu’on le traduit en français c’est trés difficile. Il faut le traduire en français poétique pour que cela suggère une des harmonique du sens hébreu. Tandis qu’en anglais cela passe.

Je me suis renseigné et on m’a expliqué finalement que cela vient de ce que l’anglais classique est une langue qui s’est formée à propos des traductions de la Bible.

Il y a par ailleurs des liens entre l’Angleterre et Israël qui sont extrêmement mystèrieux : on a reçu de la main des Anglais Erets Israël. Ce sont les Anglais qui ont les premiers diffusé la Bible à un tel niveau. La diffusion anglo-saxonne de la Bible est quelque chose de fondamentale. Un auteur contemporain nommé Milosz auteur d’origine lithuanienne qui avait dit très sérieusement : deux peuples auraient des prétentions sérieuses à se réclamer d’origine hébraïque : ce serait les Basques et les Anglais. (les Angles plutôt que les Saxons). En anglais on dit « British » « homme de l’alliance ». Il avait beaucoup d’analogie de ce genre. Il appellent les basques des Ibères – mot proche de Ivri. Il a d’autres arguments je dois dire.

En tout cas c’était le verset que je voulais mettre en évidence :

וַיַּהֲפֹךְ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ לְּךָ אֶת-הַקְּלָלָה, לִבְרָכָה

vayahafokh Adonay Eloheykha lekha et-hakelalah livrakhah

Et Hashem ton Dieu a inversé pour toi la malédiction en bénédiction

Je résume : on a réfléchit sur 2 notions :

ð  la signification du « prophète des nations »

ð  la signification de cette stratégie de la malédiction.

***

Parashat Balak

22:2

וַיַּרְא בָּלָק, בֶּן-צִפּוֹר, אֵת כָּל-אֲשֶׁר-עָשָׂה יִשְׂרָאֵל, לָאֱמֹרִי

Vayar Balak ben-Tsipor et kol-asher-asah Yisra’el la-Emori

Et Balak Ben Tsipor vit tout ce que avait fait Israël à l’Amoréen

Dans les textes précédents, Israël a dépossédé les Amoréens – Emorim en hébreu – des possessions que les Amoréens avaient pris à Moav. C’est de cela que Moav va prendre conscience.

22 :3

וַיָּגָר מוֹאָב מִפְּנֵי הָעָם, מְאֹד–כִּי רַב-הוּא; וַיָּקָץ מוֹאָב, מִפְּנֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל

Vayagor Moav mipeney ha’am me’od

 ki rav-hu vayakots Moav mipeney beney Yisra’el.

Et Moav prit peur panique à cause du peuple beaucoup

Car il était nombreux et Moav fut decouragé à cause des enfants d’Israël.

Le raisonnement est le suivant : si les enfants d’Israël sont victorieux des Emorim victorieux de Moav alors à plus forte raison seront-ils victorieux de Moav.

Vous lirez vous-mêmes la suite du verset.

On va s’appuyer sur ce verset pour commencer l’étude de ce texte :

וַיָּגָר מוֹאָב מִפְּנֵי הָעָם,

Vayagor Moav mipeney ha’am –

 et Moav fut dans le crainte devant le peuple.

Cela sera expliqué en mentionnant un de leur enseignements (à ‘Hazal) où il est écrit :  « Yotser Or ouBoré Râ » Isaie (45 :7 יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ, עֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא רָע) « Il forme la lumière et créé le mal » que l’on lit dans la prière (non pas qui forme la lumiére et qui créé le mal mais) « ouboré hakol et qui créé tout ».

En s’appuyant sur ce que dit la tradition sur ce verset, on expliquera la raison pour laquelle Moav a eu peur d’Israël.

La Mishnah (Brakhot page 11) dit : cela veut dire que l’expression « qui créé tout » est supérieure à l’expression « qui créé le mal ». Mais le prophète a dit « qui créé le mal ».

J’explique rapidement mais c’est un sujet à expliquer en détail pendant des heures.

Pourquoi le prophète dit-il de Dieu qu’Il est celui « qui créé le mal » ? Il créé le monde !

D’après l’enseignement d’un très grand Kabaliste contemporain qui a été mis en forme par le Rav Ashlag : le fait de créer une créature, c’est le fait de créer et c’est cela qui définit la créature qui se définit par le fait qu’elle reçoit l’être. Mais recevoir l’être avant de l’avoir mérité c’est cela être en situation de mal. Donner l’être c’est le bien, recevoir l’être c’est le mal. Par conséquent nous sommes condamner d’une cette manière à avoir un Yetser Hara, un instinct du mal : ce qui est de recevoir sans l’avoir mériter. C’est la définition de base du judaïsme. Dieu nous créé et nous sommes donc des capacités de réception. Mais tant que nous sommes que ça nous sommes en mal. Le mal d’être c’est d’avoir été créé. Parce que nous ressentons que le bien c’est de donner mais nous n’existons que parce que nous recevons. C’est le drame de la créature humaine. Par conséquent, il faut recevoir d’une certaines manière pour pouvoir mériter d’avoir reçu : et c’est recevoir en vue de donner.

Si je reçois en vue de donner alors j’ai le droit de recevoir. Tant que je reçois pour recevoir alors j’ai honte de recevoir. Mais si je reçois en vue de donner, alors je suis libéré de cette honte et au contraire je reçois avec joie. C’est le problème de l’égoïsme et de l’altruïsme. Tout problème moral tourne autour du conflit entre l’altruïsme et l’égoïsme. Alors les philosophes ne s’en sortent pas. L’altruïsme est le bien et l’égoïsme est le mal. On va alors glorifier l’altruïsme et condamner l’égoïsme. Mais on passe sous silence le fait qu’on n’existe pas si on n’est pas égoïste. L’égoïsme c’est moi d’abord. L’altruïsme c’est l’autre d’abord. Mais si moi je n’existe pas comment pouvoir être pour l’autre. Cf. la Mishnah Avot 1:13 (1:14):

א,יג  [יד] הוא היה אומר, אם אין אני לי, מי לי; וכשאני לעצמי, מה אני; ואם לא עכשיו, אימתיי

Im ein ani li, mi li ? Ouchesheani le-atsmi mah ani ?

Et par conséquent, la seule attitude qui purifie cet instinct de recevoir qu’on appelle le Yetser Hara, c’est de recevoir en vue de donner. Et alors cela définit l’option juive dans l’existence : recevoir le plus possible en vue de donner le plus possible. L’échec c’est de s’arrêter au milieu, l’échec c’est de recevoir le plus possible, point. L’échec de l’identité juive. Très souvent les Juifs sont calomniés parce qu’on ne perçoit que cet aspect-là : recevoir. On ne s’aperçoit pas que c’est de recevoir en vue de donner le plus possible sas se rendre compte qu’il s’agit de recevoir en vue de donner.

C’est la seule équation qui résoud le problème de l’identite humaine, parce que :

ð  Recevoir pour recevoir, c’est le Rashâ, c’est le mal

ð  Donner pour donner c’est l’idéaliste insensé qui fait comme s’il ne reçoit jamais. C’est ”l’art pour l’art” au niveau de l’existence. Cela mène à la folie. Des gens qui font comme s’ils ne font que donner et qui se cache pour recevoir et profiter de la vie parce que leur témoignage était celui de l’idéal pour l’idéal. L’attitude de l’ascète faisant semblant qu’il n’est là que pour donner sans rien recevoir. Il se mortifie mais ce n’est pas l’objet du Créateur de créer des ascètes. C’est le raté de la ’Hassidout qui consiste à être un « ‘Hassid ascétique », l’ascétisme n’est pas la ’Hassidout originel du Baal Shem Tov.

C’est une étude qui mériterait l’étude sur texte.

Je vous signale que les livres du Rav Ashlag peuvent être étudié seul à conditions d’avoir un maître.

C’est le Ratson lekabel et le Ratson lehashpiah

ð  Lekabel al menat lekabel

ð  Lehashpiah al menat lehashpiah

ð  Lehashpiah al menat lekabel

ð  Lekabel al menat lehashpiah – ce qui s’appelle la ’Hokhmah dans la Kaballah.

Ce qui nous explique un enseignement du Talmud qui est très peu compris : le Talmud enseigne que l’enfant jusqu’à la Bar Mitsvah n’a que le Yestser Hara. C’est pourquoi il n’est pas soumis aux Mitsvot. A partir de la Bar Mitsvah il a le Yetser HaTov. C’est pourquoi il est soumis aux Mitsvot.

Cea veut dire que jusqu’à la Bar Mitvah il n’a que l’identité qui consiste à recevoir. Il n’a aucune culpabilité de recevoir. L’erreur des parents éducateurs qui empêchent les enfants de recevoir en leur donnant des remords de recevoir est le pire des crimes infligés à ses propres enfants. Tant qu’un enfant est un enfant il faut l’aider à être enfant. Cela veut dire constituer ses véhicules de réception comme on dit en hébreu (Kelim). Parce que toute sa vie il ne remplira que les Kélim de Kaballah qu’il a préparé enfant. Il y a des hommes et des femmes qui toute leur vie court après une rêve d’enfance qu’ils n’ont pas eu. On n’est capable de recevoir d’être que ce qu’on capable de recevoir ni plus ni moins. Et alors c’est jusqu’à la Bar Mitsvah que l’on prépare cet appétit d’être. Si les parents les éducateurs contrarient cet appétit d’être c’est le plus grand crime possible.

Pendant ce temps-là l’enfant n’est pas Bar Mitvah mais Bar ’Hinoukh, c’est à dire qu’il faut le préparer à devenir l’être moral qu’il sera à partir du moment de la Bar Mitsvah. Il faut donc lui donner une éducation qui est dirigée vers le scrupule de l’obligation morale. Mais jusqu’à la Bar Mitsvah il n’a aucune obligation en tant que telle, c’est le père qui a obligation pour le fils. Et le père a obligaiton d’initier le fils à être soumis à obligation. C’est une période de l’enfance qu’il faut protéger jusqu’à la Bar Mitsvah.

Le Yetsr Tov entre à ce moment dans l’âme de l’enfant car la Bar Mitsvah est l’âge de la puberté et c’est  quand l’enfant est capable à son tour de donner la vie qu’il est soumis à obligation du donner.

Mais jusque-là il n’existe que pour recevoir. Il faut donc donner aux enfants, non pas les gaver, mais surtout les déculpabiliser de cette culpabilité de l’enfant que recevoir c’est mal. L‘enfant a le droit d’être heureux de recevoir sans complexe, sans remords, sans scrupule.

C’est ce que le Rav Ashlag a remis en évidence sur l’enseignement du Talmud.  

***

« Boré et hakol »  Pourquoi le verset dit « Boré Râ » ?

et les commentateurs ont écrit : «  il y a des réalités dans le monde qui par elle-mêmes ne sont pas bonnes (par exemple le sel, le piment ou les épices), qui par eux-mêmes ne sont pas désignés à être des aliments, mais quand tu les mélanges et que tu épices avec eux, ils adoucissent et donnent du goût à la nourriture. Plus que cela, on ne peut manger sans sel, sans piment…

C’est pourquoi le verset porte le mot de Râ « qui créé le mal », et nous lisons le tout HaKol et c’est une meilleure expression. La créature dans son ensemble est bonne, parce que dans son ensemble même le mal s’adjoint et devient bon.

Cela veut dire : Si je vois tout ce qui existe dans l’ensemble, c’est de l’ensemble que le texte a dit « Et Dieu vit que c’était bon ». Si j’isole un des éléments qui tout seul est mauvais, alors tout seul il est mauvais.

Les pharmaciens comprennent cela : il a des substances qui dans l’ensemble sont bénéfiques mais qui seules sont maléfiques. C’est vrai à l’échelle métaphysique de la création toute entière mais le Rav va prendre l’exemple du peuple d’Israël. Souvenez-vous que je vous ai souvent cité Edouard Heriot qui disait du peuple juif : « Dans son ensemble c’est un peuple de géants. A l’échelle individuelle toutes les ‘Has veshalom sont possibles ». Cela m’a frappé parce qu’il parlait aussi des Allemands : « Pour l’Allemagne c’est l’inverse : à l’échelle individelle des grands hommes, en tant que collectivité ils sont capables de spires choses. »

Et cet exemple est valable aussi pour le peuple d’Israël : bien que parmi eux il y ait des méchant, de toute façon malgré tout dans leur ensemble tous ensemble ils sont bons. « Tout Israël a une part au monde futur ».

Quand Israël est tout ensemble en tant que chacun fait partie d’un Klal. Kol se relie à Klal.

D’aprés l’enseignement sur le verset du Cantique des Cantiques : « Mon bien-aimé est à moi et je suis à lui, c’est un berger de roses » De même que les roses il y a des épines parmi elles, de même Dieu dirige son monde avec les justes et les méchants (la rose et les épines). Et on a enseigné « tout jeûne où il n’y a pas parmi l’assemblée des fauteurs d’Israël, ce n’est pas un jeûne ».

Et d’où savons nous cela ? La référence est dans l’encens (onze ingrédients dont l’un d’entre eux pue). Les parfumeurs le savent. Certaines essences seules sont épouvantables. Le musc par exemple.

…/…

(2ème paragraphe)

Et par là on peut comprendre ce que Balak a dit à Bilaam  « va donc avec moi et maudis ce peuple »    

Retour au texte pour comprendre l’enseignement:  Balak 23:13

Contexte du verset : Lorsque Balak s’aperçoit que Bilaam au lieu de maudire, bénit en réalité (cf. Devarim 23 :6 sur l’inversion de la malédiction en bénédiction), il se plaint devant Bilaam qu’il l’appelle pour les maudire et qu’il les bénit.

Alors voilá ce que lui dit Balak :

Balak 23:13

וַיֹּאמֶר אֵלָיו בָּלָק, לְךָ-נָּא אִתִּי אֶל-מָקוֹם אַחֵר אֲשֶׁר תִּרְאֶנּוּ מִשָּׁם–אֶפֶס קָצֵהוּ תִרְאֶה, וְכֻלּוֹ לֹא תִרְאֶה; וְקָבְנוֹ-לִי, מִשָּׁם

Vayomer elav Balak lekh-na iti el-makom a’her

Il lui dit viens avec moi dans un autre endroit

asher tir’enu misham

où nous pourrons le voir de là-bas

efes katsehu tir’eh vekhulo lo tir’eh

tu verras une partie d’entre eux et tous ensemble tu ne verras pas

vekovno-li misham.

Et de là-bas tu pourras le maudire.

Cela veut dire que tant que Bilaam avait en face de lui l’ensemble du peuple il ne pouvait pas maudire, parce que dans l’ensemble du peuple c’était un peuple comme tout ensemble ou tout est en en bien. Mais Balak conseille de n’avoir en face qu’un partie d’entre eux pour pouvoir les maudire.

Vous voyez pourquoi l’idée d’unité nationale est si importante en Israël.

Dès qu’il y a une partie d’Israël tous les défauts apparaissent. Quelque soit la partie d’ailleurs. Quand Israël est tout entier ensemble, alors il est invincible.

On l’apprend de ce verset : si tu ne parles que d’une partie d’entre eux, tu peux dire les défauts. Et si tu les vois tous ensemble, tu ne peux pas, tu es obligé de reconnaître que c’est un peuple de géants.

Je pense que cela fait mieux comprendre ce que je disais tout à l’heure pour la création toute entiére.

De la même manière – c’est un enseignement d’un très grand Rishon LéTsion – le Rav Ouziel –  qui était le plus grand des Rishonim LéTsion des dernières générations en même temps que Rav Kook le père (Rav AvrahamYist’haq Kook) – qui a expliqué un verset des Psaumes sur une idée extrêmement parallèle. C’est un verset d’un Psaume qu’on lit les Shabat matin. 

Tehilim 19:10 

מִשְׁפְּטֵי-יְהוָה אֱמֶת; צָדְקוּ יַחְדָּו

Mishpetei Hashem Emet Tsadkou A’hdav

« Les jugements de Dieu sont vérité, ils sont justes tous ensemble »

 Si on prend une Mitsvah isolée, on ne la comprend pas, si on voit tout l’ensemble, alors on voit que c’est  Tsadkou A’hdav – c’est Tsedek dans l’ensemble.

J’utilise très souvent cet enseignement pour expliquer ceci : Nous avons un enseignement qui dit que chaque membre d’Israël a une fois dans sa vie au moins – il y a des privlégiés – l’expérience du Sinaï. C’est dire que dans l’étude il se révèle sur un point de l’étude particulier pour chacun la vérité absolue. Et il reprenait ce thème dans l’enseignement que à tout Israël il lui est réservé dans sa vie une expérience de comprendre, ne serait-ce que de façon furtive, que le monde a un sens. Lorsque je dis Israël c’est pour la Torah mais c’est vrai pour tout homme concernant le sens de la destinée humaine.

Inévitablement le jeu de la vie fait que l’on ne peut pas rencontrer cette expérience que Yesh il y a un sens. Et puis cela se cache. On ne sait pas l’expliquer mais on a eu une expérience de ce genre.

Dans l’histoire de la littérature l’exemple que l’on donne le plus souvent c’est la nuit de Pascal. Pascal un jour a eu une révélation : tout a un sens, je l’ai su sur un point.

Il y a un procédé du raisonnement qu’on appelle en logique le raisonnement par récurrence. Si j’ai la preuve sur un point, il y a un raisonnement d’induction par récurrence qui fait que alors c’est vrai pour l’ensemble.

C’est pourquoi c’est un des critères qui nous permet de diagnostiquer si on a affaire à un vrai Talmid ‘Hakham. Celui qui accepte la vérité de certains passages mais pas d’autres, c’est la preuve qu’il ne sait pas réfléchir parce que la Bible c’est un ensemble. Si elle est vraie sur un point, il n’y a aucune raison qu’elle ne le soit pas sur un autre point. Tout cela est assez parrallèle.

Il y a une capacité à pouvoir savoir de quoi on parle lorsque l’on parle d’un ensemble.

Je reviens au verset à propos duquel ceci est enseigné :

Effectivement, on peut en isolant un élément d’un ensemble le critiquer et la critique est juste. Où est la médisance ? C’est dans l’intention de dire le mal de.

Et vous voyez que Bilaam était incapable de dire le mal d’Israël dans son ensemble. Mais il serait capable de dire de telle ou telle tendance ce qui ne va pas.

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