La Fête de la Musique : Une fête de gauche

Manitou l'Hébreu

A une période où les mauvaises nouvelles s’accumulent, Israël pleure ses morts trop nombreux pour un si petit pays, les divisions réapparaissent et clivent le peuple. L’Iran, et son régime obscurantiste paraissent insubmersibles, au cœur du Moyen Orient, Trump avec son cortège d’hésitations, de tergiversations et d’incertitudes finit par nuire à l’image d’Israël.

En cette période délicate, il est préférable de laisser temporairement passer le temps sur l’actualité au Proche Orient et se centrer sur la France, pour tirer enseignements d’un des passages les plus connus de la Paracha de Houkat. Ccelui où Moise tape au lieu de parler au rocher, et qui  donne lieu à de très nombreux commentaires.

L’un d’entre eux nous indique que la faute du rocher n’était pas, en elle-même, suffisamment grave pour justifier la sanction aussi lourde infligée à Moise ; elle révélait ou faisait ressortir des manquements antérieurs accumulés qui ont fini par irriter. Puis la colère s’est révélée au moment de cette faute presque anodine de Moise.

En posant un regard sur la situation en France et sur les agissements d’une partie de la gauche, notamment de la LFI, on peut se dire raisonnablement que ce concert organisé pour la Fête de la Musique ne justifie probablement un article sur notre site. Mais l’accumulation des actions et des propos nauséabonds tenus depuis de nombreuses années par LFI et ses dirigeants, nous conduisent à faire de cette manifestation l’objet d’une chronique un peu engagée.

Pour ce dimanche 21 Juin, jour de l’été, jour de la Fête de la Musique en France, le parti LFI a donc décidé d’organiser un concert géant, et gratuit place de la République.

Cette volonté de privatiser une place publique emblématique, de monopoliser la fête, de préempter ce jour de partage pour lui donner les accents d’un meeting politique aux couleurs soi-disant bigarrées, bariolées et arc-en-ciel, porte en réalité en elle la stigmatisation de l’autre, de celui qui pense autrement.

Cette manifestation fut d’abord interdite par la Préfecture de police de Paris. Mais la saisie en urgence du Tribunal administratif de Paris par une procédure de référé-liberté de LFI, dénonçant une atteinte à la liberté de réunion, a conduit le Tribunal administratif de Paris, via son juge des référés, à suspendre l’arrêté d’interdiction.

Au-delà de l’aspect juridique, ce détournement politique d’un bien commun, d’une place commune et publique, dans la perspective de l’élection présidentielle sous des airs bonhommes, pacifiques, universalistes, avec la bénédiction d’une grande partie de l’électorat de gauche qui voit ici une formidable occasion de célébrer l’entrée dans l’été, dans l’union de l’engagement et de la ferveur populaire, est en réalité une provocation supplémentaire imposée à ceux qui ne partage pas les mêmes idées.

Elles sont pourtant universelles vous diront les organisateurs. Qui pourrait ne pas les partager ?

Evidemment cet exemple au cœur de l’actualité n’est qu’un exemple parmi tant d’autres qui nous éclaire sur la façon de procéder d’une partie de la gauche et de ses électeurs, qui souhaitent préempter le débat public et nous jouer l’éternel confrontation avec les ennemis de la nation que représentent les idées de l’extrême droite, même lorsqu’il ne s’agit pas de l’extrême droite, même lorsque les idées ne sont pas extrêmes.

Ils n’ont désormais qu’un mot à la bouche, pour toutes les situations et tous les maux de la terre, surtout pour ceux qui ne pensent pas comme eux : c’est celui de nazisme.

Les références au nazisme se sont invitées dans le vocabulaire de l’idéologie d’une partie de la gauche et les comparaisons avec l’ancêtre allemand, se multiplient dans les échanges et les débats publics.

Quand on convoque le nazisme en face de soi, quand on se fait résistant contre ce que l’on nomme l’immonde, quand on se présente comme la vertu face à l’abject, la bien pensance face à l’horreur, il faut faire bien attention à ce qu’on fait, car à mal nommer les choses, à se tromper sur le diagnostic, on s’aventure sur un terrain compliqué.

Se souvient-on encore exactement de qui on convoque quand on parle de nazisme ?

La shoah, l’irruption et le déversement sans précaution ni égard pour celui qui est autre, d’un peuple sur le monde, la perspective de l’homme modèle, surpuissant, éternel, qui impose ses visions du monde au reste  de l’humanité pour les uns, la honte, l’humiliation, l’horreur, la déshumanisation, l’extermination méthodique, les chambres à gaz et plus de six millions de morts pour les autres.

C’est de cela dont on parle quand on parle du nazisme.

Convoquer le nazisme pour désigner son adversaire aujourd’hui, c’est transformer l’histoire, c’est la réviser, la revisiter pour faire d’elle un outil, un argument, une arme contre ceux qui ne pensent pas comme vous.

Au nom du « plus jamais ça », on se donne le droit du pire pour éviter l’horreur. Alors l’esprit de gauche, sauveur de la France libre nous apprend, nous recommande, nous ordonne surtout à ne pas penser différemment de lui.

C’est une injonction au refus de la différence.

Une certaine gauche a cette aspiration : aménager l’histoire pour qu’elle lui serve, pour qu’elle lui soit utile, favorable, pour que l’histoire aussi vote pour elle. On entend déjà le discours de haine de la gauche du fin fond de sa défaite annoncée : tout ce qui n’est pas nous, est nazisme, et tant que nous ne sommes pas au pouvoir nous serons gouvernés par des personnalités au service d’une idéologie dangereuse.

La manifestation place de la République ce dimanche 21 juin de la Fête de la Musique est déjà en train de nous préparer à cela.

Au moment de la sortie d’Egypte et de la plaie de la mort des premiers nés, le récit indique que les premiers nés des servantes moururent également, et Rachi s’interroge : « pourquoi les enfants des servantes ont-ils eux aussi été frappés ? » Puis Rachi lui-même apporte la réponse : « car eux aussi traitaient les hébreux d’esclaves et se réjouissaient de leur misère ». Rachi rajoute comme pour nous confirmer qu’une partie de la gauche, de tout temps s’est réjoui des misères des hébreux, puis des juifs : « cette attitude infligeait un démenti cinglant aux juifs qui croient pouvoir trouver à l’heure de la détresse une sympathie chez la classe prolétaire », et chez ceux qui prétendent la défendre.

La gauche et ses électeurs sont capables du pire, dans la mesure où il s’agit d’un pire de gauche.

Par Olivier Cohen

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