Manitou, 30 ans déjà…
Hommage au Rav Léon Askénazi – Manitou, au Centre Bégin, à Jérusalem C’est avec une vive émotion que le Centre Begin s’est rempli ce Mardi 20 octobre 2026. Des centaines de personnes se sont réunies afin de découvrir, d’étudier, de comprendre, d’approfondir la pensée de ce grand Maitre, et lui rendre hommage 30 ans après sa disparition. Les années n’ont pas terni l’enseignement de Manitou, bien au contraire, les thèmes qui jalonnent son enseignement, tels que les engendrements, l’identité, la fraternité… sont de plus en plus d’actualité, et ont attiré et enthousiasmé un public extrêmement varié : francophones, israéliens, religieux et laïques, hommes et femmes de tous les âges qui sont arrivés afin de se ressourcer et de s’enrichir à l’ombre des messages de Manitou. Cet évènement fut coordonné par un comité d’anciens et de nouveaux élèves, représentant les différentes Associations qui ont pris part à cette organisation : Manitou l’Hébreu, La Midreshet Yéhouda, Le Fsju, Lilmod, Shofar, la Fondation Manitou, Rouah Aguedola (le grand esprit). Les participants se sont réuni en fin d’après-midi afin d’assister à des cours et conférences qui furent dispensés par d’éminents Rabbins, Historiens, Penseurs, et cela parallèlement dans les 2 langues, hébreu et français, traitant de thèmes qui abordaient aussi bien la Tradition d’Israël que la culture moderne. Il fut évident que cette 30ème Azkara de Manitou, qui eut lieu 3 ans après le 7 octobre, se devait de traiter de sujets actuels, exactement tel que l’aurait fait Manitou. De toutes ces études et conférences, personne n’est sorti avec des évidences, mais avec de nouvelles questions et surtout matière à réflexion, permettant à chacun de redécouvrir l’Hébreu qui se cache en lui, à travers les choix, les engagements et les répercussions. A la lumière de l’enseignement de Manitou, les interventions ont traité de l’actualité de la Torah, du développement d’une éducation identitaire en temps de crise, de réflexions sur la Parasha Lekh Lekha, d’identité et d’unité, de la centralité de la Cabbale, de la spécificité du Judaïsme Sépharade d’Afrique du Nord, du rôle central de l’école de pensée juive de Paris, de la position du judaïsme face à l’enrôlement à l’armée… puis ont été présentées également les nouvelles recherches académiques sur la pensée de Manitou. Après une petite pause conviviale autour d’un buffet et de vente de livres sur la pensée de Manitou, tous les participants se sont réunis dans l’auditorium où la soirée d’hommage à Manitou fut présentée par la Dr Ruth Sfez, ancienne élève de Manitou. La soirée fut accompagnée d’intermèdes musicaux interprétés par le Rav Sephy Geldzahler qui a invité le public à se joindre virtuellement à Manitou dans les rues de Jérusalem. La fille de Manitou, Ariella Pivko a témoigné, avec une grande émotion, de l’homme qu’était son Père et cela à travers son approche de la Torah, son engagement, son courage, son esprit de tolérance et la modernité de son approche. Un premier panel a réuni Itay Collin, directeur de la Fondation Manitou, ainsi que les gendres de Manitou afin de présenter un bilan de 30 ans d’activités. Manitou, grand partisan de la loi orale, a très peu écrit mais a accepté que ses interventions soient enregistrées. Plus de 4000 cassettes audio ont été traitées et sont actuellement à la portée du public désirant étudier sa pensée. Parallèlement, ces enregistrements ont également été mis par écrit et donné naissance à beaucoup de livres, qui ont trouvé leurs places dans les bibliothèques personnelles, religieuses et universitaires. Un second panel auquel ont participé le Rav Oury Cherki, le Prof. Hanokh Ben Pazi de l’Université Bar Ilan, ainsi que le Rav Dan Beery, pédagogue et éducateur, fut animé par le journaliste Matan Hassidim et a abordé le sujet de l’accomplissement : Comment passer de la théorie à la pratique et appliquer la notion de fraternité dans la société israélienne qui est tellement divisée et fracturée ? Et cela à une semaine des élections en Israël… Ce panel fut suivi d’un film de la 3ème promotion de Mayanot, qui à l’occasion de ses 50 ans, a désiré mettre en valeur l’enseignement de Manitou ainsi que ses répercussions dans leur évolution personnelle et communautaire. Ce film réalisé par Michael Grynszpan, a été intitulé : « étudier afin d’agir ». Pendant cette soirée, l’esprit de Manitou semblait planer dans les allées du Centre Bégin, et cela pour le plus grand bonheur des participants. Ils y ont rencontré Manitou le Rav, le Penseur, le Pédagogue, l’Eclaireur puis également, Manitou le Poète… Cette rencontre se fit par l’intermédiaire d’un poème inédit que Manitou a intitulé : « L’ombre de l’ange ». Ce poème, écrit en 1946, juste après la Shoah, n’est pas sans nous rappeler les paroles de Manitou pendant les accords d’Oslo en 1996 : « ce que veut le gouvernement actuellement est plus grave que les causes de la Shoah ! Il prépare de ses propres mains une nouvelle Shoah avec les Arabes ! » Après le massacre du 7 Octobre, cette exclamation de Manitou prend toute son ampleur. Malgré les jours agités que nous traversons, Manitou, toujours d’actualité, nous envoie un clin d’œil optimiste à travers ce message rassurant qui conclut ce poème : J’ai cru le monde obscur et ce n’était que l’ombre d’un ange qui passait.
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