5 juillet 2026

Séisme au Venezuela: la présidente remercie l’équipe de Tsahal

Ce sont des remerciements qui marquent un tournant dans les relations entre le Vénézuela et Israël. Alors que les deux pays n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 2009, la présidente par intérim Delcy Rodriguez, a chaleureusement remercié l’équipe israélienne venue porter secours à la population après le double séisme qui a frappé son pays. S’exprimant publiquement, la présidente vénézuélienne a déclaré : « Je souhaite informer qu’hier, nous avons accueilli un groupe professionnel et hautement qualifié venu d’Israël, arrivé grâce à un contact établi par l’intermédiaire de la communauté juive du Venezuela. Je tiens à remercier le rabbin Cohen pour toutes les coordinations qui nous ont permis d’établir ce contact avec le gouvernement israélien et de faire venir ici, en ce moment même, une équipe d’experts qui a commencé à mettre en œuvre le protocole d’ouverture du processus de réhabilitation des infrastructures, ainsi que l’évaluation de l’état de ces infrastructures. Et surtout, il s’agit d’une équipe d’experts capable de déterminer s’il y a des personnes vivantes à un endroit donné, ou bien des corps à extraire, avant même de pouvoir entamer tout autre processus de réhabilitation des infrastructures. Je les remercie pour cela. Ils ont déjà tenu des réunions avec les autorités du Venezuela. C’est une équipe d’un très haut niveau de formation et de professionnalisme, et j’espère que nous pourrons continuer à progresser à ce stade. » Ces propos interviennent après le séisme double qui a frappé le Venezuela dans la nuit du 24 au 25 juin 2026, deux secousses de magnitude 7,2 et 7,5 survenues à l’ouest de la capitale Caracas, provoquant l’effondrement de centaines de bâtiments, en particulier dans l’État côtier de La Guaira, la zone la plus durement touchée. Le bilan humain s’est alourdi de jour en jour : d’abord évalué à environ 164 morts au lendemain de la catastrophe, il est ensuite passé à plusieurs centaines, puis a atteint environ 1 450 décès selon le dernier bilan communiqué par les autorités vénézuéliennes, avec des dizaines de milliers de disparus encore recherchés sous les décombres. Plus de 770 bâtiments se sont effondrés partiellement ou totalement, dont un hôtel de dix étages réduit en ruines. Selon le récit du diplomate israélien Yoed Magen, ambassadeur désigné d’Israël au Mexique et responsable du dossier vénézuélien au ministère des Affaires étrangères, c’est un appel téléphonique initial entre lui-même et le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil, qui a permis d’ouvrir la voie à l’envoi d’une délégation israélienne, un échange de haut niveau entre responsables des deux pays sans précédent depuis la rupture des relations diplomatiques en 2009, consécutive à l’opération « Plomb durci » à Gaza. Magen, qui a grandi au Venezuela et est considéré comme l’un des principaux spécialistes israéliens de la région, a expliqué que le Venezuela avait sollicité une aide centrée sur l’évaluation de la solidité des bâtiments endommagés, afin de déterminer lesquels pouvaient être à nouveau habités et lesquels devaient être démolis. Le noyau initial de la délégation israélienne, constitué de 28 personnes dont huit ingénieurs du Commandement du front intérieur (Pikoud HaOref) ainsi que des représentants du ministère des Affaires étrangères est arrivé au Venezuela sous la direction du général de brigade Elad Edri, accompagné de Yoed Magen. D’autres experts du Commandement du front intérieur et de l’Autorité nationale des urgences doivent les rejoindre par la suite. En parallèle, une délégation distincte de volontaires israéliens de l’organisation humanitaire ZAKA, dirigée par le commandant de la division Amérique du Sud de l’organisation, Yossef Garmon, s’est également rendue sur place, avec pour mission d’assister la communauté juive locale sinistrée ainsi que la population vénézuélienne dans son ensemble. Les remerciements publics et inhabituellement chaleureux de la présidente Rodríguez envers l’équipe israélienne dans un pays où le discours officiel a longtemps été marqué par une rhétorique hostile à Israël, notamment sous la présidence d’Hugo Chávez puis de Nicolás Maduro, constituent ainsi un signal politique notable, observé de près par les diplomates des deux pays comme un possible indice d’évolution des relations bilatérales. Par Guitel Benishay pour IsraJ

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Paracha Matot : Le renoncement à l’idéal imaginaire

Pourquoi la guerre contre Midian est-elle si importante ? Pourquoi la Torah fait-elle de cette guerre la dernière mission de Moïse ? Au Chapitre 31 verset 2 du livre de Bamidbar on lit : « venge la vengeance des fils d’Israël de chez les Madianites après quoi tu seras réuni à ton peuple. » Le texte établit un lien explicite entre cette guerre et la mort de Moïse. Dès qu’elle sera accomplie, il sera « réuni à son peuple ». Les Sages remarquent d’ailleurs que si Moïse avait voulu retarder cette guerre, il aurait pu retarder sa propre mort. Pourtant, fidèle à sa vocation, il ne cherche pas à différer l’échéance. Il accomplit cette dernière mission avec la même fidélité qui l’a guidé pendant toute sa vie.. Mais de quelle vengeance s’agit-il ? Les Midianites n’ont jamais représenté une véritable menace militaire pour Israël. Leur arme est d’une autre nature : la corruption morale. Après l’échec des malédictions de Bilam, celui-ci conseille à Balak de faire chuter Israël par la débauche. L’épisode de Zimri et de Cozbi en est l’aboutissement. Bilam lui-même sera tué au cours de cette campagne. Les commentateurs soulignent également que Moïse doit distinguer le Midian de Yitro, qui reconnaît le Dieu d’Israël, du Midian des princes qui cherchent à détourner Israël de sa vocation. Toutes ces lectures sont justes.  Mais Manitou ouvre ici une perspective beaucoup plus profonde, qui peut également nous apporter des enseignements importants pour notre époque contemporaine : Toute la vie de Moïse est, en quelque sorte, encadrée par Midian. Né en Égypte, il s’enfuit à Midian à l’âge de quarante ans selon la majorité des commentateurs. Il y demeure quarante années. Il y épouse Tsippora, y fonde une famille, y rencontre Yitro. Puis il retourne en Égypte pour libérer le peuple d’Israël. Enfin, au terme de son existence, il revient une dernière fois vers Midian, cette fois pour lui faire la guerre. Autrement dit, la vie de Moïse commence politiquement en Égypte, mais elle commence spirituellement à Midian. Cette remarque de Manitou mérite que l’on s’y arrête. Au chapitre 2 de l’Exode, le texte rapporte: «Moïse grandit et sortit vers ses frères… » Manitou pose alors une question surprenante : qui sont ces « frères » ? Les Hébreux ou les Égyptiens ? Le verset ne le précise pas. Moïse voit ensuite un Égyptien frapper un Hébreu. Il tue l’Égyptien et pense que les Hébreux comprendront son geste. Mais le lendemain, lorsqu’il tente de réconcilier deux Hébreux qui se querellent, ils lui répondent : « Qui t’a établi chef et juge sur nous ? » Moïse découvre alors un peuple qui semble incapable d’assumer sa vocation. Le peuple appelé à porter dans l’histoire le message du frappé contre le frappant se frappe désormais lui-même. On a le sentiment, à la lecture du récit, que Moïse ne mesure pas encore jusqu’où l’esclavage peut défigurer un peuple. Il est profondément déçu par la réaction des Hébreux. C’est alors qu’il s’enfuit vers Midian. Il va alors trouver une alternative, un « peuple de remplacement » à Midian. D’ailleurs la scène du puits où il rencontre Tsippora, sa future épouse, nous fait étrangement penser à la scène du puits au cours de laquelle Jacob rencontre sa future épouse Rachel. Moïse a tiré enseignements de l’histoire de Jacob pour reconstituer un peuple. Et Midian devient une véritable alternative, ce n’est pas seulement un refuge. Moise y trouve tout ce qui lui manque, une femme, un beau-père, une famille, un métier. Et, point fondamental, Yitro, son beau-père, reconnaît Dieu. Moïse découvre qu’il existe des hommes justes en dehors d’Israël. Et Dieu lui dit « retourne en Egypte libérer le peuple d’Israël ». Autrement dit, ce n’est pas Midian qui portera l’alliance, c’est Israël, même imparfait, même récalcitrant, même rebelle. Moïse doit renoncer intérieurement à l’idée que Midian aurait pu devenir le peuple de Dieu, et Yitro est le symbole de cette possibilité. On peut imaginer le raisonnement intérieur de Moïse : Israël refuse son statut,  les hébreux se battent entre eux, ils me dénoncent lorsque je les sauve de la main des Egyptiens alors qu’à Midian je trouve un prophète, une famille, une épouse, pourquoi ne pas poursuivre avec Midian ?  Et Dieu lui répond : Ton peuple c’est Israël, ce sont les enfants d’Abraham, Isaac et Jacob Alors cette guerre prend d’un seul coup un autre sens, ce n’est plus seulement une guerre de punition, c’est la fermeture définitive d’une possibilité historique, c’est le renoncement à l’éventualité d’un Midian, substitut potentiel du peuple des hébreux. Et brusquement le verset prend une profondeur différente. Pourquoi Moïse doit faire la guerre à Midian et ensuite seulement, il mourra ? « Venge la vengeance des fils d’Israël de chez les Madianites et après quoi tu seras réuni à ton peuple ». Ce n’est plus seulement un point de vue chronologique sur la question, on comprend que tant que Midian reste une possibilité intérieure pour Moïse son œuvre n’est pas achevée. Moïse doit se débarrasser de l’alternative Midian, c’est en définitive sa dernière mission : renoncer à l’option d’un autre Israël, en dehors d’Israël. Nous portons tous un idéal d’Israël, mais cet idéal peut finir par se substituer à l’Israël réel. Il existe une tentation permanente, à l’échelle individuelle et à l’échelle collective, de construire un Israël idéal en dehors de la réalité historique. Il ne faut pas confondre l’idéal d’Israël avec un substitut d’Israël. Lorsque la réalité d’Israël nous déçoit, nous sommes tentés de fabriquer un Israël imaginaire, plus pur, plus moral, plus universel, plus conforme à nos aspirations, à nos rêves et c’est précisément cet Israël, idéalisé, qui ne correspondant pas à la réalité, qui devient notre Midian. C’est alors qu’il faut le détruire, intérieurement. Midian ne correspond pas au mal, il correspond en réalité  à la meilleure alternative possible, c’est ce qui rend cette dernière épreuve si difficile à réaliser. Si Midian était simplement idolâtre, la séparation serait facile, mais  ce qui est demandé ici à Moïse, c’est de renoncer à son idéal. Midian est peut-être, pour Moïse, la tentation de remplacer Israël par

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