4 mai 2026

La revanche de l’Histoire : un descendant d’Alfred Dreyfus promu lieutenant-colonel de Tsahal

Sept juges militaires de réserve en Judée-Samarie ont été élevés au grade de lieutenant-colonel lors d’une cérémonie organisée sous la direction de la présidente de la Cour militaire d’appel, la générale Orly Markman. Parmi eux, le juge de réserve Uriel Dreyfus, descendant d’Alfred Dreyfus, figure emblématique de l’histoire de l’antisémitisme en France. Alfred Dreyfus, officier juif de l’armée française, avait été condamné à tort pour espionnage à la fin du XIXe siècle. Dégradé publiquement et envoyé au bagne, il était devenu le symbole d’une injustice majeure fondée sur l’antisémitisme. Lors de la cérémonie, Uriel Dreyfus a évoqué le poids de cet héritage : « Je me tiens ici aujourd’hui avec, sur mes épaules, le poids de deux histoires qui se rencontrent en un seul instant, il y a plus de 130 ans, sur une place à Paris, lors d’une cérémonie humiliante, les galons du capitaine Alfred Dreyfus ont été arrachés de son uniforme et son épée brisée. Il a été accusé de trahison qu’il n’avait pas commise, uniquement parce qu’il était juif ». Il a expliqué que depuis qu’il avait incorporé l’armée, il avait porté cette mémoire avec lui : « Chaque grade que je reçois est une forme de réparation historique. Aujourd’hui, je ressens que les galons arrachés dans la honte sont recousus avec fierté sur l’uniforme de Tsahal, au sein d’un État juif souverain ». Uriel a, également, fait un parallèle avec la situation actuelle : « Alfred Dreyfus se tenait seul face à un système de mensonges. Aujourd’hui, Israël fait face à plusieurs fronts, confronté aux missiles, au terrorisme et aux campagnes de désinformation ». Il a également souligné le rôle essentiel de la justice militaire : « Notre mission est souvent invisible pour le public, mais elle constitue la colonne vertébrale de la démocratie israélienne. Nous défendons un espace où les mots sont plus forts que les balles et où la vérité est l’autorité suprême » avant de conclure sur un message de résilience : « Nous survivrons et nous l’emporterons, car nous n’avons pas d’autre pays ni d’autre armée ». Nathalie Sosna-Ofir pour IsraJ

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Décès d’Armand Abécassis : une grande voix du judaïsme s’éteint

Né en 1933 au Maroc, il s’était imposé comme l’un des grands passeurs de la pensée juive contemporaine. Philosophe de formation, enseignant et auteur prolifique, il avait consacré sa vie à l’étude et à la transmission des textes fondamentaux en les inscrivant dans une réflexion vivante, accessible et profondément ancrée dans les enjeux du monde moderne. Sa parole, exigeante mais toujours claire, avait su toucher un large public bien au-delà des cercles académiques. Il défendait un judaïsme de responsabilité, tourné vers l’éthique et la transformation du monde. « Le judaïsme est une morale de la responsabilité », expliquait-il régulièrement dans ses enseignements. Pour lui, l’étude n’était jamais une fin en soi, mais un engagement : « Étudier, c’est apprendre à répondre de l’autre », affirmait-il, résumant en une formule la dimension profondément éthique de la tradition juive. « Il était l’un des grands maîtres de la pensée et de la culture juives, un sage et un immense érudit de sa génération. Ses cours, ses conférences et ses ouvrages resteront à jamais une référence essentielle », témoigne un proche, évoquant également « un souvenir profond et bouleversant » de ses années de jeunesse à Strasbourg. Figure respectée et écoutée, Armand Abécassis incarnait une pensée à la fois fidèle à la tradition et résolument engagée dans le dialogue avec la société contemporaine. Sa disparition marque la perte d’une grande lumière intellectuelle et spirituelle. Baroukh Dayan HaEmet.

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