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17 Juillet 2018

DEVARIM : L'ORIGINALITÉ PARTICULIÈRE DU CINQUIÈME LIVRE DE LA TORAH

INTERVENANT(S) : MICHEL AMRAM

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Ce Shabat s'appelle Shabat 'Hazon, au sens littéral : « Shabat de la vision », en référence au premier mot du premier chapitre du prophète Yésha'yahou, lu à la Haftara en complément à la parasha de la semaine, Devarim. Cette année, le calendrier hébraïque fait que dès la fin du Shabat 9 Av, juste après la Havdala, débute le jeûne du 9 Av, Tishé'a béav, qui est repoussé au lendemain, le 10 Av, jusqu'à ce que la Rabanout Harashit d'Israël se décide d'annuler cette anomalie, purement et simplement, avec tout ce que cela implique pratiquement et spirituellement.

 

 

Devarim :

L'originalité particulière

du cinquième Livre de la Torah

Shabat 'Hazon

Ce Shabat s'appelle Shabat 'Hazon, au sens littéral : « Shabat de la vision », en référence au premier mot du premier chapitre du prophète Yésha'yahou, lu à la Haftara en complément à la parasha de la semaine, Devarim. Cette année, le calendrier hébraïque fait que dès la fin du Shabat 9 Av, juste après la Havdala, débute le jeûne du 9 Av, Tishé'a béav, qui est repoussé au lendemain, le 10 Av, jusqu'à ce que la Rabanout Harashit d'Israël se décide d'annuler cette anomalie, purement et simplement, avec tout ce que cela implique pratiquement et spirituellement.

Le Talmud de Yéroushalayim Yoma I, 1 considère : « Chaque génération qui n'a pas reconstruit en son temps le Beth Hamiqdash, le Temple à Yéroushalayim, c'est comme s'il avait été détruit de son temps ». Cela veut-il dire que tant que notre génération n'a pas reconstruit le Temple, nous sommes encore entachés par les fautes morales qui ont abouti à sa destruction ? Le célèbre historien Flavius Joseph décrit l'état d'esprit du peuple lors de la destruction du Temple : « Pendant la journée, nous luttions contre les Romains et pendant la nuit, nous luttions les uns contre les autres ». Le peuple s'est moralement suicidé et les Romains n'ont eu aucun mal à le débouter. Les Juifs s'entredéchiraient et se sont stigmatisés, ils se sont punis eux-mêmes.

De nos jours, d'incompressibles divergences d'opinion divisent notre société mais pas au point d'enclencher la guerre civile ni de conclure à une séparation irrémédiable d'une partie de notre peuple par rapport à l'actuel fait national juif, inventant une nouvelle religion avec la Torah sans la Terre d'Israël, ou un nationalisme sans comprendre la signification des mitsvot, ou un humanisme libéral en réfutant la pertinence des mitsvot et en déclarant vaine la nécessité de s'établir sur toute l'étendue de la Terre de nos ancêtres.

Le Rav Kook affirme que personne ne détient la vérité absolue, aucune collectivité à l'intérieur du peuple ne doit annuler l'opinion spécifique d'une autre collectivité ; et il en va de même pour les individus. La haine gratuite qui vise à nous diviser, à souligner les lacunes d'autrui sans remédier aux siennes propres, existe encore à notre grand regret. Il nous faut accepter tout courant et toute tendance dans notre nation. Nous devons identifier tout ce qu'il y a de positif dans chaque mouvement de la nation et non s'attacher à condamner ce qui nous semble en contradiction au projet commun : l'unité du peuple juif. Chacun a le devoir de constater ses défauts, et de les corriger. Il faut permettre les échanges entre les différents milieux afin de préserver l'essentiel : un pour tous et tous pour Un.

Néanmoins, le Rav Kook dénonce l'absence actuelle de perfectionnement dans les facultés humaines, dont l'imagination, le sentiment et l'intellect, afin de réintégrer la faculté prophétique dans l'ensemble des facultés humaines qui concourent à l'élaboration de notre connaissance. Sans cette perfection complète des sens tactiles, émotionnels, imaginatifs et intellectuels, l'esprit de sainteté ne peut aboutir à sa finalité normale et au couronnement naturel de la pratique et de l'étude de la Torah au sein de notre peuple : l'inspiration par l'esprit de sainteté, indispensable à la reconstruction de l'âme du peuple, et permettra aussi celle du Temple, Orot HaQodesh III, p. 355 : « En vérité, l'absence d'inspiration par le roua'h haQodesh, l'esprit de sainteté, est, pour le peuple d'Israël, non pas seulement le manque d'une complète perfection, mais c'est une infirmité et une maladie. Et sur la Terre d'Israël, c'est un handicap d'autant plus douloureux qui doit nécessairement guérir, Shemot XV, 26 : “Car Moi, le Seigneur, Je te guérirai” ». Il ne faut pas attendre qu'en dernier recours le Seigneur guérisse, il faut s'y atteler dès à présent, et avec l'aide du Seigneur, remédier à la maladie.

L'inspiration prophétique par l'esprit de sainteté concerne le devoir de moralité de la nation hébraïque tout entière et, par son truchement, celui du genre humain.

Devarim I, 1 : « Voici les paroles »

Paradoxalement, c'est dans la Torah dictée par Dieu à Moshé que Moshé parle lui-même, de sa propre initiative, sous l'inspiration divine qui lui est propre. Or, Moshé est à ce niveau d'excellence où toute implication personnelle est gommée. Moshé est une personnalité collective dénuée de toutes considérations personnelles qui parle et divulgue la vérité vraie sans masque et sans déformation.

À l'entrée en Israël, lorsque toute la génération du désert a disparu, la nouvelle génération doit entendre quelle est son origine, pourquoi elle en est arrivée là et quelle est sa fonction dans l'histoire. Dans un long monologue qui s'étend tout au cours du Deutéronome, le deuxième dire ou Mishné Torah, la répétition de la Loi, prononcé à la veille de l'entrée du peuple hébreu en Érets Israël, Moshé transmet ses ultimes recommandations.

Moshé exhorte le peuple d'Israël à la première personne du singulier, en lui rappelant le récit de ses pérégrinations au désert et le périple des Enfants d'Israël depuis la sortie d'Égypte, mais aussi leur enseigne la Loi, ses principes et ses détails. Le Ramban, dans son introduction au Livre Devarim, insiste sur le fait que depuis le début à la fin, il s'agit bien de la parole du Seigneur incrustée dans l'oreille de Moshé, notre maître, qui la révèle pour l'entrée en Terre d'Israël, - c'est la Torah d'Érets Israël, Talmud Bérakhot 63b : « Shemot XXXIII, 11 : “Or, le Seigneur parlait avec Moshé face à face, comme un homme s'entretient avec son ami.” Rabi Yits'haq dit : Le Saint, Béni est-Il, lui dit : “Moi et toi expliquerons la Halakha de différentes manières (jusqu'à ce que le sens soit clair)” ». Le Seigneur et Moshé enseigneront la Loi selon différents points de vue, de façon à ce que tout soit authentiquement bien compris par tous.

Au-delà de l'importante indication de l'universalité de la Torah indiquée par le Talmud, il faut souligner que Moshé seul, et ses fidèles adeptes après lui, peuvent expliquer la Torah à chacun et à chaque nation selon le point de vue qui lui convient.

9 Av, le refus de la Torah

Moshé récapitule l'histoire du peuple de l'Alliance et l'énoncé de la Loi. Mais il est stupéfiant de noter que le premier principe de Halakha rappelé par Moshé, en dehors du récit des évènements, est celui de l'intégrité des Juges. L'importance donnée par Moshé à cette exhortation pour l'application de la justice est donc fondamentale, Devarim I, 16-18 : « Ki hamishpat l'Élohim hou כי המשפט לאלהים הוא, car le jugement appartient à Dieu ». C'est dire que Dieu juge l'histoire mais surtout que l'institution de la Justice selon Ses préceptes est primordiale, et dans la société c'est la médiation privilégiée des rapports entre Dieu et l'homme.

Comme un thermostat, c'est l'état de la justice qui mesure et conditionne le degré de dévoilement de Dieu au monde, sa proximité ou son éloignement. Sans aucune compromission, fustigeant les fautes de sa génération en mettant particulièrement en évidence la responsabilité des chefs politiques et religieux, le prophète Yésha'yahou I, 23 réprimande durement : « Tes princes (tes ministres, en hébreu moderne) sont dissolus, se font complices de voleurs ; tous aiment les dons corrupteurs et courent après les gains illicites ; à l'orphelin, ils ne font pas justice et le procès de la veuve n'arrive pas devant eux ».

À ce propos, c'est à juste titre que le Rav Éliyahou Zini, guide spirituel et fondateur de la Yéshiva Or Vishou'ah à 'Haïfa, dans un communiqué intitulé « Honte à la conduite des chefs : Manque de droiture élémentaire et cruauté gantée de soie », dénonce avec véhémence deux faits incompatibles à la morale juive la plus basique :

  1. a) Quand le Chef d'État-Major de Tsahal oppose sa conscience privée personnelle au détriment des instructions du Cabinet Sécuritaire au sujet des évènements qui se passent à Gaza et des catastrophes provoquées par les terroristes aux habitants du Sud du pays. Il enraille les décisions justes du Cabinet d'être appliquées pour le bien du plus grand nombre parmi nous les Israélites, au nom d'une morale personnelle qui frise la niaiserie et la naïveté, sinon la morale chrétienne.

Nous avons vu par le passé comment, avec violence, ont été traités les soldats qui ont refusé de prendre part au retrait de la "ceinture de Gaza" sur ordre de leurs maîtres de conscience, ainsi que les rabbins qui l'ont condamné, pour une utopique paix maintenant avec l'ennemi juré. Mais l'actuel Chef d'État-Major est au-dessus de ces crises et prône sa morale personnelle au fronton de la Cité, en dépit du bon sens et de la bonne foi. Le pire c'est que personne ne s'oppose à une telle dérive, - silence industriel.

  1. b) La victoire du Ministre de l'Agriculture qui a réussi à annuler l'importation de bêtes 'sur pied' pour abattage en Israël qui 'souffrent atrocement' des conditions précaires de transport. Ces 'pèlerins à quatre pattes' ont obtenu une attention et une considération réservées aux importantes personnalités alors que nos frères des villes du Sud doivent se terrer à chaque alerte, dorment dans des conditions les plus intolérables et vivent dans la terreur qu'une bombe tombe sur eux et leurs proches depuis des mois. Il semblerait que les bêtes ont des droits incompressibles, une sympathie et une préférence au-dessus de nos frères de sang, au nom d'une conscience morale saupoudrée de mentalité chrétienne !

Durant ces trois semaines de deuil, entre le 17 Tamouz et le 9 Av, nous apprenons, malgré l'immense prodige divin d'avoir accédé à notre propre État après une absence de deux millénaires, qu'il y a encore de nombreuses raisons pour lesquelles il faut prendre le deuil, et là il s'agit de l'imbécilité chronique qui s'est emparée de certains de nos chefs les plus importants et d'une partie de notre société, Dieu nous garde et nous préserve !

 
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