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DE PESSAH À SHAVOUOT : RÉSURRECTION DU CALENDRIER HÉBRAÏQUE

par Mme Bella Bel-Ange, le 04/05/22

Nous venons  à peine de fêter Pessah, la sortie d'Egypte avec la délivrance du joug du Pharaon, que nous entrons, sans transition, dans une période de commémoration, avec deux journées bien difficiles qui se suivent à une semaine d'intervalle.

La première, le Yom Hashoah, la Journée de l'Holocauste et la seconde, Yom Hazikaron, la journée du souvenir des soldats tombés au combat ainsi que des victimes d'attentats terroristes ...

Lors de cette journée  de Yom Hashoah, nous commémorons le génocide qui a entraîné la mort de six millions de Juifs, soit un tiers de toute la population juive de l'époque. Six millions d'innocents, victimes d’une folie meurtrière d’extermination, victimes, car coupables d’avoir été juives.

Ceux qui malheureusement, ne sont plus à nos côtés pour témoigner des atrocités qu’ils ont subies, ont confié la lourde tâche de transmission aux générations futures, afin de combattre, quelle que soit la forme sous laquelle ils apparaissent, l’antisémitisme haineux, ainsi que le mépris de la vie, le mépris de la liberté, et le mépris de la dignité humaine.

Cette triste journée nous fait prendre conscience du prix lourd que le peuple juif a payé, lorsqu'il était en exil, loin de sa terre, lorsque face au silence des Nations, il n'avait aucune défense, dénué de gouvernement, de service d'ordre,  ou d'armée prête à prendre sa défense et le protéger.

Cette même journée, nous rendons hommage également, avec beaucoup de gratitude et d'admiration à tous ceux qui ont fait preuve de courage pour sauver des vies juives.

Puis, encore imprégnés de ces souvenirs, ces témoignages, cette déception devant un monde complice qui a trop longtemps gardé le silence… nous faisons face, une semaine plus tard, à une autre journée bien triste. 

Il s'agit du Jour du souvenir d’Israël, appelé Yom Hazikaron en hébreu, jour officiel du souvenir  où le peuple d’Israël se souvient de ses vaillants soldats tombés au combat ainsi que des civils victimes d'actes terroristes, depuis notre retour sur notre terre. Chaque famille évoque la mémoire d'un père, un mari, un frère, un enfant, un ami, un voisin… cruel souvenir qui  nous rappelle le prix que nous payons, afin d'assurer la sécurité de notre pays d'Israël et de ses citoyens.

Tel que le jour du souvenir de l’Holocauste, cette journée est extrêmement solennelle. Les lieux de divertissement sont fermés, des drapeaux sont en berne et de nombreuses cérémonies ont lieu dans les centres communautaires, dans des jardins municipaux ou privés et près de monuments commémoratifs répartis dans tout  Israël. Deux sirènes de recueillement retentissent, l'une pendant la cérémonie du soir, et l'autre pendant la cérémonie du matin.

Le Jour du Souvenir précède et est étroitement lié à Yom Ha’atzmaut, qui sera le lendemain: le Jour de l’Indépendance de l’Etat d’Israël.  Nous nous recueillons d'abord devant les victimes qui nous ont assuré l’indépendance et la souveraineté de notre Etat sur sa terre dont nous jouissons aujourd’hui.

Dès la fin de la journée du souvenir, débutent les festivités de la journée de l'indépendance.

Dans un même moment s'effectue le passage du recueillement et de l'intense tristesse dus disparition de nos héros tombés au combat, à l'intense joie, fierté et émotion d'avoir un Etat souverain. Passage difficile, mais nécessaire.

La résurrection du peuple juif sur sa terre est galonnée de peines et de joies, accompagnée d'un devoir de mémoire indispensable: "Rappelles-toi ce que t'a fait Amalek" exhorte le texte biblique.

Effectivement, si jusqu'au 20ème siècle, c'est essentiellement au peuple juif et à sa religion que le monde en a voulu, en lui demandant, sous peine de mort, de renoncer à la Thora. Au 20ème siècle – siècle de l'émancipation, alors que beaucoup de Juifs ont renoncé de leur propre initiative  à leur religion – c'est au Juif et à sa race qu'Hitler s'attaquera, comme pour démontrer qu'effectivement le Juif n'est pas dissociable de sa religion.

De nos jours, l'antisémitisme est toujours présent mais a changé d'apparence. Il a changé de visage, mais non d'essence. Il accorde au Juif le droit d'être Juif et d'exercer sa religion mais lui nie le droit d'avoir un Etat, avec à l'appui, des prétextes d'ordres différents. Les nations ne veulent tout simplement pas d'un Etat qui prend ses racines dans l'Alliance, dans la Bible, dans les Prophéties... Un célèbre Président de la République française, exprima cela clairement en ces termes: "Soyez une Nation comme les autres".

Et pourtant les sources sont claires et nous pouvons constater que l'évènement majeur de ces cent dernières années, est le retour du peuple juif à son état naturel, sur sa terre, conformément à son essence propre et à sa foi.

Le Maharal de Prague définit la normalité d'un peuple comme étant la réunion de trois conditions: sa Terre, sa Liberté et son Union.

Dieu dit à Abraham: "Je ferai de toi une grande nation"(Genèse 12,2). D’où l'injonction: "Va… vers ton pays"

Pendant deux millénaires, la nation juive se trouvait dans la situation anormale d'un peuple privé de sa terre. Depuis ces cent dernières années, on assiste à un retour à la normale: les Juifs ont leur Etat et dirigent leur destin.

Ce n'est pas un hasard de contingences historiques, de bouleversements aveugles qui ont ramené le peuple juif vers sa terre. Les prophètes de la Thora ont promis que le peuple juif reviendrait sur sa terre et en prendrait possession (ex. Deutéronome 30). C'est ce qui s'effectue actuellement lentement et notre génération a le privilège d'en être le témoin et d'y prendre une part active.

Si pendant des siècles, la terre d'Israël offrait un spectacle de désolation et de désastre alors que l'exil prospérait plus ou moins bien. Aujourd'hui, la situation s'est renversée et la terre d'Israël refleurit.

Un retour après deux mille ans d'absence peut susciter des problèmes. Si on ne peut les résoudre par des moyens pacifiques, la guerre s'impose: une guerre d'indépendance puis une guerre de défense. Le nom même de l'armée d'Israël précise qu'il s'agit d'une armée de défense. 

Pendant deux mille ans, toutes sortes de murailles se dressaient pour empêcher le retour du peuple sur terre, et entraver toute tentative. Ces cent dernières années, les murailles se sont écroulées. Les ennemis, les peuples, les empires, les nations (Empire Ottoman, Empire Britannique) qui dominaient cette terre se sont effondrés.

Rabbi Abba précise qu'il n'est pas de meilleur signe de la fin de l'exil que celui qui est décrit dans le chapitre 36 du prophète Ezéchiel, qui annonce la fécondité retrouvée de la terre d'Israël (Guemara Sanhedrin 98a)

Si ces cent dernières années, l'attachement du peuple juif à sa terre ne s'est plus manifesté uniquement par des prières et des nostalgies, mais se réalise d'une manière pratique et concrète, c'est qu'il s'est produit également des changements intérieurs.

Grande est la tâche qui attend le peuple juif en Erets Israël: il s'agit de construire un Etat, de renforcer l'amour au sein du peuple juif, de restaurer l'agriculture, l'industrie, l'armée, la droiture,  la justice, la foi, la piété, et en couronnement de l'œuvre, le Temple.

Le rav Kook disait: " Alors que les souffrances subies en exil de nos jours sont des douleurs de l'agonie, celles que connait de nos jours la terre d'Israël correspondent aux douleurs de l'enfantement"  (Le souffle de vie" Jérusalem 5757 p. 34-38)

Les journées commémoratives de la Shoah et du Yom Hazikaron nous rappellent les douleurs de l'agonie et de l'enfantement.

Et c'est avec une émotion chaque jour renouvelée que nous fêtons la naissance de notre jeune pays et la réunification de Jérusalem.

"Après le calendrier hébraïque ou sont commémorés les évènements fondateurs de la nation d'Israël aux temps bibliques de la génération de la sortie d'Egypte, après le calendrier juif où sont marques les évènements clefs de la diaspora judéenne – comme Pourim – où du temps du deuxième royaume de Juda – comme Hanouka - , notre temps marque effectivement un troisième calendrier, que les historiens de l'avenir nommeront le calendrier israélien. Notre maitre, le Rav Tsvi Yehouda HaCohen Kook, zatzal, nous a transmis les principes fondamentaux de compréhensions de cette période du 'Omer, en relation avec la proclamation de l'Etat d'Israël contemporain." (Rav Léon Askénazi – Manitou: Ki Mitsion, p.262).

C'est l'occasion pour nous, de présenter nos vœux à notre jeune Etat:

Cher Israël,

A l'occasion de tes 74 ans, nous assistons avec émerveillement à tes premiers pas, nous te voyons progresser avec admiration, et te souhaitons avec amour et fierté, une grande réussite.

Mazal Tov!

 

 





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